Qui peut remporte la Fastnet ?

© Rolex / Carlo Borlenghi

Le vainqueur de la Rolex Fastnet sera-t-il un gros bateau ? un petit ? ou peut être entre les deux ? Avec une flotte record de 335 inscrits pour la course, la question « qui sera le vainqueur de la Rolex Fastnet Race 2015 » avec handicap reste très difficile à trancher.

Comme toujours, la course en temps compensé sera régie par la règle IRC, qui a pour but cette année d’égaliser les chances pour une flotte très diversifiée et allant du 100 pieds « Comanche » de Jim Clark et Kristy Hinze Clark, un plan VPLP-Verdier (avec un coefficient IRC TCC de 1,975), au modeste Contessa 32 « Hurrying Angel 4 » de Lucinda Allaway (TCC de 0,872) ; des bêtes de course en carbone à la pointe de la technologie, tel que le nouveau Mini Maxi IRC 72 Momo, au Classique de Matt Brooks, Dorade, le 52 pieds qui remporta la Fastnet Race en 1931 et en 1933 sous la houlette du jeune skipper-designer Olin Stephens. Et l’on trouve ente les deux tous les types imaginables de bateaux de croisière, de course-croisière, aux machines pensées pour la performance.

Le vainqueur sera partiellement déterminé par la météo. Si le départ de la course se fait dans des conditions musclées avec un final dans du vent plus léger, alors ce sera typiquement une course pour les « gros bateaux ». Si c’est l’inverse qui se produit, alors ce sera une course pour les « petits bateaux », comme cela a été le cas en 2005, lorsque l’un des plus petits bateaux de la course, mais aussi un des plus lents, le Nicholson 33 de Jean-Yves Chateau, Iromiguy, a remporté la victoire et le Trophée du Challenge du Fastnet.

Peu importe le bateau qui gagnera, la règle IRC vise à s’assurer que ce sera l’un des bateaux les mieux menés de la flotte.

Comme à son habitude, la Rolex Fastnet Race accueille parmi les meilleures équipes du monde. Tandis que le Ran II de Niklas Zennström, qui a remporté la course en 2009 et 2011, ne concourra pas, la course sera disputée par deux bateaux similaires de Judel Vrolijk, MOMO, le nouveau Maxi 72 pieds de l’Allemand Dieter Schön, ainsi que par un bateau qui a beaucoup voyagé, Bella Mente de l’Américain Hap Fauth. Vainqueur de la régate du RORC, la Carribean 600, au printemps dernier, Bella Mente a été équipé d’un aileron plus profond, et on retrouve dans son équipage le célèbre marin anglais Adrian Stead, qui était une pièce maîtresse de la cellule arrière de Ran lors de sa victoire.

« Nous avons de bonnes chances de gagner avec Bella Mente », commente Adrian Stead. « Mais je crois que n’importe qui qui navigue bien, qui soit bien préparé avec un bateau optimisé, a toujours une chance dans la Fastnet. »

Dans le groupe des bateaux à quille pendulaire, on retrouve des candidats sérieux, dont le nouveau Rambler 88 de George David, ou encore le Mascalzone Latino de Vincenzo Onorato, l’un des deux Cookson 50 à quille pendulaire, un plan qui a déjà gagné la course auparavant, et un vainqueur de courses au large qui a fait ses preuves, ainsi que quelques IRC optimisés, les Open (IMOCA) 60, qui étant donné les bonnes conditions, pourraient bien bousculer l’ordre des choses.

On retrouvera sur les talons des Maxi 72 pieds le Reichel-Pugh 63 de Bryon Ehrhart, Lucky, récent vainqueur de la Transat (et vainqueur de la Rolex Sydney Hobart en 2011 alors qu’il courrait sous le nom de Loki pour Stephen Ainsworth). Autour des 50 pieds, la compétition la plus chaude aura lieu entre l’ancien vainqueur Allemand de l’Admiral’s Cup, Tilmar Hansen, à bord de son Elliott 52, Outsider, mais aussi le TP52 de Peter Harrison, Sorcha, le légendaire Ker 51, Tonnerre 4, de Piet Vroon, et enfin le nouveau Carkeek 47, Black Pearl, de l’Allemand Stefan Jentzsch.

Ces dernières années, la France a dominé les classes en dessous des 40 pieds autant que le classement général. Eric Tabarly, premier vainqueur Français de la compétition à bord de Pen Duick III en 1967, aurait été fier du résultat de l’année 2013, alors que 13 des 16 premiers bateaux étaient originaires de son côté de La Manche. La course a été remportée d’emblée par un équipage en double composé de Pascal et Alexis Loison, père et fils. Et même encore deux ans plus tard, dans une course qui favorise théoriquement les « gros » bateaux, la moitié des 22 premiers bateaux étaient toujours Français.

Et cette situation perdure en 2015. Ce sont actuellement des bateaux Français qui occupent les trois premières places du Championnat du RORC cette saison en terme de points, tous promis au succès cette année, et il est intéressant de noter qu’ils viennent tous du constructeur Français JPK.

Le leader au général est le JPK 1010 Raging Bee de Louis-Marie Dussere, sistership du bateau vainqueur des Loison en 2013, Night & Day. Dussere est plutôt nouveau dans la voile, un sport qui a pris le pas sur le windsurfing, qui était son sport de prédilection il y a six ans. Il régate à bord de Raging Bee depuis 2013.

Dans la préparation pour la Fastnet Race, il y a également des choix à faire quant aux équipements, qui sont faits spécialement pour la course, comme l’explique Dussere, et en particulier l’utilisation de spis symétriques ou asymétriques (ou les deux) : « dans les cinq dernières Fastnet, il n’y en a en eu qu’une où les conditions ont été bonnes pour les spis asymétriques. S’il y a un vent de Nord-Ouest qui vient du rocher du Fastnet, ou sinon un vent d’Ouest qui va des îles de la Sicile à Plymouth, alors c’est bon pour les spis symétriques. »

Parmi les Français, Dussere évalue les Loison, qui reviennent cette année encore à bord de leur JPK 1010 Night & Day, ainsi que le vétéran Géry Trentesaux, qui concourra à bord du dernier modèle de la gamme JPK, le 1080, « Courrier Du Leon ». Et comme le décrit Dussere : après le 1010 je ne pensais pas qu’ils pourraient créer un bateau encore meilleur, mais le 1080 est meilleur. »

Trentesaux a remporté la Rolex Fastnet dans sa classe pas moins de trois fois, et il a terminé 4e au général en 2013. Mais cette saison il a eu le plus extraordinaire des taux de réussite, dont des victoires sur le Cervantes Trophy, celui du Mythe de Malham et la Coupe De Guingand.

Si les dieux du vent sont avec lui, personne ne parierait contre Trentesaux.

Source

Royal Ocean Racing Club

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