Une mauvaise étape mais pas un drame

© Stefan Coppers/Team Brunel/Volvo Ocean Race

Après sa troisième place sur la première étape et sa victoire à Abu Dhabi, Team Brunel termine 5ème à Sanya. Le groupe mené par l’expérimenté Bouwe Bekking (7ème Volvo Ocean Race) compte bien faire oublier rapidement cette mauvaise manche.
Certains des équipiers du bateau hollandais sont partis se reposer en famille dans leur pays. Le Français du bord, Laurent Pagès, a quant à lui fait le choix de rester à Sanya pour recharger les batteries avant la quatrième étape. Il revient pour nous sur ce parcours entre Abu Dhabi et Sanya.

Au sujet de la fatigue physique après ces 23 jours de mer :

Ce sont des étapes longues. Pas tellement sur le plan de la distance puisque cela équivaut à peu près à deux transats en Atlantique Nord, mais c’est long car nous avons eu peu de vent. Sur un bateau, tu ne peux pas marcher. Dans les conditions que nous avons rencontrées, tu trépignes. Le corps humain n’est pas fait pour cela donc pour l’organisme, c’est un peu fatigant. En plus, c’était une étape chaude. Quand tu vas dormir, tu transpires énormément.Mais tout cela n’est pas insurmontable. Ca va, on récupère vite une fois à terre.

Et sur le plan psychologique ?

La fatigue est plutôt nerveuse en effet. C’est vrai pour tout le monde. Peut être un peu moins pour Dongfeng car ils sont assez vite partis par devant et ont eu des conditions plus favorables. Mais nous, derrière, nous avons été constamment au contact avec Team Alvimedica, Abu Dhabi Ocean Racing et MAPFRE. Dans ces conditions instables, l’attention doit être permanente. C’est assez usant. Psychologiquement, c’est difficile d’accepter que tu ne maitrises pas tout surtout quand tu es collé à la piste. Entre le Sri Lanka et Sumatra, on a mis huit ou neuf jours pour faire 1 100 ou 1 200 milles ! Là, tu ne contrôles pas ce qui se passe. Les fichiers sont souvent à la rue. En arrivant à terre, j’ai discuté avec Jean-Luc Nélias. Nous sommes tombés d’accord sur le fait qu’à certains moments, c’est vraiment la grande loterie.

A certains moments, c’est vraiment la grande loterie

Comment expliquer cette 5ème place ?

5ème. On peut aussi le dire autrement… Nous avons terminé avant-dernier (rires). Ce n’est pas un bon résultat sportif car nous avons un seul bateau derrière. Et puis aussi parce que nous terminons derniers du groupe des quatre. Il y a eu constamment des coups d’élastiques dans tous les sens. Tu passes de l’espoir, de la petite lumière au coup de bâton en permanence. Mentalement, cela demande beaucoup d’efforts pour une équipe pour ne pas lâcher. C’est très frustrant car nous savons que nous avons le potentiel en termes de vitesse et d’utilisation du bateau. J’ai le sentiment que rien n’est passé dans tout ce que nous avons tenté sur cette étape. C’est toujours difficile d’analyser les choses après coup. En tout cas, sur le plan stratégique, je ne peux rien dire. Car on fait avec les éléments que l’on a et puis, je ne suis pas derrière la table à cartes. Encore une fois dans les conditions rencontrées, les décisions ne sont pas toujours faciles à prendre. Mais peut être avons-nous été un peu trop agressifs à certains moments ? Je pense que nous avons fait certaines erreurs dans deux ou trois moments clés. On aurait certainement pu se mettre davantage à l’abri d’une mauvaise manche. Mais nous n’avons pas encore fait notre debriefing. On échangera nos points de vue et on verra quel regard chacun porte sur ce que nous avons fait.

On aurait certainement pu se mettre davantage à l’abri d’une mauvaise manche.

Et la suite ?

Nous avons une aisance en vitesse de manière générale. Je suis persuadé que nous devons être au moins dans les trois systématiquement. Clairement, ce n’est pas un bon résultat et il y a des raisons qui l’expliquent. Ce sont des choses qu’il faut accepter. Quant on participe à un championnat, on sait que l’on va forcément rentrer une ou deux mauvaises manches. Il n’y a aucune inquiétude par rapport à cela, aucun drame. J’ai confiance dans notre potentiel. Nous nous sommes battus, l’équipe est très soudée. Ce ne sera pas une difficulté de repartir du bon pied. On peut regarder ce que l’on a fait depuis Alicante et regarder cette dernière étape. Il faut que l’on soit objectif, il faut aussi que l’on ait conscience de nos points forts. C’est une mauvaise manche. Don’t act. On va repartir super motivés.

Quel regard portes-tu sur la victoire de Dongfeng ?

Ils font une très belle course. Dans le détroit d’Ormuz, je ne sais pas trop ce qui s’est passé. J’ai quitté mon quart, nous étions tous alignés. Tous ensemble dans la pétole. Trois heures plus tard, Dongfeng avait disparu. Ils sont partis seuls dans un petit truc qu’ils ont su exploiter. Devant, ils ont toujours eu des conditions plus favorables dont ils ont parfaitement su tirer le meilleur. Et puis, les adversaires se sont faits un peu hara-kiri à certains moments en ne restant pas au contact.

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