Arrivées en rafale

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© Jean Marie Liot / DPPI

Le quatuor des monocoques IMOCA déboule sur Itajaí : après MACSF de Bertrand de Broc et Marc Guillemot arrivés ce vendredi midi, ce sont Éric Bellion et Sam Goodchild qui en ont terminé cet après-midi alors que Newrest-Matmut et Bureau Vallée sont attendus quasiment en même temps en soirée au Brésil. Les neuf monocoques amarrés dans la nouvelle marina attendent désormais le troisième Multi50, Arkema demain dans la nuit, puis les premiers Class40 qui naviguent dans les alizés d’Est devant Recife !

Le décalage temporel est conséquent mais logique : on ne peut pas imaginer un monocoque de 18,28 mètres IMOCA conçu pour le tour du monde en solitaire et un Class40 de douze mètres dessiné pour les transats, faire jeu égal après plus de quinze jours de mer ! Comme les conditions météorologiques et les performances sont très différentes, au bout de trois jours de course les trajectoires ne peuvent être similaires et les premiers Class40 sont donc relégués à plus de 1 300 milles d’Itajaí ce vendredi soir ! Pour autant, le match est particulièrement tendu entre Le Conservateur (Yannick Bestaven & Pierre Brasseur) et VandB (Maxime Sorel & Sam Manuard) qui ont débordé Recife ce vendredi midi dans des alizés d’Est modérés.

Une longue descente vers le Sud

Le plan Verdier et le dessin de Manuard vont donc se battre dans les mêmes conditions météorologiques puisque leur écart ne dépasse pas 20 milles ! Et c’est au vent de travers puis sous spinnaker à la hauteur de Salvador de Bahia que le duel va se dérouler, très probablement jusqu’à la ligne d’arrivée car on peut imaginer que les deux duos ne vont pas se lâcher et se contrôler mutuellement jusqu’à Itajaí… A 140 milles derrière, Carac-Advanced Energies ne semble plus en mesure de les inquiéter surtout que Louis Duc et Christophe Lebas connaissent des soucis avec leur génois déchiré, ce qui les handicape dans ces conditions de vent de travers.

Plus loin, en approche de l’archipel de Fernando de Noronha, Solidaires en Peloton-ARSEP contient son plus proche concurrent TeamWork40 alors que les quatre Class40 suivants sont enfin sortis du Pot au Noir : là encore, le match est très ouvert entre le bateau brésilien Zetra, les Britanniques de Concise 2, Groupe Sétin et SNBSM-Espoir Compétition qui naviguent de conserve vers le Sud-Ouest. Et les deux derniers ont déjà débordé l’archipel du Cap Vert en se préparant à traverser le Pot au Noir…

Les arrivées s’enchaînent

Mais à Itajaí, ce sont les monocoques IMOCA qui retiennent surtout l’attention puisque derrière MACSF arrivé ce midi (heure française), Comme Un Seul Homme s’est présenté sur la ligne trois heures plus tard et deux autres sont attendus quasiment en même temps ! Newrest-Matmut n’a en effet que quelques milles d’avance sur Bureau Vallée et les conditions météorologiques plutôt molles qui règnent sur cette région du Brésil ne va pas faciliter les choix de Fabrice Amédéo et Éric Péron face à Louis Burton et Romain Attanasio !

L’écart sur la ligne d’arrivée risque fort de se compter en minutes, voire en secondes… Car les deux monocoques IMOCA sont attendus vers 19h00 (heure française) soit en pleine après-midi brésilienne, ce qui devrait rendre l’atterrissage plus aisé de jour avec une brise certes faible mais stable jusqu’à la nuit. Enfin, à vitesse réduite dans les petits airs, Arkema devait parer le Cabo Frio en soirée et filait sur l’arrivée distante de 500 milles : le troisième Multi50 est donc attendu ce week-end à Itajaí, un soulagement pour Lalou Roucayrol et César Dohy après leur avarie de coque centrale, réparée succinctement à Salvador de Bahia…

Arrivées à Itajaí

Catégorie Ultime

1-MACIF (François Gabart & Pascal Bidégorry) en 12j 17h 29’ 27’’ (20,75 nœuds de moyenne sur l’eau)
2-Sodebo Ultim’ (Thomas Coville & Jean-Luc Nélias) en 13j 00h 47’ 38’’ (20,51 nœuds de moyenne) à 7h 18’ 11’’ du premier

Classe Multi-50

1-FenêtréA-Prysmian (Erwan Le Roux & Giancarlo Pedote) en 16j 22h 29’ 13’’ (15,06 nœuds de moyenne sur l’eau)
2-Ciela Village (Thierry Bouvard & Oliver Krauss) en 17j 17h 44’ 51’’ (15,03 nœuds) à 19h 15’ 38’’ du premier.

