Le bonheur de la transition

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Au large de Montevideo (capitale, principal port et plus grande ville d’Uruguay), l’équipage du Maxi Banque Populaire V négocie depuis quelques heures la fameuse zone de transition mise en évidence depuis quelques jours. Avec des vitesses moyennes nettement inférieures aux chronos enregistrés dans la dépression servant de comité d’accueil en Atlantique, Loïck Peyron et ses hommes mettent toutefois à profit cet affaiblissement momentané des conditions pour effectuer un grand ménage de la machine et apprécient à sa juste valeur le retour à des températures plus clémentes. Les bonheurs simples d’une navigation rythmée par les contrastes.

Elle avait fait ressentir aux marins de la Banque de la Voile ses prémices hier, la phase anticyclonique à négocier avant la chevauchée des alizés du Sud Est confirme sa présence. Ainsi, la vitesse moyenne a-t-elle sensiblement chuté donnant à chacun l’occasion d’une “respiration” avant la négociation du fameux front brésilien. A bord, tous s’étaient préparés à ce léger coup de frein dans la progression et prennent les choses avec philosophie, tirant de ce petit contretemps certains avantages non négligeables décrits par le menu par Jean-Baptiste Le Vaillant, chef de quart et responsable des voiles : ” Nous avons une petite phase de transition à passer, avec du petit temps pendant les 36 prochaines heures. Nous avançons à 15 nœuds pour le moment, à 120° du vent, sous gennaker. Le ménage est lancé sous la houlette de Xavier Revil et tout le monde s’y met. Ca va nous permettre de ranger, de sécher et de prendre des petites douches ! La température de l’eau est passée de 4° à 18°, on peut donc enfin commencer les douches à l’eau de mer et le petit rinçage à l’eau douce. Ca fait du bien, parce que ça fait une vingtaine de jours qu’on n’a pas pu être torse nu sur le pont. C’est la première journée où on peut tout ouvrir, faire sécher l’intérieur. On arrive à se déplacer à peu près partout sur le bateau tranquillement. On montera certainement dans le mât demain et on vérifie les voiles, on traque les points d’usure “.

Bientôt les alizés !

Encore 36 heures à ce régime donc, que les 900 milles d’avance sur le temps de référence permettent de prendre avec une relative sérénité, d’autant que derrière, le menu de fête semble se confirmer. Évoquée hier par Juan Vila, la suite de cette remontée vers Ouessant et l’épilogue de ce Trophée Jules Verne prennent en effet des allures de tableau idéal, pour le moment. Des alizés établis, un Pot au Noir peu actif – si tant est qu’une estimation précise de son évolution à moyen terme soit possible – et un retour dans l’hémisphère Sud entre le 30 et le 31 décembre… tous les voyants repassent au vert pour un Atlantique peut-être même plus favorable que pour la descente. Une confirmation donnée ce midi par Jean-Baptiste Le Vaillant : ” Nous avons 15 nœuds pour le moment et nous allons retrouver du vent en fin de journée. Puis ca va mollir encore un peu demain avant de retrouver les alizés par 25° Sud. Il n’y a pas de souci particulier avec ces alizés, que ce soit au Nord ou au Sud du Pot au Noir. Une fois passés ceux du Nord, on passera à l’extérieur de l’anticyclone des Açores, peut-être même très à l’Ouest, pour aller chercher les dépressions qui partent des Etats-Unis vers l’Europe “.

Tee-shirt et crème solaire…

Mais avant de se plonger plus en avant dans une navigation expresse sur le chemin de la maison, c’est dans les petites nouveautés qui font les grands changements du bord, que ce collectif au sein duquel toutes les individualités semblent s’épanouir, puise les bonheurs d’instants précieux : ” Je m’apprête à prendre mon quart. Je vais mettre de la crème solaire et barrer en tee-shirt. En 48 heures, il y a eu un changement radical de climat. Dès qu’on sort des 40èmes et qu’on rentre dans les 30èmes, ça va très très vite au niveau du changement de température. On en profite, c’est un peu notre Noël à nous ! Dans le petit temps, on est à 100%. Quatorze personnes dans un endroit aussi réduit que ça, il faut aimer ce qu’on fait et c’est le cas ! On prend un grand plaisir à naviguer sur ce bateau “.

Le record en chiffres

Temps de référence :

Groupama 3 (Franck Cammas) – 48 jours 7 heures 44 minutes 52 secondes

Avance/Retard à 16h00

865,7 milles d’avance par rapport au temps de référence

Les temps au Cap Horn

23 décembre 2011 – 7 Heures 50 Minutes 30 Secondes : Le Maxi Banque Populaire V passe le Cap Horn.
Vitesse moyenne sur le fond depuis le départ : 26,7 noeuds.
Avance sur le record au passage du Cap Horn : 535 milles

Temps de course depuis le départ : 32 Jours 07 heures 09 minutes 06 secondes

Temps de traversée du Pacifique : 10 jours 15 heures 7 minutes 15 secondes soit 1 jour 20 heures 59 minutes 15 secondes de plus que Orange II qui détient le record de ce tronçon en 8 jours 18 heures 8 minutes.

Record à battre

Pour devenir nouveau détenteur du record, le Maxi Banque Populaire V devra être de retour au plus tard lundi 9 janvier 2012 à 17 heures 15 minutes et 34 secondes (heure de Paris).

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