Fin de partie pour Dongfeng

2014-15, Dongfeng Race Team, Leg5, OBR, VOR, Volvo Ocean Race, onboard, Ushuaia, Eric Peron, suspended racing

© Yann Riou/Dongfeng Race Team/Volvo Ocean Race

C’est la mort dans l’âme que Dongfeng Race Team a annoncé son abandon pour l’étape numéro 5.
Jusqu’au bout, Charles Caudrelier et ses hommes ont espéré repartir en course mais ils ont du renoncer devant l’ampleur de la tâche. Il fallait non seulement remettre le bateau en état mais en plus traverser le canal de Beagle en sens inverse pour repartir de l’endroit où ils s’étaient arrêtés. Après ça, il fallait enrouler le Cap Horn et terminer l’étape sous voilure réduite, le tout en croisant les doigts pour rejoindre Itajaí dans des délais raisonnables. Devant ces contraintes en cascade, Caudrelier fait donc le choix de la raison. Abandonner est en effet le seul moyen pour remettre le bateau à 100 % de son potentiel avant l’étape numéro 6.

 C’est une course contre la montre. Nous devons être à Itajaí une semaine avant le départ de l’étape.”

« Nous courons après le temps » résume Charles Caudrelier qui vit, depuis le démâtage, avec un compte à rebours dans la tête. Il espère rejoindre le Brésil une semaine avant le départ pour Newport, programmé le 19 avril, afin de pouvoir installer et régler le nouveau mât. Le convoyage, qui se fera au moteur et à la voile, prendra de 10 à 12 jours. Dans le meilleur des cas, il arrivera donc au Brésil autour du 10 avril, soit 9 jours avant le départ mais, avant de partir, il faut remettre le bateau en état. Une barre de flèche s’est en effet brisée lors du démâtage. Il faut donc la remplacer ce qui n’est pas une mince affaire dans un endroit comme Ushuaia où les pièces et les matériaux sont si rares. Selon les dernières informations fournies par l’équipe technique, le bateau pourrait quitter le Chili dès ce soir ou demain. Le ballast avant sera utilisé pour stocker les 1 500 litres de gazole indispensables à ce long convoyage.

Le skipper, dans une vidéo envoyée ce matin témoigne de l’élan de solidarité dont l’équipage a bénéficié dans le port chilien. De nombreux Français sont en effet basés à Ushuaia et ils font leur possible pour aider leurs compatriotes. L’étape est donc terminée pour l’instant mais c’est l’aventure qui commence pour l’équipage. « Je ne vais pas dire que je suis heureux mais j’aime ce que l’on est en train de réaliser en ce moment » lâche Caudrelier, dans un sourire.

j’aime ce que l’on est en train de réaliser en ce moment.

Charles Caudrelier :

Nous avons décidé de nous retirer de l’étape car nous voulons être au départ de la prochaine étape et terminer la course. Si l’on veut être prêt, il nous faut quitter Ushuaia dès que possible et aller directement vers Itajaí en utilisant le moteur et la petite voile dont on dispose. C’est une course contre la montre. Nous devons être à Itajaí une semaine avant le départ de l’étape et il nous faut de 10 à 12 jours pour rejoindre le Brésil. Nous courons après le temps. Si nous avions terminé l’étape, nous aurions pris six points et nous en prendrons huit avec cet abandon. C’est une grosse différence pour le classement général. Nous nous concentrons pour être à 100 % de notre potentiel sur la prochaine étape et c’était le meilleur choix à faire. Nous sommes navrés d’être ici mais c’est depuis aujourd’hui une véritable aventure. C’est aussi ce que l’on cherche quand on va sur la Volvo Ocean Race. Je ne vais pas dire que je suis heureux mais j’aime ce que l’on est en train de réaliser en ce moment. Ça me rappelle ce qu’il s’est passé avec Groupama il y a 3 ans. Nous avions eu une aventure fantastique sur cette étape et tout s’est bien terminé. Nous pouvons peut-être espérer terminer aussi bien que Groupama !

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