Séparation de trafic dans les îles !

© DR/Generali

Acte 3, scène 1. Après le Golfe de Gascogne et les Canaries, l’archipel du cap Vert est le théâtre d’un nouvel épisode important de cette 13ème transat AG2R LA MONDIALE… Le passage dans ce labyrinthe de 10 îles et 8 îlots volcaniques va conditionner le positionnement des protagonistes pour la suite du parcours vers Saint-Barth. Plus ou moins sud. Ce matin, la partie de cache-cache dans les îles a commencé.

Pas si droit finalement le chemin vers le Cabo Verde. Dès hier soir, les équipages ont concédé quelques empannages pour optimiser leur route. Ce matin, l’île de Santa Maria faisait office de séparateur de trafic. Les deux inséparables, Gedimat (en tête) et Agir Recouvrement (2e) se sont engouffrés au nord de l’île, tandis que leurs plus fidèles poursuivants Bretagne-CMB Performance et Generali se frayaient un passage au vent de Boa Vista, 35 milles plus au sud. Joint ce matin à la vacation, Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) indiquait clairement leur intention d’enfoncer le clou vers le sud.

L’heure des choix

80 milles plus au nord, Gildas Morvan et Alexis Loison (Cercle Vert) pourraient choisir, à l’inverse, de poursuivre leur route sans croiser un seul caillou. Ce choix demande mure réflexion car le positionnement des bateaux aujourd’hui sera déterminant pour la suite du parcours vers les Antilles. Une fois son placement adopté dans le vent stable des alizés, il sera quasiment impossible de changer de stratégie.

Ce 10e jour de course va donc être rythmé par le passage des tandems dans les îles. Et au-delà du grand jeu des options, il y aura des pertes et des gains dans les dévents et les couloirs d’accélération créés par la présence des terres.

Le cap Vert, une première dans la course

Si l’ont traçait un grand trait prolongeant l’axe des étraves, il aboutirait … au Nord du Brésil. Nous sommes pourtant bien sur la transat AG2R LA MONDIALE et non sur une autre fameuse transat en double qui part tous les 2 ans du Havre. Aujourd’hui, les leaders de la course glissent sous spi, 650 milles dans le sud de la route orthodromique (la plus courte théorique). Un immense détour destiné à conserver des alizés soutenus et une première dans l’histoire de la course…

VACATIONS

Vincent Biarnes, Agir Recouvrement

« Adrien est à la barre et moi je me réveille. On est en plein dans l’archipel du cap vert. On vient de passer tout près de Santa Maria, on est passés à un mille dans le nord de l’île. Dans une heure et demie on va empanner. On va passer au milieu du cap Vert. On a fait un recalage car le vent variait un petit peu. J’espère qu’on a gagné un peu, on verra ça bientôt. Je ne sais pas ce que va faire Gedimat. On ne se voit plus, il doit y avoir 10 – 12 milles de décalage entre nous. On ne sait pas s’ils vont vite ou pas. Au niveau de la mer et du vent, c’est un peu différent de ce que nous avons eu au large, il y a pas mal d’animaux marins qui arrivent sur le pont : des petits calamars et je me suis fait attaquer par un poisson volant. Il a failli m’assommer. Les conditions sont relativement stables, 20 nœuds. Le bateau marche bien à une dizaine de nœuds. C’est surtout dans les heures qui viennent qu’il va falloir négocier avec les dévents des îles. C’est un moment très important mais la route est encore super longue. Par la suite c’est possible qu’on fasse un seul bord en tribord amure jusqu’à Saint-Barth. Là on est déjà très sud, c’est la première fois que les concurrents de la transat passent aussi sud. Les deux empannages qu’il reste à caler sont très importants et j’espère que celui que nous avons fait ce midi, va être bénéfique. On essaie de récupérer mais ça prend du temps car la semaine a été très dure. Les quarts sont un peu plus longs. On peut s’alimenter correctement ce qui était moins le cas la première semaine de course. Il ne fait pas très chaud la nuit, on a toujours la polaire et le bonnet. Le jour, le soleil tape fort. Là je vais grignoter un petit truc, refaire un point navigation. Ensuite, j’enchainerai mon quart de nav’. Adrien s’occupe du matériel, il le déplace un peu vers l’avant car le vent a dû mollir mais jusqu’à maintenant il y avait beaucoup de choses à l’arrière. »

Sébastien Simon, Bretagne CMB Performance :

« Ça va. C’est plutôt tranquille on passe les iles du cap Vert. On a vu Generali à l’AIS, il nous a doublés tout à l’heure et n’est pas loin. Il y avait pas mal d’îles à négocier, on a choisi de passer entre les deux qui se sont présentées sur notre route. Le but est de descendre encore dans le sud-ouest après îles du cap Vert pour aller chercher les alizés. Ce serait bien qu’on pousse la barre et qu’on remonte vers Saint-Barth. On a du vent de nord est depuis deux jours, le bateau glisse bien. On commence à apercevoir les lumières du cap vert. C’est plutôt varié, on ne s’attendait pas à revoir la côte après le départ.
Une fois qu’on aura passé le cap vert, la prochaine fois qu’on verra la côte ce sera à l’arrivée. La nuit dernière, on bien dormi car il y avait moins de grains. Là en fin de soirée, on a eu pas mal d’agitation avec Generali qui est revenu sur nous. On a essayé de limiter la casse et là tant qu’on ne se sera pas replacés, le repos ne sera pas notre priorité. »

Alexis Loison, Cercle Vert :

« Ça va bien. Je viens de réveiller Gildas qui va prendre son quart et je vais me reposer un peu. On réfléchit à notre voie de passage, on a encore deux possibilités qui s’offrent à nous : passer au milieu des îles ou pas. Vu notre position, on peut tout choisir. Il y a des fichiers météos qui doivent encore tomber donc on est patients. On voit qu’il se passe des choses, ce n’est pas le train-train. Le passage de ces îles va jouer sur le classement et la place de chacun pour attaquer la suite. On aura fait du tourisme sur cette transat. Il y a quelques poissons volants. Hier, nous avons été accompagnés par un banc de dauphins. Les conditions sont top, il y a encore pas mal de vent, ça glisse bien, on n’est pas malheureux. Devant, ils ont une belle avance. Mais il reste encore une dizaine de jours. Le passage des iles, le choix d’aller dans le sud après… risquent encore de chambouler les choses. »

LE CLASSEMENT 13 AVRIL 05H00

  1. GEDIMAT (Thierry Chabagny-Erwan Tabarly) à 2261,74 milles de l’arrivée
  2. AGIR RECOUVREMENT (Adrien Hardy-Vincent Biarnes) à 5,99 milles du premier
  3. CERCLE VERT (Gildas Morvan-Alexis Loison) à 29,43 milles
  4. BELLOCQ PAYSAGES SAVEURS DE CORNOUAILLE (Martin Le Pape-Eric Peron) à 41,66 milles
  5. BRETAGNE-CMB PERFORMANCE (Sebastien Simon-Xavier Macaire) à 45,62 milles

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