On n’a pas le bateau qui peut gagner mais celui qui peut finir !

09-2016, OUTSIDE, ILE DE GROIX, FRANCE, monocoque, monohull, IMOCA, OCEAN MASTER, BERTRAND DE BROC, MACSF, HELI

© Thierry Martinez

Dimanche prochain, à 13h02, Bertrand de Broc prendra le départ de son quatrième Vendée Globe à bord de l’IMOCA MACSF (premier assureur des professionnels de santé). A 56 ans, ce skipper expérimenté se dit confiant pour cette nouvelle aventure. Il souhaite profiter de ses derniers jours, pour se préparer et surtout passer du temps avec ses proches.

« Le Vendée Globe est une course particulière dans laquelle on s’engage avec tout notre entourage. J’ai signé il y a un an pour repartir et depuis je me consacre entièrement à la préparation de mon bateau. Nous n’avons cessé de le modifier, de l’alléger pour l’améliorer et gagner en vitesse. »

Dernière semaine : quel est ton programme ?

« Nous avons encore des réglages à faire sur l’IMOCA. Une sortie est prévue mardi pour faire des tests techniques en mer. Je vais aussi profiter de cette semaine pour bien me préparer, me reposer et profiter de mes proches. J’ai encore beaucoup de rendez-vous avec la presse et de nombreux moments à passer avec les personnes qui ont fait le déplacement pour nous voir sur les pontons car c’est eux aussi qui font la magie de cette course ! Je les remercie vivement, c’est toujours un plaisir de pouvoir partager nos aventures de mer »

Déjà trois Vendée-Globe, comment se prépare-t-on pour un 4ème départ, y-a-t-il la même appréhension que lors des précédentes éditions ?

« Le Vendée Globe est une course particulière, de haut niveau où tout peut arriver. On a beau avoir fait trois fois le tour du monde on ne connait jamais parfaitement la mer. La course ne va pas être facile, il va falloir se mettre dedans rapidement et oublier ce qui se passe à terre car un mois plus tard les choses sérieuses vont vraiment commencer »

Quelle ambition pour l’IMOCA MACSF ?

Nous partons pour cette 8ème édition, sur l’IMOCA que j’avais en 2012 qui a été largement amélioré grâce au partenariat avec la MACSF et aux trois chantiers que nous avons fait. Ce bateau est l’ancien Brit’Air d’Armel le Cléac’h qui a déjà fait 4 tours du monde. Je le connais bien, je sais qu’il est fiable. C’est très important pour partir sereinement.

Que représente le Vendée Globe pour toi ?

« J’ai connu le Vendée Globe en 1992, j’ai assisté aux évolutions de la course, des bateaux des conditions de navigation (avec et sans satellite)…. Le Vendée Globe est une course à part, différente des autres. C’est un tour du monde sans escale et sans assistance, de 80- 90 jours. Il faut bien se préparer, techniquement, physiquement, mentalement, et surtout être content et heureux de partir. Au départ, on a forcément des angoisses qu’il faut apprendre à gérer car on part pour le tour du monde et pas simplement dans la baie de Concarneau ! »

Quel est ton objectif pour ce Vendée Globe 2016 ?

« L’objectif principal de ce Vendée Globe est d’abord de le terminer. J’aimerais le finir en moins de 85 jours. Certains partent pour gagner et d’autre pour le finir. Tant qu’on n’a pas passé la ligne d’arrivée, on n’a pas fini le Vendée Globe ! Avec les améliorations que nous avons fait, le bateau devrait gagner jusqu’à 1 nœud en moyenne. A l’échelle d’un tour du monde cela représente une semaine de moins !
Mon objectif est également d’emmener le plus de monde possible dans cette aventure. Les personnes qui m’ont toujours suivi et soutenu sur le projet VNAM mais aussi les 950 000 sociétaires et 1500 collaborateurs de la MACSF à qui je souhaite faire vivre cette aventure humaine et sportive exceptionnelle. »

4ème Vendée Globe : qu’est ce qui te pousse à repartir ?

« Effectivement, à la fin de la dernière édition, j’avais annoncé que c’était mon dernier Vendée Globe. Plusieurs choses m’ont fait changer d’avis. Tout d’abord la rencontre avec la MACSF, leur investissement dans le projet, m’a permis d’améliorer franchement le bateau. Le fait que physiquement je me sente toujours capable de faire le tour du monde et puis l’envie d’y retourner. On n’a pas le bateau qui peut gagner mais celui qui peut finir. Si on termine dans les dix premiers ont aura fait une très belle course ! »

Qu’est-ce qu’il te faut pour faire un tour du monde dans de bonnes conditions ?

« Il faut être bien préparé, avoir un bon entourage avec une bonne équipe technique à terre qui saura me dire à temps ce qu’il faut changer, modifier… Je vais avoir des personnes comme Alessandro Di Benedetto et Marc Guillemot qui vont être là pour me suivre, me conseiller pendant ce tour du monde. Ce n’est pas toujours facile quand on est à bord, dans le rush de la course de prendre soin du bateau et en même temps du bonhomme. »

Bertrand de broc : un souvenir du Vendée Globe ?

« C’était pendant de l’édition 1992-1993, le 9 janvier 1993. Lors de mon premier Vendée Globe, je me suis coupé la langue en faisant une mauvaise manœuvre. J’ai dû me la recoudre en mer guidé par les indications du Dr Jean Yves Chauve (médecin de la course) que je recevais par Telex. A l’époque j’avais certainement fait une mauvaise appréciation de la météo. Avec 12 à 14 mètres de creux, la fatigue et mon peu d’expérience, je n’ai pas eu les bonnes réactions. Aujourd’hui mon expérience me sert beaucoup dans ce genre de situations que j’analyse avec plus de raison et de lucidité. »

Source

Marina Ducros

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Mis à l'eau le: 2 novembre 2016

Matossé sous: 2016-17, Course au Large, IMOCA, Vendée Globe

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