Saison sans record, mais pleine de promesses …

Si on vous disait : « Namibie », « Record » et « Kitesurf », les 3 premiers mots qui vous viendraient à l’esprit seraient : « Lüderitz Speed Challenge »… Et bien sachez que l’événement phare du kitesurf est également en train de devenir le nouvel eldorado du windsurf !

Aucun endroit au monde n’a été le témoin d’autant de records dans le milieu de la voile grâce à ces statistiques et conditions de vent uniques au monde. C’est d’ailleurs ce vent fort qui permet au courant d’eau froid de remonter à la surface et d’offrir aux poissons, d’une rare qualité, une eau riche en sédiments. A Lüderitz, après 4 ans de recherches et développement, on a pu assister au franchissement des 55 nœuds (103 km/h de moyenne sur 500m) en 2010, seulement 2 ans après que les 50 nœuds y aient été aussi atteints pour la 1ère fois dans l’histoire de la voile. Le record en windsurf étant de 49.09 nœuds à ce jour, les organisateurs : Sophie Routaboul et Sébastien Cattelan y ont vu un nouveau défi. Sébastien, ancien windsurfer-pro, a toujours soutenu le potentiel de cet engin et rêve de lui donner l’opportunité de pouvoir continuer à s’exprimer dans le milieu de la vitesse, en créant les meilleures conditions.
Cette compétition qui bat tous les records d’audience et qui a changé l’histoire même de la vitesse a acquis une grande expérience en la matière. Les performances parlent d’elles-mêmes : à son actif 45 Records nationaux et 6 records mondiaux. Sébastien et Sophie ont retroussé leurs manches une fois encore, s’entourant d’une équipe soudée de testeurs en novembre dernier … Cela aura permis à cette poignée de privilégiés d’avoir pu faire parti du nouveau projet, dans le cadre d’une épreuve officielle, la seule de l’année, afin de valider le canal. Son élaboration et sa construction n’auront pas été de tout repos.
L’énergie positive, la motivation et l’envie de relever des défis auront été indispensables pour avancer dans cette aventure.
Le spot le + rapide du monde suit donc son évolution incessante en ouvrant ainsi les grandes portes au windsurf qui rassemble une très large communauté de pratiquants ainsi que des navigateurs de renom. Ces organisateurs français expatriés en Afrique du Sud ont toujours su faire avancer la discipline et repousser les limites encore impensables il y a quelques années. Ils ont portés les couleurs du « speed » depuis le début et ont défendu sans relâche cette industrie qui se repose désormais principalement sur cet événement pérenne.

RETROSPECTIVE :

Initialement prévue à partir du 10 octobre, cette tentative de record du monde qui se déroule dans une Réserve Naturelle, a finalement commencé fin octobre suite à l’obtention tardive des autorisations du Ministère de l’Environnement après 1 an de démarches administratives, de refus et d’actions successives. Cela aura été ensuite un autre travail de longue haleine qui aura été mis en œuvre : 2 bulldozers, 1 pelle mécanique et 2 camions auront été nécessaires pour creuser ce canal de près d’1km et transporter pas moins de 10 000 m3 de sable et, ceci en un « temps record »
L’épreuve débutera finalement le 20 octobre, les premiers tests et perfs pourront enfin commencer…
1ère semaine : Dans un vent moyen (25-30 noeuds), on se rend compte que le départ est technique à négocier. Le meilleur temps est de 45 noeuds. Le run a besoin de modifications. L’angle de départ est amélioré pour pouvoir augmenter les temps, au vu de la météo prévue pour la 2ème semaine (45-50 nœuds).

2ème semaine : C’est à ce moment là qu’Anders Bringdal, notre consultant-windsurf, rejoint l’aventure dans la nuit du 30 octobre. Malgré la fatigue du voyage, il fait la plus grosse perf ce 31 octobre, enregistrant 47.44 nds sur 500m et 50.71 nds en top speed, vitesse jamais atteinte sur GPS. Pourtant, l’angle de départ peut être encore amélioré et le vent violent a de larges conséquences sur le clapot qui ralentit la glisse (plus néfaste en kitesurf). D’un autre côté, le « Sailrocket », ce bateau hydrofoil qui lui aussi s’élance pour une tentative sur les côtes namibiennes, nous fait part de son expérience de navigateur hors-pair, échangeant idées et opinions étapes après étapes. Admirable… Des solutions sont mises au banc d’essai.

