François Gabart : « On rentre dans la course »

voile, mai, mer, portraits, navigation, action, sailing, equpage, crew, team

© Vincent Curutchet / DPPI

Le départ de The Bridge sera donné dimanche à 19h à Saint-Nazaire. Les quatre Ultims mettront le cap vers New York en même temps que le paquebot géant The Queen Mary 2. Après une semaine animée passée à Nantes, François Gabart et son équipe ont hâte d’en découdre sur un parcours compliqué, d’autant plus que la météo est incertaine. Peu à peu, le skipper et son équipage composé de Pascal Bidégorry, Antoine Gautier, Guillaume Combescure, Benoît Marie et Yann Riou rentrent dans leur bulle. Ils ont rejoint Saint-Nazaire jeudi en fin de journée et se concentrent désormais sur les derniers préparatifs du trimaran et la météo du départ.

Le chiffre : 345

Soit la longueur du Queen Mary 2 qui prendra le départ de The Bridge aux côtés des quatre trimarans Ultims. Un départ qui, selon François Gabart, relève du « défi technique » : « Si la météo le permet, le départ devrait être donné devant le port de Saint-Nazaire, très près de la côte. C’est loin d’être évident de mettre cinq bateaux aux dimensions exceptionnelles à cet endroit, j’espère que nous arriverons à faire de jolies images ! » François reste cependant focalisé sur la confrontation qui l’attend face à trois bateaux et équipages affûtés : « Je pense que ce sera serré, c’est difficile d’imaginer des écarts significatifs entre des bateaux aux performances assez similaires. Pas mal d’ingrédients sont réunis pour qu’on se retrouve au contact, ce serait génial parce que c’est ce qu’on aime. » Le plateau a en tout cas tout pour plaire : « Il est extraordinaire, souligne François Gabart, puisque pour la première fois, nous allons naviguer contre Idec Sport, qui a fait le tour du monde en 41 jours l’hiver dernier, nous retrouvons Sodebo, qui l’a fait en 49 jours en solitaire. Ce sont deux bateaux qui ont marqué l’histoire de la voile. Sans oublier Actual qui reste un trimaran performant. C’est excitant de naviguer contre ce qui se fait de mieux en course au large pour continuer à progresser et préparer le tour du monde en solitaire l’hiver prochain. »

La phrase : « On ne sait pas encore si on va aller au Groenland ou aux Canaries ! »

A deux jours du départ, difficile de savoir à quelle sauce météo vont être mangés le trimaran MACIF et ses concurrents sur The Bridge : « La situation est très incertaine, confirme le skipper. Il a fait une chaleur exceptionnelle cette semaine en France et ce n’est pas impossible qu’on ait une situation orageuse pour le départ. Nous allons devoir être patients pour connaître le scénario exact de la course. » Ce qui est plus certain, c’est la position des glaces, « exceptionnellement haute », qui ouvre éventuellement la porte à une route Nord, à l’opposé de celle, très Sud, suivie l’année dernière par MACIF lors de sa Transat Anglaise victorieuse. « C’est un parcours compliqué, avec beaucoup de transitions à gérer parce qu’on navigue à l’encontre des systèmes météo. Il est intéressant stratégiquement, plein d’options sont possibles. On ne sait pas encore si on va aller au Groenland ou aux Canaries, le terrain de jeu est très ouvert », explique François. Le temps de parcours sur les 3 152 milles ? « Statistiquement, entre 6 et 9 jours ».

L’objet : la cabane

C’est dans la cabane située à l’arrière du cockpit de MACIF que François Gabart, hors quart et chargé de la navigation, compte passer l’essentiel de The Bridge. « Je vais y rester, y compris pour dormir, comme je le fais en solitaire, pour ne pas changer mes habitudes et continuer ma préparation pour le tour du monde en fin d’année ». Le reste de l’équipage se relaiera au pilotage du bateau, avec en permanence deux hommes sur le pont, l’un à la barre, l’autre aux réglages, trois au repos à l’intérieur de la coque centrale (ils dorment sur des poufs à billes). Reste qu’ils seront souvent plus nombreux sur le pont… « Il se peut qu’il y ait beaucoup de manœuvres à faire. Dans ce cas, nous aurons besoin d’être cinq, et même six en cas de situations exceptionnelles comme lors du départ », souligne François Gabart. Et tout le monde pourra barrer, y compris le skipper, qui raconte : « Sur l’ArMen Race USHIP, le seul à ne pas avoir barré, c’était moi ! C’est possible que ce soit encore le cas sur The Bridge, cela veut dire que l’équipage fonctionne bien et que nous sommes interchangeables. »

Source

WindReport'

Liens

Informations diverses

Mis à l'eau le: 24 juin 2017

Matossé sous: Course au Large, The Bridge 2017, Ultime

Vues: 1378

Tags: , , , , , , , ,

Sous le vent

Au vent