Intuition tricolore

© Yann Riou/Groupama Sailing Team


Après 10 jours de course, Groupama sailing team a pris la tête de cette deuxième étape. Une progression dûe à une stratégie éclairée au sud du front, et à un décalage avantageux à l’est de la flotte.

« Je rends hommage aux Français parce qu’ils n’ont pas cédé, sont allés dans leur option et on dirait que ça paye, en tout cas pour le moment. » Ken Read, le skipper de PUMA Ocean Racing, s’incline devant la stratégie de Groupama.

La semaine dernière, le navigateur Jean-Luc Nélias et le skipper Franck Cammas ont pris la décision de descendre au sud pour contourner un thalweg tenace qui les bloquait à l’entrée de l’Indien.

Ils se sont glissés de l’autre côté samedi soir, quelques heures avant le reste de la flotte, restée au milieu. Conséquence : ils ont pu mettre le cap au nord-est plus tôt et ont gagné dans l’est.

« Tous les logiciels de routage nous ont donné l’illusion qu’on pourrait pousser à travers ce front, » continue Read. « Je rends hommage aux Français parce qu’ils n’y ont pas cru et ont pris le problème en main. »

Depuis dimanche, depuis que la flotte progresse dans les alizés, l’option de Groupama leur a permis de grignoter des milles sur leurs concurrents. 

150 milles au vent de Telefónica, le bateau français touche des vents plus stables, profite d’un meilleur angle à 80 degrés du vent et d’une mer moins formée. Il avance au reaching à 18, 22 noeuds de vitesse, quelques noeuds plus vite que les autres.

Telefónica, PUMA, CAMPER with Emirates Team New Zealand et Abu Dhabi Ocean Racing sont toujours bloqués au près dans des alizés affectés par une dépression qui se déplace dans leur ouest.

Alors, forcément, ça marche : à 07h00 UTC ce matin, Groupama est passé en première position. Interrogé sur son avance lors d’une vacation vidéo ce midi, Cammas a tempéré un enthousiasme évident.

« On est heureux. Il y a beaucoup de sourires sur les visages quand les classements tombent en ce moment !

« Mais il faut gagner des milles tant qu’on peut, en engranger sur cette partie qui nous est favorable. Il nous reste 40 heures dans ces conditions avant les zones aléatoires comme le Pot-au-Noir. On pousse au maximum. »

Pousser en Volvo Open 70 dans 20 noeuds de vent, c’est inconfortable. « Il faut sortir casqué, ou bien on ne voit pas l’étrave, » ajoute le skipper français. « On ne s’en sort pas si mal, nos concurrents sont plus lofés et ça doit plus taper chez eux que chez nous ! »

Team Sanya, par contre, s’en sort moins bien. À 08h07 UTC aujourd’hui, le navigateur Aksel Magdahl a informé la direction de course que le bateau suspendait la course.

Le bateau chinois était en tête de flotte hier quand il a constaté une avarie sur une partie vitale du gréement (hauban diagonal supérieur, D2). L’équipage a été contraint de se dérouter vers Madagascar pour évaluer les dégâts et mettre aussi vite que possible une opération de secours en place.

Source

Anne Massot

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