IMOCA

1-PRB (Vincent Riou & Sébastien Col) en 17j 00h 22’ 24’’ (14,78 nœuds de moyenne sur l’eau)
2-Banque Populaire VIII (Armel Le Cléac’h & Erwan Tabarly) en 17j 08h 29’ 09’’ (14,69 nœuds de moyenne) à 8h 06’ 45’’ du premier
3-Quéguiner-Leucémie Espoir (Yann Eliès & Charlie Dalin) en 17j 10h 01’ 23’’ (14,49 nœuds de moyenne) à 9h 38’ 59’’ du premier
4-Le Souffle du Nord (Thomas Ruyant & Adrien Hardy) en 18j 01h 27’ 45’’ (13,9 nœuds de moyenne) à 1j 01h 05’ 21’’ du premier
5-Initiatives Cœur (Tanguy de Lamotte & Samantha Davies) en
6-MACSF (Bertrand de Broc & Marc Guilemot) en 18j 22h 10’ 05’’ (13,22 nœuds de moyenne) à 1j 21h 47’ 41’’ du premier
7-Comme un seul homme (Éric Bellion & Sam Goodchild) en 19j 02h 15’ 34’’ (13,35 nœuds de moyenne) à 2j 01h 53’ 10’’ du premier

Ils ont dit…

Bertrand de Broc, skipper de MACSF (IMOCA 60) :

« Marc plus ça brasse, plus il aime être devant ! C’était des conditions toniques. Depuis 2012 que je navigue sur ce bateau, le Vendée Globe, la Transat Jacques Vabre il y a deux ans, on ne l’a jamais mené aussi violemment. Le virement de bord dans 3 m creux à 18 nœuds de vitesse là dedans, c’est chaud ! C’est la deuxième dépression qui était dure. On a pensé aux autres, aux trimarans de 50 pieds, aux Class40. Ce bateau est un bon coffre fort. J’ai fait des chutes, j’ai volé à l’intérieur, le réchaud se baladait, il n’y avait pas moyen de s’assoir devant l’ordinateur. C’était rock’n roll. »

Marc Guillemot, co-skipper de MACSF (IMOCA 60) :

« Je n‘ai jamais été trempé comme ça. On a été tout le temps dans la flotte ! On a eu tous les jours au moins deux occasions par jour de pousser la barre et de rentrer à la maison. Cela a commencé par les antennes, après les latchings de voiles d‘avant qui ont lâché dans la brise. Il y avait tout ce qui fallait pour rentrer. On n’avait plus de météo, plus moyens de communiquer, pas de classements. On s’est dit : on ira jusqu’au bout. On a navigué à l’ancienne, il ne manquait que le sextant ça aurait été parfait ! Mais ça fait du bien de se rappeler comment il faut se faire mal pour aller jusqu’au bout, ça fait du bien ! On s’était dit si on arrive dans les dix, c’est pas mal. »

Lalou Roucayrol, skipper d’Arkema (Multi50) :

« Nous n’avons pas beaucoup de vent mais hier nous avons fait une belle journée. On va batailler pour passer Cabo Frio, nous avons une bulle anticyclonique devant nous : on va avoir une zone de pétole, ça va revenir dans la soirée, on devrait retrouver notre flux de nord-est nous permettant d’arriver à Itajaí. Tous les routages nous pointent sur une ETA pour dimanche après-midi même si on peut être plus rapide dans le flux de nord-est. Pour l’instant nous n’avons pas de fuite, nous en avons profité pour faire de la bouffe à Salvador, on trouve notre rythme avec César. Nous sommes passés sous code 0 tout à l’heure, ça s’enchaine bien. Nous avons le potentiel pour faire mieux que ça mais c’est trop tôt pour tirer un bilan. »

Christophe Lebas, co-skipper de Carac Advanced Energies (Class40) :

« L’alizé est bien établi, il fait beau, nous ne sommes pas à notre allure favorite, nous n’avons pas l’usage des voiles que l’on voudrait mais le vent va tourner bientôt mais tout va bien. Il y a dix jours, nous avons cassé notre génois en deux, on l’a ensuite recassé et là on a réparé, il reste dans la soute pour l’instant car on veut le garder au cas où nous en avons vraiment besoin. Depuis plus de 48h, nous sommes sous toilés, du coup nous allons un peu moins vite que les autres, nous perdons un peu sur les premiers. »

Eric Peron, co-skipper, Newrest/Matmut (IMOCA) :

« Nous sommes pressés d’arriver, c’est la dernière ligne droite, nous avons 17 nœuds de vent, nous sommes à vue avec Bureau vallée qui est sous notre vent. Nous n’avons pas les mêmes voiles donc pas les mêmes compromis de vitesse : c’est un pari, nous allons voir ce que ça va donner, nous sommes très proches. C’est un match racing qui dure depuis quelques jours, on est dans le dernier sprint final vers Itajaí, ça va se jouer sur rien du tout. Pour l’instant, les fichiers ne s’accordent pas avec ce qui se passe sur l’eau. Nous sommes en forme, mais un peu fatigués des deux dernières nuits qui ont été éprouvantes avec les manœuvres. On va être content d’arriver, c’est notre première transat en double en IMOCA. Le dernier routage nous donne une arrivée vers 16h30 TU. »

Source

Soazig Guého

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