Les dernières forces dans la bataille…

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© Conrad Colman

« Je n’ai pas encore perdu toutes mes forces mais je sens bien la différence avec mon état physique d’il y a quelques semaines. Il est vraiment temps de rentrer aux Sables ! » L’Espagnol Didac Costa résume bien l’état d’esprit des onze marins encore en mer dans le huitième Vendée Globe. Après trois mois en mer, les corps fatiguent, le matériel également. Eric Bellion fait ainsi face à un problème de moteur qui l’oblige à restreindre sa consommation d’énergie. Le prochain à connaître les joies du retour à terre sera le Hongrois Nandor Fa, qui est attendu aux Sables d’Olonne entre demain soir et mercredi midi. Sébastien Destremau, qui ferme toujours la marche, est quant à lui attendu entre le 5 et le 8 mars…

Jusqu’au bout, il va falloir batailler ! Nandor Fa (Spirit of Hungary) a beau avoir parcouru 97 % du parcours du Vendée Globe, il ne crie pas victoire pour autant. Il faut dire qu’il a rencontré ces derniers jours des conditions qui incitent à la prudence… Si la météo s’arrange quelque peu au large du cap Finisterre, le vent reste soutenu et la mer formée, ce qui demande une vigilance de tous les instants. Le Hongrois a empanné à la mi-journée et il est en route directe vers les Sables d’Olonne où il devrait arriver entre mardi soir et mercredi midi. Il coupera donc la ligne après un peu moins de 94 jours de mer. Une très jolie performance pour le Hongrois de 63 ans qui participe à son troisième Vendée Globe et va au passage exploser son propre record dans l’épreuve (128 jours en 1992-1993).

Restriction d’énergie pour Eric Bellion

Après Nandor Fa, ce sera au tour d’Eric Bellion (CommeUnSeulHomme) de vivre le moment dont il rêve depuis des mois : la fameuse remontée du chenal des Sables. Ce sera probablement dans la journée de samedi, devant un public attendu nombreux, week-end oblige. Mais comme son prédécesseur hongrois, Eric reste sur ses gardes, d’autant qu’une nouvelle épreuve vient pimenter sa course. « Depuis quelques jours je n’arrive plus à démarrer mon moteur », raconte-t-il dans une vidéo envoyée du bord ce matin. « J’ai des problèmes électriques depuis longtemps mais j’avais un petit chargeur qui me permettait de démarrer le moteur. Ce petit chargeur a rendu l’âme. Je suis donc dépendant des deux hydrogénérateurs, l’un marche très bien, l’autre un peu moins. Je prie pour qu’ils tiennent le coup. Je vais me battre jusqu’au dernier moment, ce sera une aventure jusqu’au bout. » Il faut savoir que sur les IMOCA60, l’électricité est très importante, notamment pour actionner la quille basculante mais surtout pour faire fonctionner les indispensables pilotes automatiques, le poste le plus gourmand en énergie. Eric est donc en restriction énergétique pour ses derniers jours en mer. Et c’est probablement pour cette raison qu’il n’a pas répondu à la vacation ce midi…
C’est dans tout juste une semaine que Conrad Colman (Foresight Natural Energy) devrait à son tour amarrer son bateau au ponton du Vendée Globe, à Port Olona. Il devrait ainsi passer sous la barre symbolique des 100 jours, ce qui n’est pas un mince exploit compte tenu des multiples soucis techniques qui ont jalonné son parcours. Il est ce soir à moins de 2000 milles du but.

Boissières, Amedeo et Roura dans les alizés ; Wilson, Costa et Attanasio dans le Pot au noir

Arnaud Boissières (La Mie Câline), Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) et Alan Roura (La Fabrique) filent tout droit dans des alizés bien établis (15 à 20 nœuds). Ils avalent les milles et sont les plus rapides de la flotte avec Nandor Fa (337 milles parcourus par Arnaud Boissières ces dernières 24 heures).
Les conditions sont beaucoup plus complexes pour leurs trois poursuivants : Rich Wilson (Great American IV), Didac Costa (One Planet One Ocean) et Romain Attanasio (Famille Mary-Etamine du Lys) qui naviguent dans le Pot au noir. « Le vent est très faible actuellement, c’est un peu frustrant », raconte Rich Wilson. « La Zone de convergence intertropicale s’est déplacée vers le nord, ce qui prolonge la route à faire pour arriver de l’autre côté du Pot au noir. » Le skipper américain est sous la menace de Didac Costa et de Romain Attanasio qui reviennent bien depuis quelques jours. Ils ne sont pourtant pas épargnés par les soucis techniques comme le raconte Didac dans un message du bord : « Hier, j’ai cassé le support de l’hydrogénérateur tribord, et le rail dans le tableau arrière où il est fixé est aussi endommagé. Heureusement, il est interchangeable avec celui de bâbord. De toute façon, il devrait me rester suffisamment de gasoil (40-50 litres) pour charger avec le double alternateur que nous avons installé aux Sables après l’inondation. »
Après Rich hier soir, Didac et Romain devraient à leur tour franchir l’équateur et basculer dans l’hémisphère Nord la nuit prochaine ou demain matin. Il ne restera alors plus que deux concurrents en Atlantique Sud, à commencer par Pieter Heerema (No Way Back) qui poursuit sa longue remontée des côtes brésiliennes et espère arriver fin février… Quant à Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean), il négocie une dépression au large de l’Uruguay et navigue au près dans des conditions sollicitantes. La patience est de mise pour Sébastien qui a encore un bon mois à cravacher avant de toucher terre…

Rich Wilson (Great American IV) :

« Je fais des contrôles à bord du bateau. J’ai une longue liste de choses à voir tous les jours. Devant nous, il y a des vents forts. Peut-être qu’ils seront plus modérés quand nous y arriverons… Je pense qu’il me reste une quinzaine de jours de mer. Maintenant l’objectif est d’arriver sain et sauf, le bateau et moi-même. Il faut éviter les erreurs et ne pas se blesser. »

Didac Costa (One Planet One Ocean) :

« Si vous avez suivi la route des autres bateaux du Vendée Globe vous avez dû remarquer que, passé l’Equateur, au lieu d’essayer de mettre le cap sur les Sables ils font un énorme détour pour contourner l’anticyclone des Açores. En prenant cette voie, ils suivent curieusement la route suivie par les Portugais cinq siècles plus tôt. Et même si les Imoca60 n’ont rien à voir avec les caravelles de l’époque, il ne sert à rien de naviguer au près serré. Il s’agit de faire comme à l’époque : gagner dans le Nord le plus rapidement possible et prendre le “train des dépressions” qui va de l’Amérique du Nord à l’Europe et qui te poussent rapidement avec des vents portants jusqu’aux côtes européennes. Ils appelaient cette technique “Volta do Mar” ou “Volta per fora”. »

Source

Agence Mer & Media.

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