Qu’il est doux de ne rien faire…

© Eloi Stichelbaut

Les pontons de la Lorient Horta Solo semblent pris d’une torpeur inhabituelle. Après la fièvre du dimanche soir qui a saisi les solitaires à l’arrivée de Gildas Mahé et de ses compagnons de garde, ce lundi ressemble à un jour hors du temps. Les skippeurs se sont éparpillés sur l’île entre balade en scooter ou en voiture de location, siestes réparatrices ou shopping auprès des échoppes locales. La course est entre parenthèses, c’est à peine si, sur un des monotypes Figaro, un des préparateurs passe nonchalamment un coup de jet d’eau, histoire de montrer qu’il reste encore des tâches matérielles à accomplir. Les bateaux sont prêts : les solitaires ont eu huit jours pour faire le liste des petits dysfonctionnements, pour ranger leur outil de travail, veiller à ce que rien ne casse. Hormis Gildas Mahé qui a mobilisé autour de lui quelques bonnes volontés, pas une oreille ne bouge. Pour le skippeur d’Interface Concept, la course contre la montre est engagée. Les pronostics très largement positifs sont un aiguillon supplémentaire pour Gildas qui devrait être logiquement présent sur la ligne de départ.

 

Respect des traditions

Après avoir sacrifié hier au soir à la rituelle visite au Peter Café Sport, les navigateurs prennent le temps d’apprécier les charmes de Faial : se perdre dans le dédales des rues de Horta, partir à la découverte des coins de campagne à vache et des falaises volcaniques plongeant dans la mer, visiter le petit musée baleinier dernière survivance de l’histoire mouvementée de l’île avec les cachalots… Le respect des traditions, c’est aussi inviter, mercredi prochain, les membres du Club Naval de Horta à venir participer à une parade entre Faial et Pico, faire toucher du doigt la singularité de ces machines taillées exclusivement pour la course au large. C’est encore, accepter en retour d’embarquer sur les chaloupes baleinières faisant ainsi le lien avec les usages maritimes d’autrefois.
Mardi, les coureurs sont invités à visiter l’île en compagnie de leurs hôtes açoriens : ce sera pique-nique et barbecue au parc floral, puis une visite du site volcanique de Capelhino avant l’immanquable montée à la Caldera, ce cratère volcanique de près de 500 mètres de profondeur. Le soir, ce sera la réception officielle des concurrents sur le site de l’ancienne usine baleinière, l’occasion pour les Açoriens de montrer leur conception particulièrement chaleureuse du savoir-vivre.

Retour aux affaires

A compter de jeudi, il ne faudra plus compter sur les navigateurs qui vont progressivement entrer dans cette deuxième étape décisive, puisque c’est elle qui décidera du titre de Champion de France 2014. La course sera affectée du même coefficient (Coef 4) au classement général du championnat et c’est donc au fil des arrivées à Lorient que se dessinera le podium. Pour certains, c’est la dernière occasion de briller qui, pour fidéliser un partenaire engagé à ses côtés, qui pour tenter de séduire une entreprise en vue de la saison 2015. Mais pour tous, c’est aussi l’occasion de retrouver l’adrénaline qui leur a manqué durant ce convoyage au ralenti. Comme le notait Thierry Chabagny, le skipper de Gedimat à son arrivée à Horta : « Au moins, ce convoyage remet les idées en place. On sait pourquoi on fait de la course au large… » Les dix-huit solitaires engagés vont dévorer cette étape retour avec une vraie gourmandise.

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Lorient Grand Large

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