Les riches toujours plus riches

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© Morgan Lagraviere

L’énorme break réussi par les sept leaders s’accentue encore. Les quatre premiers flirtent avec les 500 milles parcourus sur 24 heures! Derrière, le peloton est encalminé dans une zone de hautes pressions. Les leaders pourraient avoir trois à quatre jours d’avance et plus au cap de Bonne Espérance, qu’Alex Thomson doublera vendredi matin… avec quatre jours d’avance sur le temps de référence.

Devant, ils n’en finissent plus de dérouler. A haute vitesse. Environ 180 milles dans l’est de l’île de Gough, Alex Thomson mène toujours les débats. Légèrement décalé dans le sud par rapport à ses poursuivants immédiats – c’est à dire avec un angle au vent plus abattu – le Gallois mène avec autorité. Il a même remis une poignée de milles supplémentaires entre lui et ses deux dauphins Sébastien Josse (Edmond de Rothschild) et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire VIII)), lesquels ne parviennent pas pour le moment à lui reprendre la centaine de milles qui leur fait défaut pour venir titiller son leadership. Les moyennes par jour sont toujours très impressionnantes, en particulier pour les quatre bateaux de tête. les trois premiers frôlent avec les 500 milles parcourus (925 kilomètres) sur 24 heures… mais le plus rapide de tous c’est bien le jeune bizuth Morgan Lagravière, le seul à surpasser cette barre déjà très haute : 503,9 milles ! A bord de son Safran, Morgan fait donc mieux que confirmer sa très belle 4e place, acquise hier aux dépends de Vincent Riou (PRB), sur qui il possède ce matin une vingtaine de milles d’avance.

Quatre jours d’avance à Bonne Espérance?

Pour ces quatre-là, tout va très bien madame la Marquise. Toujours en avant du front, ils sont propulsés vers l’Est par un puissant souffle de secteur Nord de 25 à 30 noeuds, rafales à 40. Il est maintenant évident que le temps de référence au Cap de Bonne Espérance va être pulvérisé. Les dernières simulations montrent que Hugo Boss devrait couper la longitude de la pointe de l’Afrique du Sud vendredi matin en plus ou moins 19 jours… soit quatre de moins que le temps de référence établi lors de la dernière édition du Vendée Globe. Ahurissant !
C’est plus nuancé en revanche pour Vincent Riou, Paul Meilhat et Jérémie Beyou. Car comme le craignait hier le skipper de PRB – et confirmé ce matin à la vacation par Paul Meilhat – eux se sont fait rattraper par le front. Ils ont encore du vent soutenu, mais un peu moins que leurs collègues qui naviguent 190 à 330 milles devant eux. “Ils vont nous mettre un peu d’écart supplémentaire” anticipe Paul Meilhat et, de fait, on constate que ceux-là ont parcouru plutôt 460 à 480 milles ces dernières 24 heures, alors que les quatre meneurs émargent dans la tranche 480 à 500. Vers une nouvelle cassure? C’est possible.

C’est possible, mais ce n’est rien en comparaison de la fracture qui sépare le groupe de tête des autres. Une fracture qui devient gouffre. Intercalé, Yann Eliès (Quéguiner-Leucémie Espoir) est sur le fil du rasoir dans un couloir de vent étroit (une centaine de milles) qui peut lui laisser espérer de limiter les dégâts : il parvient à progresser à près de 15 noeuds ce matin. Mais à 820 milles du leader, il est le dernier bateau à évoluer dans le même millier de milles que les meneurs. A la fin du 16e jour de course, les chiffres donnent le vertige. Car derrière, les mieux lotis sont aux prises avec une vaste zone anticyclonique qui les freine considérablement. Au mieux, à partir de la 9e place (que Jean-Pierre Dick a reprise à Jean Le Cam dans un joli duel de grandes figures du Vendée Globe), on navigue entre 5 et 8 noeuds. Sur la seule journée d’hier, tous ont perdu entre 250 et 300 milles supplémentaires sur le groupe de tête. Entre le 9e et le 22e (Eric Bellion), on accuse entre 1100 et plus de 2000 milles de retard. Il va falloir beaucoup de patience avant d’espérer prendre un nouveau train de dépressions pour enfin progresser vers l’Est. Les dernières simulations prévoient quatre jours de retard à Bonne Espérance à partir du trio composé de Jean-Pierre Dick, Jean Le Cam et Thomas Ruyant. Tout à l’arrière enfin, Alan Roura (La Fabrique) longe toujours de près les côtes brésiliennes, au sud de Recife et Sébastien Destremau va franchir l’équateur aujourd’hui. Un peu moins de 400 milles derrière lui, l’Espagnol Didac Costa sera d’ici quelques heures le dernier concurrent à naviguer dans l’hémisphère nord.

Paul Meilhat / SMA

“Tout va très bien à bord. Le front a finalement réussi à passer sur moi, malheureusement, et du coup j’ai un petit peu moins de vent – il y a encore 25 noeuds – mais qui est un peu plus stable. Toute la journée j’ai eu entre 25 et 40 noeuds, maintenant ça a molli un peu et donc j’ai renvoyé un ris, je navigue sous petit gennaker devant et un ris dans la grand voile au lieu de deux ris jusqu’ici. Il y a encore de bonnes rafales et une mer assez formée, ça secoue encore pas mal! Je m’attends à ce que ceux de devant augmentent un peu leur avance dans les 24 prochaines heures. Le tout est de ne pas se faire piéger dans les vents faibles qui sont derrière le front. C’est pour ça que j’essaie de continuer à aller assez vite. De ce point de vue, la journée de demain va être cruciale, même si au final tout le monde va finir par se faire rattraper par ce front. Les deux ou trois derniers jours qu’on a réussi à faire à des vitesses assez importantes nous ont permis de faire l’écart et maintenant j’espère qu’on va jouer assez proches dans le groupe devant, enfin je l’espère en tous cas ! Je n’avais jamais fait des journées comme ça à 500 milles, aller vite aussi longtemps.. Ce qui est assez étonnant avec ces bateaux, c’est qu’on va quasiment aussi vite dans 15/20 noeuds de vent au travers que dans 35 ou 40 noeuds de vent au portant. On n’a pas forcément besoin d’aller chercher beaucoup de force de vent, c’est surtout l’angle qui est important. A part ça tout va très bien, j’ai réussi à trouver mon rythme à bord, même si c’est difficile de trouver le sommeil quand le bateau file à 30 noeuds dans les surfs, mais je commence à m’habituer! Et puis il doit faire une vingtaine de degrés, la vie est bien plus sympa que quand il faisait 35 degrés à bord du bateau!”

Source

Agence Mer & Media.

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