Paroles de Solitaires – Jour 03

© Christophe Breschi

Yann Elies, Ultime, Paprec-Recyclage :

On a une haute pression qui nous court après et qui cherche à nous manger et il ne faut pas que ça arrive. A chaque fois j’ai l’impression que ça y est, c’est parti, puis le vent finit toujours pas retomber. Hier soir j’ai eu des problèmes électroniques qui m’ont obligés à ralentir. J’ai perdu une bonne heure à bricoler à l’intérieur pour trouver d’où cela venait. J’ai cassé une bosse de ris. Il a fallu que je la répare pour renvoyer de la toile. J’ai aussi un bas hauban qui s’était fait la malle au bout de 24 h qu’il a fallu que je refixe. Ces petites choses me font perdre à chaque fois 1/4 d’heure, une demie heure. Je dois arrêter le bateau, bricoler etc. J’espère que la série est terminée ! J’ai réussi à manger assez souvent. Mon seul souci, c’est qu’avec les pépins techniques, je n’arrive pas à rattraper le sommeil. Je n’arrive pas à recharger les batteries pour être serein et lucide, un peu comme dans une Solitaire du Figaro.

Lalou Roucayrol, Multi50, Arkema Région Aquitaine :

Je viens de vider l’avant du bateau, et l’arrière aussi. J’en profite pour éponger et assécher car nous avons pris beaucoup de flotte ces trois derniers jours. Mon option, c’est exactement ce qu’on avait décidé avec Eric Mas, mon routeur. On voulait prendre de l’Ouest. Maintenant, il y a une dorsale à gérer, on verra comment ça va se passer, mais on est mieux placé que FenêtréA-Cardinal à l’approche de la dorsale. Le bateau va bien. J’ai souvent navigué avec trois ris dans la grand-voile et l’ORC. Il y a des bricoles, mais rien de grave. C’est plutôt bien. La fatigue se ressent, je n’ai pas beaucoup mangé, pas beaucoup dormi.

François Gabart, Imoca, Macif :

C’est plutôt clair dans ma tête depuis le départ. J’ai suivi la stratégie que j’avais pour les premiers jours. Le plus délicat c’est en ce moment car j’étais en tête, donc je suis arrivé dans la petite dorsale, la zone sans vent, et les autres derrière l’ont eu un petit peu moins. Vraisemblablement, je pense que Maitre Coq dans le sud a bien été épargné en tout cas il a fait une belle différence et a bien creusé l’écart. Il faut voir maintenant comment ça sort, car cela n’est pas encore fini mais vraisemblablement il fallait passer un peu plus sud.

Sébastien Rogues, Class40, GDF SUEZ :

Avec un début de course compliqué, j’avais réussi à tirer mon épingle du jeu, mais les conditions météo et de navigation qui ont malmené le GDF SUEZ ont fini par l’emporter. Je suis extrêmement déçu mais très touché des soutiens que j’ai reçus depuis le début. Je remercie mes proches, l’ensemble des collaborateurs du groupe GDF SUEZ, mon équipe, mes partenaires qui m’ont soutenu depuis le début de cette formidable aventure. Même si je ne peux pas continuer à naviguer dans ces conditions, je garde en tête une expérience riche et intense que je ne suis pas prêt d’oublier.

Sir Robin Knox Johnston, Classe Rhum, Grey Power :

Je me suis mis une certaine pression pour passer le golfe de Gascogne rapidement et rattraper une partie du temps que nous avons perdu en Manche ! Maintenant il faut penser à la façon dont nous allons aborder la traversée de l’Atlantique. J’étudie, j’analyse et regarde avec admiration ce qu’ont fait les Ultimes. Il y a 20 ans, Peter Blake et moi, nous pensions qu’un catamaran de 92 pieds était ce qu’il y avait de plus grand et de plus rapide. Nous avions fait une moyenne de 15 nœuds avec un équipage de huit personnes. Et Loïck Peyron affiche maintenant des moyennes de 30 nœuds… en solitaire ! Voilà le progrès… On se demande bien ce que pensent les marins des navires marchand en regardant l’AIS : il doivent penser que Banque Populaire est une nouvelle arme secrète de la marine…

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Rivacom

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