3ème semaine : Finalement la pelleteuse est remise à contribution pour obtenir l’angle parfait de départ. Les prévisions annoncent le retour du vent fort pour la 4ème semaine.

4ème semaine : Les conditions reviennent bien mais offrent moins de vent que ce qui était prévu (35-40 nds). Quelques solutions marchent, le clapot diminue. Le run ne donne toujours pas tout son potentiel. Puis c’est grâce à l’aide du Ministère de la Défense et de son centre DGA Techniques hydrodynamiques, que nous réussissons à éliminer complètement le clapot. Le vent souffle à 35 noeuds durant les derniers jours, ce qui n’est pas suffisant pour battre le record du monde. Malgré ces conditions légères, Anders réussit à atteindre à plusieurs reprises 50+ nds en top speed et 47.3 sur 500 m grâce à la qualité du plan d’eau. Le dernier jour, Anders fait une trentaine de runs en une après-midi, tous entre 45-48 nds.
Le vent prévu se décalera mais de nombreux records se seront réalisés jusqu’à la fin: Wolfram Reiners (Kite) – Record Allemand: 46.26 noeuds Taro Niehaus(Kite) – Record du continent Africain: 51.64 Stefan Metzger (Kite) – Record Namibien : 51.34
Anders Bringdal (Windsurf) – Record de la Suède : 47.44 (Recordman du monde de vitesse sur GPS en Windsurf et 3ème meilleure perf mondiale sur 500m dans la discipline) Humberto Torrinha (Kite) – Record Angolais : 41.21 Sophie Routaboul (Kite) obtient le Record du monde de vitesse du classement féminin sur GPS et est 9eme au classement mixte 2011.
Quelques jours après l’épreuve, le vent soufflera entre 50 et 60 nds pendant 3 jours et ce, sans clapot. Le vent aura été si fort que cela aura empêché la marée d’équinoxe de venir remplir le canal qui avait subit une perte de 20cm sur 1m de profondeur, dû à l’évaporation : délicat de pouvoir s’élancer librement sur un run alors devenu plus étroit, donc restrictif dans autant de vent. L’an prochain une pompe adaptée sera utilisée pour le remplissage du canal afin de faire déborder le niveau de l’eau pour plus de sécurité. Les tests ont déjà été effectués à ce niveau.
Bilan : Aujourd’hui le pari de ces 2 passionnés vient d’aboutir : une base de vitesse à la voile vient de voir le jour en Namibie. Après 3 ans de développement, le canal idéal sera prêt à accueillir en novembre 2012, le premier événement du genre.
Les améliorations apportées au canal auront permit d’aller aussi vite dans moins de vent. L’efficacité du canal dans le milieu de la vitesse est indiscutable. Nous aurons assisté à des performances tout simplement inimaginables sur un autre spot de la Planète.
Pour Sébastien Cattelan qui aura effectué des runs en kite et en windsurf : « La stabilité est incomparable en windsurf, devenant l’outil idéal pour naviguer sur un canal. Tout reste à penser que ce support pourrait tirer son épingle du jeu dans le vent fort. Son contrôle permet de faire des passages en toute sérénité et d’être à 100%. La retenue étant le pire des freins dans cette discipline. »
Le « Lüderitz Speed Challenge » est aujourd’hui la vitrine de la vitesse et est désormais pleinement soutenu par le pays et par une grande communauté qui croient à ce projet extraordinaire grâce aux progrès effectuées à pas de géants.
L’édition 2012 conditionnera une nouvelle émulation qui permettra de propulser de nouvelles performances dans une chasse aux records pour ces 3 engins (kitesurf, windsurf, bateau hydrofoil).

Source

Lüderitz Speed Challenge Team

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