A quelques heures du dénouement…

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© Alexis Courcoux

A moins de 40 milles de la cardinale Est, Basse Jaune de Glénan, la flotte de la 46e édition de La Solitaire du Figaro – Eric Bompard cachemire navigue sous spi poussée par 16-17 de vent de sud-ouest. Des conditions optimales pour engranger les milles à bonne vitesse. En tête depuis hier matin, Sébastien Simon (Bretagne – Crédit Mutuel Espoir) impressionne par sa régularité. Il devance de 1,5 mille ses plus sérieux adversaires. A moins que la météo joue un coup de Traflagar en approche de l’arrivée, rien ne semble arrêter le skipper de 24 ans, dont c’est seulement la deuxième participation à La Solitaire !

« Ce n’est pas évident de les avoir derrière moi. Ils ont énormément d’expérience, ils vont vite et, à la moindre erreur, ils peuvent passer devant. » confiait ce midi Sébastien Simon, un tantinet stressé d’ouvrir la voie vers l’arrivée, devant des marins ultra expérimentés. N’empêche, la fougue de ce jeune figariste d’origine sablaise, formé au 420 et au J80, démontre, s’il le fallait, que sur La Solitaire tout est possible… Garder dans son tableau arrière une meute de navigateurs enragés durant plus de 30 heures relève déjà d’une sacrée performance.

Un duel au soleil… aux couteaux

Derrière Bretagne – Crédit Mutuel Espoir se livre un duel sans merci pour la deuxième place de cette deuxième étape partie de la Corogne mercredi dernier à 13h. Xavier Macaire (Skipper Hérault) et Yann Eliès (Groupe Quéguiner – Leucémie Espoir) ne se lâchent plus depuis 24 heures, et en approche du final en Cornouaille, intensifient leur petits coups de trajectoires, de réglages fins. Xavier Macaire semble serein, mais ne cache pas qu’il travaille dur à contenir son camarade de jeu aux 16 participations à La Solitaire, autrement dit Yann Eliès, où l’homme qui à soif d’une troisième victoire sur cette épreuve. Cinq skippers se tiennent en moins de 3 milles et vont jouer le tout pour le tout jusqu’à la ligne d’arrivée mouillée devant Concarneau. Météo Consult prévoit une petite bascule du sud-ouest vers le sud. Au regard des écarts assez faibles, des choses pourraient bien encore se passer…

Près de 14 milles entre le premier et le dernier

Sophie Faguet (Région Basse Normandie) ferme la marche à très exactement 13,84 milles de Sébastien Simon. Un écart conséquent sur le papier, qui représenterait un peu plus de deux heures en temps. Ce qui est sûr, c’est qu’une partie de la flotte risque d’arriver groupée. Jugez plutôt : entre Alexis Loison (Groupe Fiva), en 6e position pour le moment, et Andrew Baker (Artemis 23) 17e, on ne compte que 2 milles !

La troisième étape déjà en ligne de mire…

Si l’arrivée de la deuxième étape demeure évidemment l’objectif premier de cet après-midi en mer, les marins pensent à l’après. Le départ de la troisième étape entre La Cornouaille et Torbay sera donné dimanche à 16 h devant Concarneau, autrement dit, il ne leur reste que très peu de temps pour réparer les diverses bricoles, faire l’avitaillement, dormir, se pencher sur les fichiers météo et préparer la navigation vers la riviera britannique. Tous ont donc engrangé des siestes aujourd’hui entre deux empannages. Ce qui est pris en sommeil, n’est plus à prendre !

Ils ont dit en mer :

Sébastien Simon (Bretagne-Crédit Mutuel Espoir) :

« Je suis un peu fatigué, mais c’est la dernière ligne droite, donc je ne lâche pas ! Il fait beau, je profite de ces derniers instants sur l’eau. Mais il y a quand même mes deux camarades derrière qui me tirent dans les pattes. C’est un endroit que je connais bien, mais je ne sais pas trop à quoi m’attendre parce que les conditions sont différentes de celles qu’on avait prévues. Cela ne m‘est pas arrivé souvent d’être leader, parce que je n’en suis qu’au commencement. Ma première position de leader, c’était sur la partie annulée, entre Sanxenxo et La Corogne. Ca m’a fait rire, hier, quand je me suis encore retrouvé en tête. Quand la nuit est tombée et qu’il a fallu faire des manœuvres et me positionner par rapport aux concurrents, j’ai commencé à avoir un peu la pression. J’essaie avant tout de faire ma route, mais ce n’est pas évident de les avoir derrière moi. Ils ont énormément d’expérience, ils vont vite et, à la moindre erreur, ils peuvent passer devant. J’essaie de rester dans ma bulle et de faire ma course. Il peut se passer des choses. On va arriver dans la soirée, le vent peut mollir. Il faut rester vigilant, ce n’est pas terminé. Je pense arriver à la première marque vers 21h30-22h et il restera 8 milles à faire. On sera vers 23 heures minuit à Concarneau ».

