Le Taïwan Express

A chaque heure qui passe, Team Brunel et Team SCA gagnent 10 milles sur le reste de la flotte. Il y a seulement 24 heures, les « nordistes » accusaient un retard de plus de 100 milles mais tout indique que cet investissement n’avait rien de suicidaire.

A l’approche des Philippines, ces deux bateaux fermaient la marche et ont décidé de tenter leur chance près de Taiwan quand le gros de la flotte, Dongfeng Race Team en tête a pris la route la plus courte en longeant les côtes philippines. Ce matin, la situation tourne à l’avantage des « Taïwanais » qui profitent d’un vent beaucoup plus soutenu alors que les sudistes sont longtemps restés « empétolés ». Il reste encore près de 5 000 milles à parcourir avant Auckland mais à bord de Dongfeng, on commence à se mordre les doigts. « Team Brunel et SCA vont nous éclater » résume Erwan Israel. Charles Caudrelier, le skipper enrage : « C’est un manque de courage, nous nous sommes comportés comme des lemmings. » Les deux têtes pensantes du bateau franco-chinois avaient bien envisagé cette route nord mais ils ont privilégié la sécurité en restant au contact de leurs adversaires directs. Mark Turner, le patron du projet tweete même un routage annonçant la victoire de … Team Brunel dans 17 jours à Auckland.

Nous nous sommes comportés comme des lemmings

A bord d’Abu Dhabi Ocean Racing, compagnon d’infortune, on est moins catégorique. Avant le départ de Sanya, Walker avait prévu cette situation et promis « on aura peut-être l’impression d’avoir perdu la bataille sur le tracker pendant quelques jours mais en réalité, tout montre que ça va passer par le sud. » La prophétie de Walker est loin de s’être réalisée mais les sudistes vont mieux depuis quelques heures. Ils progressent maintenant à 13 nœuds environ. C’est toujours moins rapide que Team SCA et Brunel qui évoluent deux nœuds plus vite mais la situation parait plus équilibrée qu’il y a quelques heures.

Charles Caudrelier :

De très gros nuages ce soir pour marquer la transition entre deux vents opposes et une petite tornade passe à quelques metres de nous.
Cela s’est vu à la surface par des embruns qui volaient et dans le ciel par un tourbillon d’air.
On est pas passé loin. On en croise souvent en mer mais je n’ai aucune idée de ce que ça pourrait donner si elle nous passait dessus. Elles sont toutes petites et ne font que quelques mètres de diamètre et se déplacent très vite.
Je retourne au combat , nous sommes partis pour 8 jours de course de vitesse avec 3 de nos concurrents
Les deux autres ont choisi une route très nord qui semble être la bonne.
J’ai quelques regrets car je n’ai pas osé quitter la tête de la flotte pour le faire.
Pour gagner il faut savoir prendre des risques et j’ai été trop conservateur.
Erwan Israël, notre navigateur, était convaincu de cette option mais après trois étapes pendant lesquelles il ne fallait pas s’éloigner trop de la route directe je n’ai pas réussi à changer de mode et préféré rester avec le groupe.
Au moment de choisir, nous étions en tête et très bien placés. Dans ces cas là, il n’est jamais évident de partir à 90° de la route alors que personne ne semblait y aller autour de nous.
Les deux bateaux du nord en retrait derrière ont bien profité de leur invisibilité pour nous jouer un joli tour.
Maintenant le jeu est de finir premier du sud et nous verrons vite si les écarts entre sud et nord nous permettront de les rattraper.

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