Un mois de mer, 45% du parcours !

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© Alan Roura / La Fabrique

Nous sommes le 6 décembre et la flotte du Vendée Globe en termine avec le 30e jour de course. En exactement un mois de mer, Armel Le Cléac’h et Alex Thomson ont déjà avalé plus de 45% du parcours ! Sébastien Josse, lui, livre une bagarre terrible dans 8 mètres de creux et 40 nœuds de vent.

Au sud de l’Australie, la bagarre fait toujours rage entre le leader Armel Le Cléac’h et un Alex Thomson qui ne lâche rien. Le Gallois a même repris une cinquantaine de milles au Français ces dernières 24 heures, réduisant son écart à 83 milles. Les vitesses des duettistes sont de nouveau très impressionnantes ce matin, comprises entre 20 et 23 nœuds. Quel match ! Voilà exactement un mois qu’ils ont quitté les Sables d’Olonne et Banque Populaire VIII a déjà avalé 46% du parcours total du Vendée Globe, contre 45% pour Hugo Boss. On vous laisse faire la règle de trois et vous souvenir que jusqu’ici on avait coutume de résumer « un Vendée Globe, c’est grosso modo trois mois de mer ». Il va falloir revoir nos standards. Pour eux, l’océan Pacifique, qui commence au Sud de la Tasmanie, n’est déjà plus distant que d’un millier de milles ! A comparer avec la distance ces dernières heures : 412 milles pour Armel Le Cléac’h, 467 pour Alex Thomson. A mettre en perspective aussi avec leurs cinq jours d’avance sur l’ancien temps de référence au Cap Leeuwin et les cinq petites heures qui les séparaient au passage de cette longitude australienne…

40 nœuds, 8 mètres de creux…

Un peu plus de 750 milles derrière eux, Sébastien Josse, troisième, livre un combat extraordinaire depuis l’avarie sur son foil bâbord hier, incident majeur qui l’a contraint à « mettre sa course entre parenthèses ». Les données de ce combat sont relativement simples à comprendre : pour éviter le plus fort de la grosse dépression qui le malmène, le skipper d’Edmond de Rothschild doit être le plus Sud possible, mais si possible sans pénétrer dans la Zone d’Exclusion Antarctique, ce qui serait synonyme de pénalité. C’est chaud. Jacques Caraës, le Directeur de course, explique : « il a 8 mètres de creux, ça déferle, et des vents de 40 nœuds, probablement plus dans les rafales.” C’est forcément compliqué, mais Seb a très bien joué le coup en parvenant pour le moment à ne pas entrer dans le mur des glaces. L’autre bateau à subir les plus grosses conditions en ce moment dans l’Indien n’est autre que SMA. Plus au nord, Paul Meilhat gère remarquablement bien aussi et il est revenu à moins de 450 milles du tableau arrière de Edmond de Rothschild.
Impossible de détailler ici les conditions météo groupe par groupe alors que la flotte est étalée sur plus de 10 000 kilomètres et que les derniers sont encore en Atlantique alors que les leaders envisagent déjà le Pacifique !

Cependant, à l’exception de Didac Costa et Sébastien Destremau qui ferment la marche (Didac se rapproche d’ailleurs de Sébastien), tous naviguent dans des Quarantièmes rugissants qui… rugissent. Autrement dit tous ont affaire avec le schéma classique du train des basses pressions défilant d’Ouest en Est sur les latitudes australes : dépression/transition/dépression etc. Le but du jeu est toujours de rester le plus possible en avant des fronts froids… puis de gérer au mieux pour prendre le suivant une fois qu’on a été croqué par le premier. Simple en théorie, beaucoup plus compliqué à concrétiser quand on affronte des rafales de plus de 40 nœuds et une mer au mieux mal rangée, au pire énorme…

Parmi les autres faits saillants ce matin, on note que Jean-Pierre Dick se refait progressivement une santé. Il est très rapide : StMichel-Virbac a avalé 488 milles, de loin le meilleur score de toute la flotte. Il a repris près de 50 milles à Yann Eliès, Groupe Quéguiner n’étant plus que 190 milles devant lui. Côté continent africain, 17 bateaux sur les 24 encore en course (au passage, c’est un des ratios d’abandons les plus faibles de l’histoire de la course après un mois de mer) ont doublé le cap de Bonne Espérance. Le prochain sera le doyen de l’épreuve, l’Américain Rich Wilson. Le skipper de Great American IV fera à son tour son entrée dans l’océan Indien dans quelques heures, en 18e position. Romain Attanasio, lui, a encore 340 milles à couvrir pour gagner la zone de Cape Town et y tenter une réparation de ses safrans. Le skipper de Famille Mary-Etamine du Lys est déterminé à tout faire pour pouvoir poursuivre la course. Le japonais Kojiro Shirashi, qui a abandonné sur démâtage, n’a plus que 160 milles à couvrir pour arriver en Afrique du Sud. Hier il a ému tout le monde dans une vidéo de grande classe… où il s’excusait presque de son manque de chance et remerciait chacun de ses soutiens : « J’irai vous voir tous un par un à mon retour ». Le samouraï des mers, comme l’appelle Jean Le Cam, reviendra sur le Vendée Globe, c’est une certitude.

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Agence Mer & Media.

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