Préparation intense pour Sidney Gavignet

  • © Mark Lloyd
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C’est la rentrée pour tout le monde à Lorient cette semaine, que ce soit pour les élèves qui reprennent le chemin de l’école, ou pour Sidney Gavignet qui entre dans sa dernière ligne droite de préparation à J-2 mois du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe à bord de Musandam-Oman Sail. Et c’est avec la qualification de 1000 milles nautiques que le skipper Français entre dans le vif du sujet avec un départ prévu ce mercredi matin de Lorient.

Après avoir établi un nouveau record du monde du Tour des Iles Britanniques à la voile avec son équipage à 50% Omanais (avec 16 minutes d’avance sur le précédent détenteur du record), Sidney Gavignet est à présent en mode 100% solitaire pour se préparer à l’ultime compétition de la saison 2014 d’Oman Sail : la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, course mythique à laquelle il participera dans la catégorie « Ultime » à bord du trimaran MOD70 qui porte les couleurs du Ministère du Tourisme du Sultanat d’Oman, et dont le départ sera donné le 2 novembre prochain à Saint-Malo pour rejoindre Pointe-à-Pitre en Guadeloupe.

« Le record du Tour des Iles Britanniques a été une belle façon de boucler la saison avec les navigants Omanais », raconte Sidney Gavignet. « C’était une sorte de cerise sur le gâteau pour Oman Sail et toute notre équipe.

Mais cela ne change pas mes dispositions par rapport à la Route du Rhum. A part le fait que plus l’on fait du MOD70 qui va très vite, plus l’on s’habitue aux grandes vitesses. Avant quand on était à 30 nœuds ça nous donnait des frissons, sur le Tour des Iles Britanniques c’était devenu une vitesse normale. »

Sidney Gavignet a en effet démarré sa préparation en « solo » sur le MOD70 juste après le Tour des Iles Britanniques : « Je suis rentré sur Lorient en mode solo après le Tour des Iles Britanniques – une première expérience en solitaire sur ce bateau », explique Sidney.

« Je pense que Musandam-Oman Sail et moi pouvons aller très vite ensemble.

L’avantage c’est que j’ai déjà connu la préparation en solitaire il y a quatre ans, et ce n’est pas quelque chose de complètement nouveau. J’ai aussi quatre ans de maturité en plus.

Dans ces quatre ans il y a eu une période clef pour moi dans ma vie d’homme et mon évolution. Je me sens vraiment plus mature qu’il y a quatre ans. Ca me permet de prendre du recul, de ne pas trop me prendre au jeu, car c’est très facile sur un projet comme celui-là de se mettre la pression tout seul, on a même pas besoin des autres pour se la mettre. Je m’en étais mis avant de commencer le solo. Pour dire la vérité je m’étais un peu inquiété tout seul, en me disant « c’est quand même un sacré morceau et c’est quand même très dangereux ». Ce qui est le cas.

Mais pendant le convoyage que nous avons fait pour revenir de Cowes avec Damian Foxall et Loïk Gallon, où j’ai eu mes premiers moments de solitaire pendant que les autres dormaient et que j’étais seul, j’ai ressenti à nouveau l’émerveillement d’être en solitaire. Et mon idée est surtout de vivre ça le plus souvent possible sur le bateau, d’aller chercher dans le positif plutôt que de me laisser happer par le stress et par les choses négatives.

Du coup je sais aussi que j’ai très peu de temps dans ma préparation, car les deux mois seront aussi ponctués par différentes choses dont les navigations avec les journalistes, un aller-retour à Oman, du temps en famille à la maison, et c’est donc impossible de faire deux mois d’entrainement non-stop. Je me suis aussi un peu décontracté par rapport à ça en me disant « j’aurai ce que j’aurai », et puis je suis bien conscient de ne pas avoir la préparation qu’aurait pu avoir un Armel Le Cléac’h par exemple, car je pense qu’il était bien plus avancé que ce que je serai moi au départ. Après c’est sûr que je connais bien le bateau, ce qui est un avantage par rapport à d’autres qui prennent le départ sur un bateau qu’ils ne connaissent pas.

