Un mât aile pour Safran

© Christophe Launay

Fournisseur officiel de l’Imoca, l’entreprise Lorima fabrique tous les mâts des nouveaux monocoques de cette Classe. Ces espars1 sont construits à Lorient, au cœur même de la base des sous-marins. Le mât du nouveau Safran vient tout juste d’être terminé, après un mois et demi de travail de drapage, de cuisson sous pression et de peinture de finition…

Standardisé par la nouvelle jauge Imoca, actée au mois de décembre 2014, le mât des monocoques 60’ peut être de deux sortes : le mât « classique », à barres de flèches, fixe, et haubanage « normal » (comme celui du précédent Safran), et le mât aile tournant, avec gréement de type « thonier » (comme celui de Macif, vainqueur du dernier Vendée Globe). L’espar est alors tenu par des outriggers2 installés sur le pont, en pied de mât. C’est ce type-là que Morgan Lagravière a choisi pour le nouveau monocoque Safran : « Le mât aile avec outriggers a de nombreux avantages. Le plus important à mes yeux est qu’il favorise la propulsion, puisque l’espar a la forme d’une aile d’avion, ce qui augmente la performance. Le flux d’air est beaucoup moins perturbé qu’avec un mât classique. Je connais bien le principe, car c’est le même que sur les multicoques (Morgan navigue beaucoup en catamaran Formule 18, ndlr). Il y aussi plus de facilité de réglages, notamment grâce aux outriggers qui permettent d’extérioriser les voiles. L’inconvénient demeure la moins bonne tenue de l’étai (câble tenant le mât vers l’avant, ndlr), donc des performances un peu moins intéressantes au près. Mais sur un Vendée Globe ou une transat, nous faisons 80% de portant. »

Un autoclave géant pour cuir le tube de 27 mètres…

Les tissus en carbone pré imprégnés ont été posés dans un moule femelle ‘‘téfloné’’ selon le plan de drapage fournit par le calculateur. Une fois le moule fermé, l’immense tube de 27 m entre dans un four autoclave de 38 m de long par 1,80 m de large. La pression monte alors à 3,5 bars à 100°C pour évacuer la moindre bulle d’air. « La force de Lorima, c’est de maîtriser les matériaux composites, la cuisson pour gagner en poids (245 kg seulement pour 27 mètres pour le mât de Safran !), et produire les meilleures qualités mécaniques : rigidité et légèreté, mais également capacité à tenir face aux tensions engendrées par les voiles et les mouvements de la coque sur la mer. » souligne Vincent Marsaudon, responsable du chantier.

Des contrôles qualité draconiens

Avant de démarrer la construction du mât, chaque tissu, chaque pièce utilisée est marquée pour connaître sa provenance. « Il y a de nombreux contrôles qualité en amont de la fabrication, explique Vincent Marsaudon. Nous savons exactement, par exemple, de quel rouleau provient le tissu utilisé. Et une fois le mât terminé, plusieurs tests obligatoires ont été pratiqués. Le mât de Safran vient d’ailleurs d’être soumis à des contrôles par ultrasons et à des tests de flexion. » Cette semaine, le Safran Sailing Team a installé l’électricité dans le mât.

  1. Espar : Toute pièce d’une certaine longueur permettant d’envoyer ou de régler une voile comme le mât, le bout-dehors, la bôme, les outriggers, etc.
  2. Outrigger : désigne les deux espars faisant office de barres de flèche montées sur le pont d’un bateau.

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Mille & Une Vagues

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Mis à l'eau le: 10 février 2015

Matossé sous: 2016-17, Course au Large, IMOCA, Vendée Globe

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