Noël au charbon

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© Cleo Barnham / Hugo Boss

Les images envoyées de la mer en témoignent : les skippers du Vendée Globe ont tous une petite pensée pour les terriens en ce jour de Noël. Foie gras pour l’un, bonnet de père Noël pour l’autre, ris de veau, guirlandes, petits cadeaux cachés dans le bateau. Eric Bellion et Alan Roura se sont même offerts un chant de Noël à deux voix alors qu’ils naviguaient à 5 mètres l’un de l’autre ! En ce jour de festivité et d’abondance, les marins poursuivent leur quête vers l’Est sans trêve, ni répit. La moitié de la flotte (de la Mie Câline à TechnoFirst-faceOcean) se prépare à affronter des vents violents, tandis que Banque Populaire VIII en tête, Queguiner-Leucémie Espoir (5e) et Finistère Mer Vent (6e) travaillent aux réglages dans des vents faibles et irréguliers…

Le plus beau cadeau demeure probablement celui d’Alex Thomson. D’abord, le skipper d’Hugo Boss, qui file à 20 nœuds ce soir, doublera le Horn demain après-midi, ensuite, il est parvenu à relever le moignon de son foil : « Il n’est plus à l’eau et n’engendre plus de traînée. Je n’avais même pas besoin de le couper. Cela me rend heureux… » expliquait le Britannique dans une vidéo envoyée du bord. Passé le Horn, Alex devrait également naviguer tribord amures sur le début de la remontée de l’Atlantique Sud. Pour autant, l’écart avec Armel Le Cléac’h qui peine dans du petit temps, ne devrait pas se réduire significativement : c’est un peu l’élastique qui se détend et qui se tend !

Un Horn qui se fait désirer

Jérémie Beyou à bord de maître CoQ avale les milles goulument depuis qu’il a retouché du vent de Nord. Le cap Horn qu’il devrait doubler mardi se trouve à 1400 milles de son étrave, « comme un cadeau qu’il a hâte de déballer » dit-il. Yann Eliès, joint à la vacation cet après-midi, avoue lui-aussi être impatient de mettre le clignotant à gauche d’autant qu’il se débat dans une bulle sans vent. « Je suis en mode figariste depuis 24h, j’exploite chaque risée à fond. On est quand même marqué physiquement. On ne sort pas beaucoup dehors, on est un peu palôts… Vivement les latitudes raisonnables, mais ce ne sera pas avant dix jours. » Grosse bagarre en perspective donc avec Yann et Jean Le Cam pour la 5e place tandis que Jean-Pierre Dick (StMichel-Virbac) a repris la poudre d’escampette à 200 milles de leurs étraves.

Attention, grosses dépressions !

En ce jour de Noël, la solidarité est plus que jamais vraie en mer. Alan Roura et Eric Bellion qui ont navigué toute la journée bord à bord, ont pris la décision d’attendre l’Irlandais Enda O’Coineen qui navigue à l’aveugle depuis plusieurs jours : « Enda fait route vers nous, on est en attente de lui car il n’a plus de cartes, il a des gros soucis informatiques, on va donc lever le pied jusqu’au 26 décembre pour laisser passer la dépression. On reste groupé et on repartira en course le 26 au soir. » Il faut dire que la dépression attendue promet d’être virulente : 45 nœuds fichiers, soit 60 nœuds en réalité. Le groupe de 6 bateaux au sud de la Tasmanie qui se tient en 250 milles doit donc ralentir pour ne pas se faire prendre au beau milieu… Pour les quatre derniers, l’histoire est la même : demain une tempête arrive de l’ouest. Cap au nord encore une fois pour échapper au plus fort !

Abandon officiel de Paul Meilhat (SMA)

Quatre jours après avoir annoncé son avarie à bord de SMA, Paul Meilhat a signifié officiellement son abandon auprès de la direction de course ce samedi 24 décembre à 15h39 heure française.
Rappelons que Paul avait contacté son équipe le 20 décembre dernier pour signaler un problème de vérin de quille, il occupait alors la 3eme place du classement général.
Il fait route vers la Polynésie et estime son arrivée pour le 28 ou 29 décembre prochain.

Message de la mer

Alex Thomson (Hugo Boss)

« Il va falloir attendre jusqu’à Rio pour passer tribord amures. Après Rio, l’essentiel du parcours devrait s’effectuer tribord amures. Je devrais doubler le cap Horn demain (le jour de Noël). J’ai hâte d’y arriver. J’avais un souci hier, car tous mes instruments interprétaient mal la force et la direction du vent. Du coup le pilote ne fonctionnait pas et j’ai dû passer la nuit debout au près avec 35 nœuds de vent. Si les instruments semblent fonctionner correctement de nouveau, c’est quand même inquiétant pour ce qui est devant nous. La bonne nouvelle concerne le moignon qui restait du foil. J’ai réussi à le relever hier. Il n’est plus à l’eau et n’engendre plus de la traînée. Je n’avais même pas besoin de le couper. Cela me rend heureux… »

Sébastien Destremau (TechnoFirst-faceOcean)

« Je veux m’arrêter 24 heures dans une baie en Australie occidentale ou en Tasmanie. Avant le Pacifique, je veux m’arrêter. Je ne peux pas aller en haut du mât, il y a trop de mer. On a peu navigué sur le bateau avant le départ du Vendée Globe, et j’ai fait un demi tour du monde depuis. Je ne sais pas si c’est comme neuf ou à la limite de la rupture. Il y a le gréement et d’autres choses à vérifier avant l’entrée dans le Pacifique. »

Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut)

« Je suis sous gennaker, la mer est plate, je suis dans l’anticyclone, ça va être un Noël tranquille. Je suis au foie gras et la nuit tombe. Je me fais un Noël en solo dans les mers du Sud. Un Noël au calme, c’est agréable. Mon équipe m’a envoyé un message pour m’expliquer où était le sac à cadeaux. Il est caché quelque part, je vais ouvrir mes paquets. Ca va être sympa ! L’anticyclone arrive à point nommé. Je range le bateau et je me prépare à la grosse dépression qui nous attend au niveau de la Nouvelle-Zélande. »

Alan Roura (La Fabrique)

« Nous ne sommes pas loin avec Eric (Bellion), donc on s’est dit que c’était vraiment dommage de ne pas se voir. Chacun a mis le cap en direction de l’autre, on est encore côte à côte, on discute à la VHF, c’est le rayon de soleil de cette journée grise. J’aime beaucoup Eric, ça me fait plaisir de passer cette journée de Noël avec lui. Je me fais un petit plat sympa ce soir, mais finalement, c’est une journée comme une autre car je suis tout seul à l’autre bout de la terre. »

Yann Eliès, Queguiner-Leucémie Espoir

« C’est fatiguant parce qu’il n’y a pas de vent, je suis en mode figariste depuis 24h. J’essaie d’exploiter au mieux chaque risée pour sortir de cette nasse. Ce n’est pas si simple. Il faut manœuvrer pour grappiller des milles qui nous emmènerons vers la sortie de ce pot de pus. J’ai eu ma famille hier, je suis allé chercher mes cadeaux qui baignaient dans la flotte. J’ai eu une petite vidéo de 30 mn de toute la famille et la belle famille, les copains, j’ai pris du temps pour regarder ça, ça m’a bien regonflé à bloc… Je me donne à fond, dès que j’aurai touché du vent, j’irai me reposer.

Source

Agence Mer & Media.

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