Le facteur chance

© Ainhoa Sanchez/Volvo Ocean Race

Contraint de rester à terre sur cette étape, notre media man Yann Riou nous livre son ressenti sur cette étape qu’il connaît bien pour l’avoir disputée sur Groupama 4 lors de la précédente édition.

Le facteur chance.

13 jours depuis le début de cette leg 3 qui emmène Dongfeng et ses concurrents vers Sanya. J’ai été contraint de rester à terre pour cette étape, et je me retrouve ainsi dans la peau d’un « tracker addict », rivé à son ordi à chaque position report, et à l’affut de toute vidéos, photos ou autre info qui nous arrive des bateaux.

Pas toujours facile de s’imaginer ce qu’il se passe à bord de Dongfeng, mais grâce au contenu de qualité que nous envoi mon remplaçant, on arrive tout de même à se faire une idée assez précise.

Cette leg 3 est supposée facile. La douceur des tropiques, pas trop de vent… Bref, de la voile en short comme on rêve tous d’en faire. Vite dit… Car qui dit petit temps dit variable. Un mot qui revient d’ailleurs souvent dans les bulletins météo. Et qui dit variable dit changement. En gros, il y toujours un truc à faire pour s’adapter à ce type de conditions. En plus de ça, pour optimiser l’assiette longitudinale du bateau, il faut du monde à l’étrave. Il est donc fréquent de devoir dormir vers l’avant du bateau, ce qui outre les problèmes de confort bouleverse le bel ordre établi de rotation et de partage des bannettes lors des changements de quart.

Mais tout cela serait rien s’il n’y avait pas le stress inhérent à cette météo. Le stress de ne pas avancer bien sûr, mais aussi la sensation de se trouver dans des phénomènes aléatoires et d’être à la merci d’un coup de malchance. Lors des interviews des équipiers de Dongfeng, la chance a d’ailleurs souvent été mise en avant. Charles, Pascal, Kevin, Black l’ont souvent évoquée.

Quand on regarde bien la trace de Dongfeng sur cette première moitié d’étape, on se dit que la chance, les gars ont su la provoquer. D’abord à l’est entre le Pakistan et l’Inde, Dongfeng a traversé le plan d’eau une première fois pour profiter le la courbure de l’anticyclone. Revenu au centre du paquet, ils sont plus tard retournés à l’ouest, grâce à un cap et une vitesse écoeurants pour leurs adversaires au portant, avant de retraverser une dernière fois le plan d’eau pour se positionner à l’est au passage du Sri Lanka…

Options tranchées, position de leader méritée, capital chance peu entamé.

Et c’est tant mieux, car de la chance, c’est maintenant qu’il faut en avoir! Le passage dans le détroit de Malacca s’annonce périlleux. Outre le météo capricieuse de la région, on y trouve en vrac des cargos, des pêcheurs dans toutes sortes d’embarcations, des filets, des casiers, des bouts de bois, des sacs plastics des bancs de sables, et même des pirates. Une aubaine pour l’OBR, qui n’a qu’à regarder autour de lui pour trouver un truc à raconter, mais un gros stress pour l’ensemble de l’équipage, en permanence sur le qui-vive pour éviter les pièges du détroit. Il va donc falloir se faufiler au milieu de tout ça avant d’entamer ce qui ressemble à un louvoyage musclé jusqu’à la base d’entrainement. Pour ce passage, un petit coup de pouce du destin serait le bienvenu.

Source

Yann Riou

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