Le premier vrai test match avant le Vendée Globe

08-2015, OUTSIDE, LORIENT, FRANCE, IMOCA, MONO, OCEAN MASTERS, SEB JOSSE, SEBASTIEN JOSSE, GITANA TEAM, MONO 6O EDMOND DE ROTSCHILD, HELI, GITANA 16, CHARLES CAUDRELIER

© Thierry Martinez

Rendez-vous de l’année en IMOCA, la Transat Jacques Vabre s’élance ce dimanche du Havre. Dans cette catégorie vingt bateaux sont en lice, dont la moitié nourrit des espoirs de victoire ! A un peu plus d’un an du Vendée Globe, la confrontation sera intéressante à plus d’un titre. Voici les forces en présence.

Six bateaux neufs dont 5 « foilers »

Comme souvent sur ce genre d’épreuve, il y aura plusieurs courses dans la course : entre les bateaux neufs sortis des chantiers évidemment, mais aussi entre ces derniers et ceux d’avant-dernière génération à dérives droites. Sans oublier ceux qui viennent d’abord chercher l’aventure… ou leur qualification pour le Vendée Globe !

Le premier intérêt de la Transat Jacques Vabre sera évidemment de faire éclater au grand jour les performances des toutes nouvelles machines, plans VPLP-Verdier à foils. Autrement dit les bateaux à « appendices porteurs » ou « dérives courbes », par opposition aux IMOCA à dérives droites des générations précédentes. Pas moins de six bateaux neufs sont au départ et, à l’exception du Spirit of Hungary du Hongrois Nandor Fa, tous sont dotés de ces nouveaux appendices. Et tous ont hâte de tester grandeur nature leurs performances, supposées redoutables au vent portant et un peu moins au près dans le vent faible. Dans cette catégorie, tous joueront la gagne avec de très forts arguments. Aux entraînements, le Banque Populaire VIII d’Armel Le Cléac’h et Erwan Tabarly et le Groupe Edmond de Rothschild de Sébastien Josse et Charles Caudrelier semblaient les plus en pointe. Le nouveau Safran de Morgan Lagravière et Nicolas Lunven a beaucoup progressé en mise au point. Et si on n’a pas assez de recul pour juger du potentiel du Saint-Michel-Virbac de Jean-Pierre Dick et Fabien Delahaye, si on ne connaît pas encore grand chose du nouvel Hugo Boss d’Alex Thomson, tous ces bateaux-là ont un dénominateur commun évident : ils ont tous été conçu pour que leur skipper gagne le Vendée Globe 2016 ! A suivre de très près donc, même si Armel Le Cléac’h et quelques uns de ses collègues pensent en substance que “les bateaux d’avant-dernière génération, plus fiabilisés, sont les vrais favoris», alors que les nouveaux foilers ont certes beaucoup de potentiel mais n’en sont qu’au début de leur mises au point. Nous verrons…

Grands espoirs pour les « dérives droites »

Du côté des bateaux ayant participé au Vendée Globe 2012 – tous équipés de dérives droites, technologie qu’on connaît bien maintenant – on semble être au maximum de son potentiel… et celui-ci est élevé. Ces machines ont d’ailleurs trusté la plupart des courses en cette année 2015, ne laissant que de rares places sur les podiums aux nouveaux bateaux. Parmi eux, quatre bateaux font référence avec peut-être un léger avantage pour les deux premiers cités. Il s’agit du PRB de Vincent Riou et Sébastien Col et du SMA de Paul Meilhat et Michel Desjoyeaux… qui n’est autre que l’ancien Macif de François Gabart, tenant du record du Vendée Globe. Là encore, la qualité des marins est à son top, celle des machines également. Mais ne pas oublier que Jérémie Beyou, associé à Philippe Legros, est dans le coup lui aussi. Tout comme Yann Eliès et Charlie Dalin à bord de Groupe Queguiner. « On verra bien si c’est du temps pour les foils ou pour nous », résume sobrement Yann Eliès. Nous reviendrons d’ailleurs plus précisément sur le sujet prochainement dans ces colonnes.

Surprise pas exclue ?

Rien qu’avec ces deux premières catégories, on s’aperçoit qu’on a déjà cité la moitié de la flotte… Et peut-être commis quelques oublis. Souvenons nous de la dernière Route du Rhum ou personne n’attendait un Armel Tripon en 4e position. Sur le même bateau rebaptisé « Le Souffle du Nord », Thomas Ruyant et Adrien Hardy ont peut-être une carte à jouer. Mais c’est le cas de beaucoup d’autres marins, dont une belle poignée de héros du Vendée Globe : Arnaud Boissières (associé à Stan Maslard sur Le Bateau des Métiers), Kito de Pavant (avec Yann Régniau sur Bastide-Otio), Marc Guillemot et Bertrand de Broc sur MACSF. C’est le cas également de Tanguy de Lamotte et Samantha Davies sur Initiatives Cœur ou encore de Louis Burton associé à Romain Attanasio sur Bureau Vallée. Tous savent qu’ils n’ont pas de réelle pression de résultat parce que pas vraiment favoris… mais il ne faut surtout pas les oublier. Alex Thomson sur le dernier Vendée Globe et Armel Tripon sur le dernier Rhum ont montré la voie : on peut réussir des choses extraordinaires avec un bateau dit « ancien ». D’autant que côté marin, « il y a du niveau », comme on dit.

Marins : beaucoup de beau monde !

Faisons les comptes : sur les 40 marins au départ en IMOCA, 19 ont participé au Vendée Globe ou s’aligneront sur le prochain… et quelques uns appartiennent à ces deux catégories à la fois ! Le retour de la Britannique Sam Davies sur un IMOCA est déjà un petit événement, par exemple. Le fait de voir les deux cousins germains Marc Guillemot et Bertrand de Broc naviguer ensemble comme du temps de leur prime jeunesse en est un autre. La transmission de savoir-faire de Michel Desjoyeaux auprès de Paul Meilhat un troisième, etc…

A un an de l’échéance des Sables d’Olonne, on jettera aussi un œil tout particulier sur les futurs « bizuths » (débutants) du tour du monde en solitaire : Eric Bellion (Comme un seul homme), Nicolas Boidevézi (adopteunskipper.net), Fabrice Amedeo (Newrest-Matmut) vont vivre leur baptême du feu. En un mot comme en cent, il y a de multiples façons de s’intéresser à cette transat en double à destination du Brésil. Et aucun de ceux qui s’aligneront au départ du Vendée Globe 2016 n’oublieront une chose importante : le parcours ressemble à s’y méprendre aux premières semaines du tour du monde. Au-delà du résultat, au-delà du fait que la course est qualificative pour le Vendée Globe, il y a beaucoup d’infos et de notes à prendre sur cette course. Avec une idée derrière la tête, partagée par tous : être le plus performant et le mieux préparé possible pour être au top dans un an. Quand il faudra quitter les quais de La Chaume pour s’en aller voir si la terre est ronde.

Source

Agence Mer & Media.

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Texte

Bruno Ménard

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