Pacifique allongé

© BPCE

Ca redémarre ! Après une douzaine d’heures marquées par un arrêt buffet dans le Pacifique, Loïck Peyron et ses équipiers poursuivent leur trajectoire contrariée vers le Cap Horn et tentent surtout de se frayer un chemin au milieu des glaces. Le face à face d’hier avec les icebergs pourraient en effet bien ne pas être le seul de ce Trophée Jules Verne, tant les alertes sont nombreuses pour les hommes du Maxi Banque Populaire V.

On s’était presque habitué à des vitesses gardant le contact avec les 30 nœuds depuis le départ de Ouessant il y a vingt-cinq jours. Mais ces dernières heures sont venues faire une coupe sombre dans le tableau des performances du trimaran géant aux couleurs de la Banque de la Voile. Ainsi, la mise à distance nécessaire d’un champ de glaces négocié hier a-t-elle contraint les marins à se débattre avec une longue zone de pétole faisant dangereusement chuter les moyennes. Contacté ce midi, Loïck Peyron revenait sur les derniers évènements, évoquant une nouvelle source d’inquiétude : ” On a un peu souffert ces dernières heures. On s’est franchement arrêté une douzaine d’heures et c’est reparti. Mais nous en avons profité pour faire un grand nettoyage et un check complet. Tout a été inspecté de fonds en combles. Plus ça va et plus on se rend compte qu’il y a beaucoup d’icebergs devant nous. C’est la nuit et les garçons sont en veille en permanence. Hier il y en avait partout et malheureusement, il y en a encore dans notre Est. C’est pour ça qu’on est obligé de se rallonger la route. Les glaces qui nous sont signalées sont les plus grosses, mais on ne voit pas les petites. Les grosses génèrent les petites, surtout dans les mers relativement chaudes comme c’est le cas en ce moment avec 8°. C’est vraiment ce phénomène qui est dangereux “.

*Zone sans vent

Des glaces brise houle
Ainsi, le retour du vent est-il pris avec un sens évident de la modération à bord de Banque Populaire V, les derniers milles dans le Pacifique menaçant de traîner en longueur. Passé sous la barre des 10 000 milles avant le retour en Bretagne, l’équipage doit encore composer avec une nouvelle zone minée par les glaces imposant une trajectoire plus longue d’une centaine de milles et de près d’une journée vers la porte de l’Atlantique. Mais tous les voyants ne sont pas pour autant dans le rouge en ce samedi, le vent annonçant ses faveurs et la présence toujours lourde du danger blanc offrant paradoxalement des conditions de mer étonnamment confortables : ” Normalement le vent devrait se renforcer progressivement et on va naviguer sur une mer relativement plate, ce qui va faire du bien à tout le monde parce que nous n’avons pas eu ça depuis quelques semaines. C’est quand même beaucoup plus confortable pour dormir et à bord tout le monde apprécie. Le train de houle est arrêté par le champ d’icebergs et comme nous sommes en plein Pacifique, la mer est relativement calme. Nous devrions passer le cap Horn le 23 décembre, ce qui nous laisse une petite marge d’avance. Il faut surtout espérer avoir des conditions dans l’Atlantique relativement bonnes. Certaines tendances le laissent espérer, d’autres non. Mais pour l’instant, c’est d’abord le Cap Horn qui nous intéresse et ça n’est pas simple “.

Telle est la dure loi des records
Par 50° Sud, avec une vitesse aux environs des 18 nœuds, les journées trainent en longueur et en préoccupations pour les marins du Maxi Banque Populaire V. Pour tous, la fin du Pacifique prévus dans moins d’une semaine, sonnera l’heure d’un premier soulagement… avant d’autres écueils !

Le record en chiffres
Record à battre :
Pour devenir nouveau détenteur du record, le Maxi Banque Populaire V devra être de retour au plus tard lundi 9 janvier 2012 à 17h 15min et 34s (heure de Paris).

Temps de référence :
Groupama 3 (Franck Cammas) – 48 jours 7 heures 44 minutes 52 secondes

Avance/Retard à 16h00 :
1157 milles d’avance par rapport au temps de référence

Source

Mille & une vagues

Liens

Informations diverses

Sous le vent

Au vent

Les vidéos associées : Records

Les vidéos associées : Trophée Jules Verne