Un spectacle éblouissant

© Christophe Favreau

Du Lundi 8 au Vendredi 12 Septembre, la baie de Quiberon a été le théâtre d’une joute exceptionnelle. Pas moins de 27 concurrents se sont affrontés dans des conditions de course idyllique pour un championnat du monde qui fera date. Une dizaine de nations venant des quatre coins du monde présentait un plateau de 8 m JI rassemblant à la fois l’histoire de la série, et les performances actuelles de ces unités d’anthologie.

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Un bel historique

La flotte des concurrents représentait tout d’abord un véritable historique de la classe. Parmi eux, deux bateaux anciens étonnaient : « Lucky Girl » avec un gréement houari sur un petit mât, et « Elfe II » avec un gréement wishbone sur deux mâts (First rule). Tous deux marquaient les grandes heures du début de la classe centenaire. Venait ensuite le cœur de la « meute » avec 20 bateaux classiques (Neptune et Sira) plus magnifiques les uns que les autres, portant vernis, laques et voilures soyeuses. Enfin à l’avant garde, 4 unités récentes composaient la série des modernes, les plus efficaces. Si cette disparité est délicate à gérer sur l’eau pour le classement, elle donne du relief à l’ensemble de la flotte. Le niveau des « classiques » et des « modernes » témoigne d’une belle vitalité et d’un renouveau de la classe. Le 8 mètres a été le bateau des rois. Il est désormais celui de « vassaux » modernes, bien disposés à faire de ces coursiers -10 tonnes et quatorze mètres de long- une série active ! Tan Raffray, skipper de «Hispania » et organisateur de l’épreuve en témoigne : « Le niveau de course est monté d’un cran. La compétitivité y a gagné. Ce championnat du monde démontre que notre classe est loin d’être figée ! »

De superbes performances

Les unités de cette flotte 2014 a dévoilé d’autre part de superbes performances. L’été indien qui a régné sur le plan d’eau avec des vents d’Est soufflant entre 10 et quinze noeuds sur une mer quasiment plate a permis aux bateaux de donner le meilleur d’eux-mêmes. Le spectacle en fut éblouissant. A plusieurs reprises, le « pavillon noir » (disqualification de celui qui franchit trop tôt la ligne) est venu fleurir le mât du bateau comité de la Société Nautique de La Trinité, témoignant de l’ardeur des concurrents. L’engagement aux départs, les virements aux bouées, furent spectaculaire. Les douze nœuds de vent qui animaient le plan d’eau, une force idéale pour naviguer énergiquement, permirent aux concurrents de réaliser quelques belles figures stylées et parfois même des manœuvres osées. Jacques Fauroux, architecte naval, grand connaisseur de la jauge J et barreur de « France », avoue avoir prix grand plaisir a participer à cette World Cup de rêve sur ce plan d’eau qui n’est pas aussi facile qu’il en a l’air. Les gros coefficients de marée (supérieurs à 100) compliquaient la donne en renforçant le courant et la proximité de la terre faisait subtilement osciller le vent. L’architecte témoigne : « Nous avons couru dans des conditions météo sérieuses et agréables pour nos bateaux. La qualité de course s’est élevée considérablement depuis une dizaine d’années et j’aime travailler à la conception de 8 m toujours plus performant. La classe des 8 m est en perpétuelle évolution. « Miss U », l’un de mes dernier « dessins » est tout récemment équipé d’une quille tandem portant le bulb.»

A belles empoignades, résultats serrés. Au temps réel, « Hollandia », un plan Doug Peterson s’impose devant « Yquem II » après un très beau duel. Dans la catégorie des « Sira», le canadien « Raven » domine sa classe et vient même jouer les trouble-fête parmi les modernes. Il s’agit d’un bateau dessiné en 1938 par un orfèvre écossais de la construction navale, Alfred Mylne qui partageait ses talents avec William Fife. Le bateau vient d’être magnifiquement reconstruit récemment au Canada. Il devance le norvégien « Wanda » et le finlandais « Luna ». Quant à la catégorie des « Neptune », c’est « Caron II » de la Société Nautique de Genève qui s’impose devant le britannique « Falcon ». Tous les acteurs de ce spectacle de qualité méritaient de monter sur le podium. Ils l’on fait joyeusement en promettant de venir au prochain championnat du monde qui aura lieu sur le plan d’eau de Genève en 2015. Entre les 6 m et les 12 m de Jauge, les 8 m sont bien décidés à défendre chèrement leur peau.

Source

Daniel Gilles

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 17 septembre 2014

Matossé sous: 8MJi, Classic

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