Choix cornéliens avant le grand saut

Un vent soutenu, les marques qu’il faut reprendre à bord après trois semaines d’escale, une mer désordonnée, les conditions étaient propices à quelques petits bobos sur la flotte. Plusieurs des solitaires ont d’ores et déjà envisagé un arrêt au stand. Favoris comme candidats à l’aventure, tous ne réagissent pas de manière identique : l’essentiel est une question de mental couplé aux ambitions que chacun a pour cette course.

C’est une sorte de loi récurrente : pour peu que les conditions soient un petit peu musclées, chaque départ de course (ou d’étape pour la Mini Transat îles de Guadeloupe) se solde par des petits bobos. Autant quand on est au milieu de l’Atlantique, la question du choix ne se pose plus, autant la donne change quand une escale à terre devient possible. Premier des concurrents à revenir au port Frédéric de Mesel (Double Trouble) est retourné à Arrecife en plein doute sur l’intérêt de continuer après avoir cassé un de ses safrans. L’énergie de ses proches, l’investissement des copains restés à Lanzarote l’ont convaincu de repartir avec un moral tout neuf.

Arrêts programmés… ou non

D’autres se sont déroutés sur Fuerteventura tel Davy Beaudart (Flexirub), victime de la déchirure de son spi médium et Nacho Postigo (Vamos Vamos), safran cassé. Pour Davy, c’est un coup dur. Le navigateur lorientais avait de vraies ambitions après sa première étape parfaitement maitrisée. Il va devoir, dès qu’il pourra repartir, se mettre dans la peau du chasseur qui ne lâche rien… Nacho Postigo faisait lui, contre mauvaise fortune bon cœur. Les galères successives qu’il rencontre depuis le début de cette course l’ont rendu un brin philosophe. Les deux annonceront dans les heures à venir leurs intentions à la direction de course.

Pour certains la scoumoune s’acharne. Maxime Eveillard (Héli Strategy) a déchiré sa grand-voile dès la première nuit et compte faire escale dans une des îles canariennes. Yann Claverie (MAP Product) fait lui aussi route sur Gran Canaria. D’autres ont choisi de ne pas se laisser abattre par les événements et ont décidé de faire route malgré tout, même handicapés. Roland Ventura (Fondation Planiol, malgré un vis-de-mulet en vrac et son code 5 déchiré a choisi de continuer sa route. Il aura l’Atlantique pour réparer. C’est aussi ce qu’a décidé Pierre-Marie Bazin (Voiles des Anges) : barre de liaison cassée, aérien hors d’usage, barre franche endommagée, il a décidé de continuer en mode convoyage. Quand on est porteur d’un projet humanitaire aussi fort que le sien, il est une sorte de devoir moral de ne pas baisser les bras.

Bagarre de chiffonniers sur la route sud

En tête de course, les leaders continuent de pousser fort le long des côtes mauritaniennes. Le vent a un petit peu molli et les moyennes de début de nuit s’en ressentent. On est plus proches des 10 nœuds que des 15-16 qui prévalaient au départ. Sur une route sud, Benoît Hantzperg (YCA Dhumeaux Secours Populaire) mène toujours la danse, alors que quelques coureurs semblent déjà infléchir leur route pour longer l’orthodromie à l’instar d’Olivier Taillard (Alternative Sailing – Kerhis) ou le Russe Yuri Firsov (Magnum Sports) qui s’immisce sur le podium des bateaux de série.

En prototype, c’est une bagarre au couteau entre Clément Bouyssou (Le Bon Agent – Bougeons l’Immobilier), Frédéric Denis (Nautipark), Simon Koster (Eight Cube), Ludovic Méchin (Microvitae) et Luke Berry (Association Rêves). L’arrêt au stand de Davy Beaudart aiguise forcément les appétits.

Après les 20-25 nœuds de la nuit, l’alizé est redescendu à 12 nœuds, accompagné d’un grand soleil. Des conditions de rêve, comme on les lit dans les récits de voyage… Visiblement, la Mini Transat îles de Guadeloupe n’a pas finir d’offrir des rêves à ses prétendants.

Source

Mini Transat / Cécile Gutierrez

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