Je suis aussi très heureux d’être au départ. Très conscient du danger. Mais j’ai bien réussi à désactiver dans ma tête les « petits démons », et du coup la moindre petite chose rentre en ligne de compte et est intégrée car maintenant je ne pense plus qu’à ça.

J’attaque bille en tête par la qualification cette semaine, comme ça je verrai tout de suite où j’en suis et où en est le bateau, et je fais ainsi un maximum de « vraie » navigation en solo pour être au plus près de la réalité car j’ai très peu de temps, et les jours que j’aurai seront de « vrais » jours.

Je ne l’ai pas vraiment vécu au moment de la Transat Jacques Vabre, peut être un peu par moments, mais quand on est en solitaire, on est en solitaire, c’est autre chose.

Ce challenge est très important, et je le prends comme un cadeau. J’y vais étape par étape pour ma préparation sur ces deux derniers mois. Je pense que ce sera dur, donc je vais aussi avoir besoin de beaucoup de chance. C’est très facile de chavirer avec ces bateaux, et l’enjeu sera de rester à l’endroit. »

Et pour rester à l’endroit, il a tout d’abord fallu modifier le bateau pour le rendre manœuvrable par un seul homme en mode compétition.

Sidney décrit les modifications apportées à Musandam-Oman Sail : « Nous avons remis de la quête en penchant un peu plus le mât vers l’arrière. Nous avons répondu à un objectif de sécurité en faisant cela, car le bateau était assez « mou » à la base, il avait tendance à abattre, c’est à dire à s’écarter du vent naturellement. C’est donc un peu moins le cas à présent. Ce qui est un peu plus sécurisant quand on fait du près ou du reaching.

Le plus visible c’est aussi la rallonge qui a été ajoutée au roof pour que je vive mieux sur le pont, car c’est trop dangereux de descendre trop longtemps à l’intérieur : donc tout ce qui était à la table à cartes en bas, téléphone, écran d’ordinateur, clavier, cuisine, tout cela est remonté sur le pont sous le roof. Je ne descendrai que pour allumer ou éteindre le moteur. Mais jamais pour y rester.

Nous avons aussi mis des foils réglables. Enfin nous avons mis un système « upside up », système de taquet à largage automatique avec des alarmes, et nous avons aussi rajouté beaucoup d’alarmes sur l’électronique du bateau : quand le vent monte, tourne, pour se réveiller, tout cela étant fait pour ne pas avoir peur de dormir et réussir à récupérer, et savoir qu’on sera réveillé si quoique ce soit change. »

Sidney Gavignet attaque donc cette première semaine de septembre avec sa qualification de 1000 milles nautiques. Le départ est prévu ce mercredi 3 septembre au matin de Lorient, avec un retour samedi. Le parcours choisi vise à rejoindre un way point à l’Ouest du rocher du Fastnet, ce qui correspondra à un voyage aller et un retour de 500 milles nautiques chacun.

Les vents annoncés cette semaine sont des vents d’Est de 15 jusqu’à 18 nœuds tournant à l’Ouest et qui le pousseront à l’aller, puis il sera au près pour le retour, avec une prévision de vent plutôt léger pour le moment.

Les dates clefs avant le départ de la Route du Rhum 2014 pour Sidney Gavignet et Musandam-Oman Sail

  • Première semaine de septembre : qualification (1000 milles nautiques)
  • Jeudi 25 septembre : conférence de presse à Paris – présentation des skippers de la 10e édition
  • Vendredi 24 Octobre : présence obligatoire des bateaux à Saint-Malo & ouverture du village de course
  • Samedi 25 octobre : début des premiers contrôles des bateaux
  • Jeudi 30 octobre : briefing instructions de course et sécurité
  • Samedi 1er novembre : briefing météo et appareillage des premiers bateaux
  • 2 novembre : départ de la 10e édition de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe à 14h00

Source

Oman Sail

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 3 septembre 2014

Matossé sous: Course au Large, MOD70, Route du Rhum

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