Un scénario à écrire

Alors que le départ de la quatrième et dernière étape de La Solitaire du Figaro-Eric Bompard cachemire a été donné à 17h00 devant Les Sables d’Olonne, les 490 milles à avaler vont laisser très ouvert le résultat à Cherbourg. Mais avant la première nuit de mer, Adrien Hardy (Agir Recouvrement) en bout de ligne, prenait le meilleur départ balayé par plus de vingt noeuds de Nord-Ouest. Mais c’est Gildas Morvan (Cercle Vert) qui virait en tête la bouée de dégagement…

En une demie journée, les routages qui tentent de prédire ce qui sera réservé aux 36 solitaires encore en course n’ont pas arrêté de changer. Pas tant dans la forme que dans le fond. Car s’il y a toujours un renforcement du vent passager de 20 à 25 nœuds de Nord-Ouest pour le départ, il doit tomber à moins de dix nœuds au coucher du soleil en basculant à l’Ouest. Avec une molle au large de Belle-Île la nuit prochaine associée à une rotation au secteur Sud. Mais c’est plutôt le timing de ces changements de programme qui peut modifier sensiblement le scénario…

Prendre le large…

Le départ était donc musclé avec 22 nœuds à l’anémomètre et un mètre et demi de creux… Le coup de canon était donné pile à 17h00, juste devant la grande plage des Sables d’Olonne où s’étaient massés Vendéens et vacanciers, sous un soleil éclatant. En bout de ligne, l’Irlandais David Kenefick s’imposait suivi par Adrien Hardy mais il fallait aussi prendre le courant de marée montante… Et Nick Cherry (Redshift) parti bien lancé, prenait momentanément le commandement mais quand il a fallu virer de bord pour se recadrer vers la bouée de dégagement, ce sont les solitaires partis plutôt au bateau Comité qui reprenaient la main… A l’image de Charlie Dalin (Normandy Elite Team) et Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir) !

Après ce parcours préliminaire d’environ sept milles qui alternait bord contre le vent et vent arrière, la flotte devait se disperser au près avec deux grandes options dès la bouée des Barges parée : soit partir tout de suite vers le large pour aller chercher la bascule du vent, soit monter vers l’île d’Yeu pour profiter d’un effet de courant plus favorable et se positionner sous le vent de la flotte lorsque la rotation de la nuit va redistribuer les cartes.

Il pourra donc y avoir beaucoup de dispersion latérale au large de Belle-Île la nuit prochaine : c’est le premier moment clé de cette quatrième étape même si normalement, l’effet d’entonnoir imposé par le passage extérieur aux îles de Sein et de Ouessant va compresser la troupe quand il faudra envoyer le spinnaker dans un vent de secteur Sud qui va forcir… Mais c’est surtout le grand bord le long des côtes anglaises jusqu’à l’île de Wight et la dernière traversée de la Manche jusqu’à Cherbourg qui restent plus incertaines quand aux conditions météorologiques.

Passage à la bouée de dégagement Géolink

  1. Gildas Morvan (Cercle Vert) à17h35’58
  2. Jérémie Beyou (Maîre Coq)
  3. Charlie Dalin (Normandy Elite Team)
  4. Thierry Chabagny (Gédimat)
  5. Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie espoir)
  6. Yoann Richomme (Skipper Macif 2014)
  7. Vincent Biarnes (Guyot Environnement)
  8. Nick Cherry (Redshift)
  9. Adrien Hardy (Agir Recouvrement)
  10. Anthony Marchand (Ovimpex-Secours Populaire)

Ils ont dit…

Corentin Horeau (Bretagne-Crédit Mutuel Performance) 2ème à 15’13 du leader

On est au moins cinq à pouvoir titiller Jérémie (Beyou, leader au classement général). Il y a des segments dangereux le long de l’Angleterre et la dernière traversée de la Manche. On risque toujours le hold-up ! Il y a plein de skippers qui vont oser… Il y aura des casse-cous qui vont tout tenter. Si je termine dans le Top Ten au final, je serais encore content avec deux belles étapes. Mais je ne pars pas pour ça ! Il ne faut pas trop penser au classement général… Je suis en confiance.

Fred Rivet (DFDS Seaways) 18ème à 5h48’11 du leader

On va aller chercher une dépression au large de la pointe bretonne après un départ contre le vent. Puis ce sera du spinnaker entre Sein et Ouessant et de nouveau entre Portsall et l’Angleterre. Mais avant ça, il y a tout de même plusieurs routes pour aller à Penmarc’h : certains routages font passer au Nord et d’autres au Sud de l’île d’Yeu… Et on risque d’avoir une période peu ventée le long des côtes anglaises. Comme souvent, il va falloir bien partir parce que le vent favorise les leaders. Je vais attaquer parce qu’il y a deux ou trois places à prendre ! Et s’il y a un coup de Trafalgar en Angleterre, il y a de quoi en gagner plus…

Alain Gautier (Generali) 20ème à 6h13’43 du leader

C’est l’ultime ! Ce sera intéressant parce que la force du vent sera sinusoïdale… Il y a déjà un long bord de plus de 150 milles pour aller à l’Occidentale de Sein et le plan d’eau est ouvert côté large. Il y aura une petite dorsale à gérer après un départ au près. Pas mal d’allures différentes. Il y a juste le petit détour vers la bouée de Portsall qui me saoule un peu… C’est une étape qui me plaît bien et comme tout le monde, je vais tout donner, même si ça commence à fatiguer. Je vais essayer de faire au moins une belle manche puisque c’est la dernière…

Yann Eliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir) 33ème à 12h07’31

C’est un parcours qui donne envie d’aller se promener du côté de l’île d’Yeu : il y a une petite accélération du courant, un peu moins de mer… Certains routages font partir tout de suite très à l’Ouest en tribord amures pour profiter de la bascule du vent du Nord-Ouest, à l’Ouest puis au Sud. La réalité, ce sera de lever le nez, regarder les nuages et d’évoluer en fonction de qu’il y aura au-dessus de nos têtes. Et le timing pour aller chercher la bascule est très important. On sera sous spi au large de Belle-Île jusqu’à Ouessant. La rotation à l’Est est prévue à ce moment là et en Angleterre, on va se faire avaler par une nouvelle dorsale… C’est assez ouvert !

Erwan Tabarly (Armor Lux-Comptoir de la Mer) 6ème à 1h10’52 du leader

On part avec du vent et il va falloir tirer des bords dans une brise qui va mollir. Avec une phase de transition au large de Belle-Île. Mais le jeu va vraiment s’ouvrir sous les côtes anglaises avec pas mal de louvoyage pour aller jusqu’à l’île de Wight avec un gros problème de timing pour passer la bouée Fairway. Les leaders seront favorisés par ces conditions météorologiques assez variées avec pas mal de manœuvres à faire. C’est une étape qui peut faire de l’écart… Surtout avec une dernière traversée de la Manche où une dorsale va nous couvrir.

Source

RivaCom

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