Les Miniji ravivent la flamme de la SNIM Dériveurs

2016 SNIM Dériveurs, Dériveurs voile olympique***Dinghies Olympic Series, MiniJ

© Gilles Martin-Raget

La classe Miniji a eu l’honneur d’ouvrir cette première grande édition de la SNIM Dériveurs, des années 2000. Avec trois courses disputées, les dix-huit concurrents, valides et handi, ont donné le ton d’une édition qui attaque également son plat de résistance avec 385 Optimist présents pour disputer la Coupe Internationale de Printemps (299 minimes, 86 benjamins).

Ambitions et ressentis chez les uns et les autres…

Coureurs sur lac !

La promenade des joueurs des Girondins de Bordeaux sur le site de la SNIM Dériveurs n’altère pas la concentration des minots en pleine préparation de leur bateau. Christian Tommasini, le président du Yachting Club de la Pointe Rouge, pose pour immortaliser la séquence, et propose aux Girondins de partager un pastis de l’amitié… Les footballeurs, décontractés avant d’affronter l’OM, préfèrent s’en tenir à leur strict réveil musculaire. Plus loin sur le quai, Théo Delmotte, sous l’œil bienveillant de son père, bichonne son opti’. “Je suis content d’être là, après être venu l’an passé, pour l’Inter-ligue. J’aime beaucoup Marseille, parce que ça bouge, il y a des vagues et beaucoup de vent…“

Son père, Didier Delmotte, délégué Optimist pour la Ligue Rhône-Alpes, abonde dans le sens du fiston. “Nous sommes venus avec treize représentants, et on espère surtout progresser dans ce type de navigation, avec vagues, effets de site…“ Car en Rhône-Alpes, on navigue sur des lacs de montagne. Aiguebelette, Annecy, Léman… Et là, on ne peut pas s’empêcher de penser à cet adage qui colle à la peau du coureur suisse, de manière générale. Que dit-il ? Que le Suisse, sur lac, est bon dans le petit temps, mais qu’il se noie dans le gros temps. La réponse spontanée et argumentée fuse du jeune Loïc Schelsohn, licencié à Thonon, qui s’entraîne sur le Léman. “C’est pas vrai ! Un jour, Loïck Peyron est venu naviguer et a dit que les conditions pouvaient être plus musclées qu’en mer. Les vents sont très tournants sur le lac, et ça demande beaucoup de concentration et de réactivité.“ En attendant, les “montagnards“ qui viennent de reprendre l’entraînement bateau il y a un bon mois, après un hiver rugueux, préfèrent se montrer mesurés pour annoncer des ambitions sur la SNIM Dériveurs. Le petit Loïc, qui sort de sa saison de compétition en ski, espère terminer la semaine sur le rond or, ce qui serait une belle satisfaction personnelle.

Miniji et maxi plaisir à partager

Si la régate d’entraînement des Optimist s’est disputée sous un agréable soleil printanier, avec une petite brise de sud-est d’une douzaine de nœuds, les Miniji ont enfin lâché les chevaux, après le double rendez-vous manqué, des deux jours de stage, suivis de la première journée de régate, le tout annulé pour cause de fort mistral.

A ce petit jeu, Philippe Oddou a mis tout le monde d’accord. Outre le plaisir de la gagne, l’ancien moniteur de l’UNM qui a participé à huit Tours de France à la voile, préfère insister sur la remise au goût du jour de ce support. “Je veux surtout rendre hommage à André Basso et à Luc Angels, qui ont monté une flotte de Miniji dans les années 90. A l’époque, avec les équipiers de French Kiss, on venait faire des runs sur ces bateaux. On a beaucoup de sensations sur le Miniji, la science de la navigation fait la différence, et du coup, on est tous à égalité : hommes, femmes, jeunes, moins jeunes, handicapés…“

Justement, cette première journée de la SNIM Dériveurs a démontré que le handicap n’en était pas un, dans cette classe. Olivier Coma, 42 ans, accidenté de la route à 20 ans, est tétraplégique. Il a fait sa course comme les autres. “Il y a un an et demi, quand je suis monté sur un Miniji, j’étais pas très fier“, raconte-t-il. “Mais les angoisses se sont vite dissipées… Quand tu es sur fauteuil, tu t’exclus de beaucoup de choses. Et là, avec la voile, c’est vraiment bon de t’ouvrir sur un monde, où tu penses, à tort, que tu n’as pas lieu d’être…“

Au petit matin, le palmarès d’Olivier Coma se limitait à quelques dernières places. Sur cette première SNIM Dériveurs, il termine à la 14e place, après avoir fait une place de 9, dans la première manche. Ses progrès sont notables et sa joie de naviguer encore plus palpable.

L’Istréenne Julie Turcot, seule femme du championnat Miniji PACA prend une très belle 6e place.

La conclusion du vainqueur du jour, Philippe Oddou : “Je suis très content d’être là, car c’est en même temps le renouveau de la SNIM Dériveurs et le renouveau du Miniji. Un beau symbole, non ?“

Pression sur les Suisses !

La Suisse qui présente une délégation importante de jeunes régatiers (43 coureurs) vient, non seulement jouer la victoire finale, mais également préparer les grandes échéances internationales. La SNIM Dériveurs fait office de qualification pour les Championnats d’Europe et du Monde pour les engagés helvètes. La concurrence n’a qu’à bien se tenir…

Les caravanes, on remet ça ?

Les premiers tours de ponton permettent de constater le plaisir unanimement partagé des concurrents et de leurs parents de participer à cette nouvelle édition de la SNIM Dériveurs, dans le cadre magique du stade nautique de Marseille. Seul bémol entendu ici et là, le logement. “C’est dommage qu’il n’y ait pas de camping à Marseille, car on a eu un peu de mal à se loger“, expliquent quelques parents. La solution se trouve peut-être… dans les années 80. A la belle époque des dériveurs sur la SNIM, pour remédier à ce problème, le Yachting Club de la Pointe Rouge avait eu une idée (folle) de génie. Jean-Pierre Churet, alors Président de la commission sportive de l’YCPR se souvient. “On avait fait venir 50 caravanes sur le site, de manière à pouvoir loger les parents de régatiers. C’était complètement fou et incroyablement difficile à organiser, mais on est allé au bout de cette idée, et on l’a fait pendant deux ans. Les gens de cette époque s’en souviennent encore…“

Phases qualificatives et finales, mode d’emploi !

Dès demain, à partir de 11h, si le vent le permet, les Optimist sont dispatchés sur les deux ronds prévus dans l’organisation des courses. Quand les 385 concurrents auront au moins disputé quatre courses, les forces en présence seront réparties dans quatre groupes selon la hiérarchie du classement. Le premier quart se retrouvera dans le groupe or, les suivants dans les groupes argent, bronze et émeraude.

Les quatre courses devraient pouvoir se dérouler entre lundi et mardi, avec une redistribution des effectifs à partir de mercredi.

Classement Championnat PACA Miniji (3 courses, 2 retenues)

  1. Philippe Oddou (CN Port Miou) 2pts
  2. Marc Berthier (SN La Ciotat) 4 pts
  3. Yves Chenin (CN Port Miou) 5 pts

Le programme du lundi 11 avril :

Si le vent le permet, le début des courses est prévu pour 11 heures sur l’eau.

Source

Coraline Jonet

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 10 avril 2016

Matossé sous: Dériveurs, MiniJi, Optimist, Quillards de sport, Voile Légère

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