Henry Bomby (Rockfish) :

« On a le soleil, on fait 7 à 8 nœuds de vitesse, c’est très confortable à bord. Je suis très, très content. Je rêve d’une place sur le podium, mais j’ai Yann (Eliès) et Xavier (Macaire) qui sont devant moi. Ce n’est pas fini, mais ils vont très vite. C’est ma troisième année à Port-La-Forêt (au centre d’entraînement), je connais bien la baie. C’est plus confortable d’arriver dans une baie que je connais bien plutôt qu’à Sanxenxo que je ne connaissais pas avant. C’est super que beaucoup d’Anglais soient bien placés, il y a deux-trois bateaux anglais dans les dix premiers, je crois. L’idée pour moi au départ était de ne pas lâcher des skippers comme Jérémie Beyou ou Xavier Macaire. Chaque année, on voit que les Britanniques font de mieux en mieux, je ne pense pas qu’on gagnera demain La Solitaire, mais il y a énormément de progression, même du côté des rookies (les bizuths) qui se donnent à fond. »

Xavier Macaire (Skipper Hérault) :

« Le scénario pour rejoindre l’arrivée, c’est un bord de spi vers Concarneau. Pour l’instant on est bâbord amures, on s’attend à une petite rotation du vent pour se rapprocher des Glénan. J’ai Vincent (Biarnès) à ma gauche, Seb (Simon) à droite, et Yann (Eliès) juste derrière. Ces conditions sont plutôt agréables pour naviguer. Du soleil, sous spi, et la mer est plate. J’ai réussi à dormir la nuit dernière, je suis bien reposé. J’ai pas mal de sommeil d’avance, je suis prêt pour la fin de la course. Il faut surtout que je ne perde pas de place. Le but est de bien naviguer pour contenir les concurrents qui sont derrière et auront envie d’un podium à Concarneau. Rien n’est joué. Il peut se passer encore beaucoup de choses. Il faut rester concentré, bien naviguer jusqu’au bout et on verra la place à l’arrivée. Ça ne va pas être facile de contenir ceux de derrière. J’ai une quinzaine de bateaux à vue. C’est très joli d’ailleurs tous ces spis colorés de partout. Il va y avoir beaucoup de vitesse pure. On attend une bascule, mais ça reste de la théorie, il faudra voir en pratique. Peut-être que ça ne va pas être parfaitement du sud, peut-être du sud ouest. Ce sont toutes ces petites différences qui peuvent faire des différences tactiques. Depuis le début de l’étape je suis mentalement bien, en forme ».

Gildas Mahé (Qualiconfort – The Beautiful Watch) :

« Le vent mollit tout doucement mais il y en a encore, 13 nœuds environ. On ne fera pas route directe, il faudra sans doute faire des empannages. Il est prévu que le vent tourne à gauche dans la journée avec du sud. On espère y être dans la soirée. Cette nuit, il y avait suffisamment de vent pour que le bateau soit appuyé et qu’il marche bien sous pilote. Du coup, j’ai pas mal dormi, je suis en forme. L’objectif, c’est d’essayer de conserver ma place. Je ne joue plus trop les options, je joue le paquet avec lequel je suis. Tout le monde s’est à peu près reposé cette nuit et va être en forme pour attaquer le finish. Ça va être essentiellement du positionnement technique, il n’y a plus de grands coups à jouer, vu les écarts en latéral. Ça va être essentiellement du gagne petit. Dans la flotte, de nombreux concurrents connaissent bien la baie. Avec du vent de sud-ouest, il ne devrait pas y avoir beaucoup de choses à faire entre la jaune des Glénan et la ligne d’arrivée. J’espère juste que j’arriverai avant les autres, et que les concurrents de derrière seront un peu tanqués, ce qui ferait mes affaires ! »

Gwénolé Gahinet (Safran-Guy Cotten) :

« Je suis pas mal remonté, on est au portant, on a 10 nœuds de vent en ce moment. Ça avance encore pas trop mal. On attend une assez grosse rotation pour la fin de journée. Pour l’instant, on fait plutôt route vers la baie d’Audierne. Le vent va tourner à gauche, s’orienter vers le sud, on va empanner et à ce moment, on pourra faire route vers les Glénan. La question, c’est de savoir comment le vent va tourner. Il faut essayer de bien balayer tous les scénarios possibles, ça cogite en ce moment. J’ai eu pas mal de problèmes avec mes voiles d’avant au début et dans mon malheur j’ai quand même choisi la bonne option. Le groupe, qui est parti à l’est, a pris pas mal de retard. Je suis resté avec le groupe du milieu. C’était important de prendre cette option là. Pour ce qui est de ma remontée cette nuit, il y a eu pas mal de petits empannages et j’ai réussi à doubler quelques bateaux comme ça. Je vais essayer de continuer comme ça jusqu’à la ligne d’arrivée. Le début de course a vraiment été fatigant, mon génois qui a déralingué m’a pris pas mal d’énergie. Cette nuit, j’ai essayé de dormir et j’ai l’impression d’être frais pour le final, qui, je l’espère, ne va pas durer toute la nuit.»

Vincent Biarnès (Guyot Environnement) :

“Il reste 40 milles avant la Jaune de Glénan. Ca va assez vite, il y a 16-17 nœuds de vent, nous avançons à 8 nœuds. J’espère que cela va se maintenir comme ça jusqu’au bout et que l’on pourra arriver avant la nuit. Tout est encore possible, le troisième est 0,8 mille devant mon étrave, mais pour l’instant il ne font pas trop de bêtises. Xavier (Macaire) et Yann (Eliès) ne se lâchent pas d’une semelle, ils essayent de se démarquer en jouant des petits coups, c’est peut être là que je dois trouver une ouverture. Sébastien (Simon) a trop d’avance, il ne peut lui arriver quelque chose à moins qu’il se passe quelque chose au niveau du vent à l’arrivée. Je connais moins la zone de Concarneau par rapport à ceux qui s’entraînent là-bas, mais avec ce vent de sud-ouest qui vient de la mer, il n’y aura pas d’effet de site, et le courant sera faible. A moins qu’il y ait des orages, je ne vois pas un scénario qui chamboulerait tout. Je viens de me réveiller, je suis motivé, lucide, j’ai fais un bon empannage tout à l’heure qui m’a permis de regagner un peu. J’espère être aussi lucide ce soir en arrivant.”

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RivaCom

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