Une 13e édition de la chance pour Gery Trentesaux

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Géry Trentesaux et son JPK 10.80 Courrier Du Leon ont été confirmés vainqueurs de la Rolex Fastnet Race 2015 par le Royal Ocean Racing Club. Pour cette performance, l’équipe recevra le Trophée du Fastnet Challenge lors de la remise des prix de ce soir, un double événement puisque le 90e anniversaire de la course au large phare du RORC sera également célébré à cette occasion.

La performance du Français, dont c’était la 13e tentative sur la Rolex Fastnet Race depuis sa toute première participation en 1977, a été exceptionnelle, battant le second, un autre JPK 10.80 qui est aussi son sistership, Dream Pearls d’Arnaud Delamare et Eric Mordret, de 2 heures et 20 minutes. Et ceci bien qu’ayant volé le départ lors du coup d’envoi dans la pétole, et où il aura fallu 40 minutes à Courrier Du Leon pour repartir.

Courrier Du Leon concourrait en IRC 3, mais il est parvenu à vaincre tous les IRC 2 sur le plan d’eau en arrivant à Plymouth.

Géry Trentesaux est personnellement un inconditionnel de la course au large, qui a conduit une équipe Française à la victoire sur la Commodore’s Cup en 2006, et qui a aussi fait partie de l’équipe Française victorieuse de l’Admiral’s Cup en 1991. Mais c’est un marin polyvalent, puisqu’il a participé à la Route du Rhum en solitaire en 2006, et qu’il court régulièrement sur des régates en monotypes. Il possède actuellement un J80 et un trimaran Diam 24.

La course

Courrier Du Leon n’a pas fait un départ idéal, comme l’explique Géry Trentesaux : « C’était stupide, car nous étions de l’autre côté de la ligne huit minutes avant le départ, et nous avons vu que le vent était plus favorable au large de l’île, alors nous avons mis le moteur, mais nous n’avons pas vu à quel point la marée nous poussait rapidement vers l’Ouest. Nous étions à 100m sur la droite de la ligne, mais nous n’avons pas pu ralentir. J’étais furieux, mais je ne l’ai pas montré…! »

Sans vent et avec une marée descendante en mouvement rapide, il aura fallu 40 minutes à Courrier Du Leon pour aller reprendre le départ, et recouper la ligne 15 secondes avant le départ des IRC 1. Malgré cela, au moment où ce dernier sortait du Solent, Courrier Du Leon avait déjà remonté un tiers de son retard sur les 90 bateaux de la flotte des IRC 3.

En théorie, ce revers aurait pu être assez dévastateur pour leur course, et particulièrement parce que leur déficit aurait été amplifié alors qu’ils naviguaient contre la marée au large de Portland. « C’était très important d’être dans la tête de la flotte », explique Géry Trentesaux, « et nous avons perdu sept milles sur Philosophie IV » (le First 40.7 de Nicolas Gaumont-Prat).

Courrier du Leon s’est presque fait entrainer à l’extrémité Est du Dispositif de Séparation du Trafic des Casquets, aux côtés de plusieurs autres bateaux, dont Dream Pearls.

Au niveau de Start Point, Courrier Du Leon pointait à la 7e position en IRC 3. Avec l’inversion de la marée, la flotte s’est ensuite divisée en deux groupes : le premier emmené par Dunkerque Plaisance-Gill Racing Team et Dream Pearls vers la côte, et le second, emmené par les puissants Britanniques Stuart Childerley et Kelvin Rawlings à bord de Jester, vers le large.

Afin de prendre le meilleur vent, Courrier Du Leon était le bateau le plus au large de la flotte des bateaux restés près de la côte pour la portion suivante de la course le long des Cornouailles jusqu’au Cap Lizard. Et les bateaux près de la côte ont pris l’avantage sur ceux qui étaient au large. Alors qu’il passait le Cap Lizard à 22h40 lundi soir, Courrier Du Leon a finalement dépassé Dream Pearls et Jai Alai, le J/109 d’Alain Bornet, et pris la tête des IRC 3.

Au Dispositif de Séparation du Trafic de Land’s End, Courrier Du Leon a mené la charge jusqu’à son côté Ouest juste devant Dream Pearls. Après un court hiatus au Nord des îles Scilly, Courrier Du Leon était le premier à entrer dans la brise de Sud-Ouest et à partir de là Géry Trentesaux explique que leur vitesse a été bonne, et qu’ils ont été les premiers à hisser leur petit spinnaker, grâce à quoi ils ont creusé sur leurs poursuivants.

« Nous filions parfois à 17 nœuds sous spi », raconte Géry Trentesaux. « Codiam, (le Grand Soleil 43 de Jean-Claude Nicoleau), était à un mille devant nous avant que nous ne passions sous spi, et nous avons repris cinq milles sur eux. »

Courrier De Leon a enroulé le rocher du Fastnet à 05h31min56sec mercredi, 1 heure et 34 minutes avant Dream Pearls. Puis à partir de là, Courrier Du Leon n’a fait qu’accroître son avance.

Après que sa victoire ait été confirmée par le RORC, Géry Trentesaux a déclaré qu’il était enchanté, et ce dernier a reçu de nombreux messages de félicitations.

Quant à savoir pourquoi il a gagné, une des raisons est attribuée à son équipage exceptionnel de six personnes avec qui il navigue : Aubry Arnaud, Antoine Carpentier, Jean-Louis Couedel, François Lamiot, Pierre Ghewy et Jean-Pierre Nicol. Géry Trentesaux navigue avec François Lamiot depuis qu’ils ont été ensemble dans la classe Figaro au milieu des années 80. Cinq des membres de l’équipage ont navigué ensemble régulièrement depuis qu’ils ont concouru dans la Rolex Fastnet Race en 1999. Jean-Pierre Nicol est un des meilleurs marins de Figaro en France.

« Je pense que nous sommes très durs à bord », déclare Géry Trentesaux. « Si je leur demande de hisser le spi, et que nous le descendons cinq minutes après, pour le remonter cinq minutes plus tard, il n’y a pas de question… »

Il y avait quatre barreurs dans l’équipage : Géry Trentesaux barre au près et dans le vent fort, et François Lamiot dans le vent léger. Il n’y a pas de système de quart, et s’il y a du vent, tout le monde dort au rappel.

Leur JPK 10.80 est un bateau de travail fourni par le constructeur, JPK Composites, basé près de Lorient, en France. Le bateau, dernier né de JPK, avec une coque puissante, est suffisamment léger pour que déplacer l’équipage vers l’avant dans des conditions légères ait fait une différence dans cette course.

Géry Trentesaux déclare qu’il s’agit de sa dernière Rolex Fastnet Race. Il dit aussi qu’il aime changer et que l’année prochaine il se concentrera sur la régate en monotype. Il n’exclut cependant pas un retour à la course au large.

Michael Boyd, Commodore du Royal Ocean Racing Club, a quant à lui déclaré au sujet du vainqueur de cette année :

« Géry est un vainqueur fantastique. C’est d’abord un homme adorable, et il soutient le RORC depuis des années. Son bateau était celui qu’il fallait suivre tout l’été. »
« C’est un résultat extraordinaire, gagner de deux heures et demi est juste formidable. Courrier Du Leon est un bateau exceptionnel et il a généré beaucoup d’intérêt. »

Source

Royal Ocean Racing Club

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