La nuit des chasseurs

Prologue de la Solitaire du Figaro Eric Bompard Cachemire 2014

© Alexis Courcoux

La première nuit en mer de La Solitaire du Figaro-Eric Bompard cachemire a réservé quelques surprises aux 38 skippers partis dimanche à 13 heures de Deauville ! D’abord sous le commandement d’Erwan Tabarly (Armor Lux-Comptoir de la Mer) et d’Anthony Marchand (Ovimpex-Secours Populaire), la flotte a dû négocier au coucher du soleil une bascule imprévue du vent au secteur Nord qui a redistribué les cartes au profit de Gildas Morvan (Cercle Vert), puis l’atterrissage sur la bouée Owers en fin de nuit a aussi chamboulé la hiérarchie à l’avantage des plus à l’Est, Adrien Hardy (Agir Recouvrement) et Xavier Macaire (Skipper Hérault)…

Sur une mer lisse et un ciel chargé éclairé par un gros demi quartier de lune, le premier de la meute a enroulé la bouée cardinale Sud « Owers » un peu après 3 heures ce lundi. Adrien Hardy rusé, avait préparé son coup dès le coucher du soleil : situé le plus à droite du plan d’eau, entre bascules et vent mollissant, le skipper d’Agir Recouvrement a su profiter de la moindre occasion.
Erwan Tabarly et Anthony Marchand, alors en tête au coucher du soleil, n’ont pu tenir leur position de leaders bien longtemps. Xavier Macaire lui-aussi sortait gagnant au jeu des bascules et enroulait en deuxième position la marque à l’Est de l’île de Wight, suivi par Gildas Morvan. Poussés par un nœud de courant et un vent doux et léger de moins de huit nœuds, les Figaristes ont envoyé le spinnaker pour glisser le long de la côte Sud de l’île anglaise. Une première nuit blanche en mer pour les marins… sans doute réconfortés par un ciel magique.
Mais cette première nuit n’a finalement pas créé d’écarts significatifs puisque la flotte se disperse sur six milles entre le leader et le Britannique Henry Bomby (Red) : tous les solitaires poussés par une douzaine de nœuds de vent d’Est, piquaient au lever du jour vers les falaises de l’île de Wight pour s’abriter du courant contraire et profiter du renforcement du vent à la côte. C’est plutôt en milieu de journée que les options vont commencer à se prendre lorsque le soleil va (ou non) générer des brises thermiques et quand la renverse de marée sera favorable pour aller chercher la prochaine marque de parcours, Wolf Rock, à 180 milles des étraves. La chasse au leader est ouverte puisqu’Adrien Hardy ne possédait ce lundi matin qu’un petit mille d’avance sur son dauphin Xavier Macaire…

Ils ont dit…

Adrien Hardy (Agir Recouvrement) :

La nuit normalement devait être une traversée de Manche relativement simple avec un vent établi et ça n’a pas été si facile. Comme je ne savais pas ce que ça allait donner au niveau du vent, j’ai décidé de jouer le courant. J’étais un peu embêté parce que j’étais le seul à faire ça, mais ce petit décalage a été assez profitable. Je suis assez content. Le jour se lève, on arrive dans une zone de mouillage à l’île de Wight. Le vent vient de s’établir à 12 nœuds et on est sous spi. Normalement, le vent va faiblir jusqu’à midi et repasser dans l’après midi au secteur Sud. Il va y avoir des options. Pour ma part ça va être d’aller jouer les contre courants au Sud de l’ile de Wight et après ce n’est pas évidemment de savoir ce qu’il faudra faire… J’ai réussi à dormir un petit peu. C’était sympa d’être au vent de la flotte avec un peu d’avance. Il y a quelques fois où j’ai pu aller me reposer.

Gildas Morvan (Cercle Vert) :

On savait que ça allait être aléatoire donc il fallait être sur le qui-vive. On savait que ça pouvait partir dans tous les sens avec les orages qui passaient. On a eu une zone de molle qui n’a pas été facile à traverser. A Owers je pensais que ça pourrait passer par dessous, mais ça n’est pas passé. Mais ça va je pointe 3e : c’est bien. Le vent vient de se lever tranquillement : on a 13 nœuds. On est sous spi, ça va tout droit ; on s’attend encore à avoir du vent faible et instable. Il va falloir dormir tant que le vent est stable. On arrive à l’île de Wight et on a le courant dans le nez. Je vois Agir Recouvrement devant, Skipper Hérault pas très loin, derrière moi Groupe Quéguiner et Gedimat. La flotte est très groupée. Je vais essayer d’aller faire une sieste parce que je n’ai pas réussi à dormir cette nuit.

Sébastien Simon (Bretagne-Crédit Mutuel Espoir) :

Une première traversée de la Manche pas si calme que prévue. Il y a eu plein de rebondissements avec des phases de molle. Cela a été assez compliqué à gérer. Au final, je n’ai ni gagné ni perdu de place. Je me suis un peu reposé ce matin après Owers et là, je réfléchis à ce que je peux faire par la suite. Le courant est contre nous. C’est assez compliqué : est-ce qu’il faut aller chercher le courant du large ou aller s’abriter à Wight ? Tout le monde a l’air de vouloir aller s’abriter à Wight. Je suis déjà sous la flotte. Je n’ai pas voulu prendre de risques, je me suis juste placé par rapport à mon groupe et je continue tribord avec eux. En tous les cas, si ça se dégage, j’irai chercher les brises thermiques. Une fois qu’on aura rattrapé le vent de Sud-Ouest dans l’après-midi, je pense que je pourrais aller me reposer avant Wolf Rock. Yann Eliès m’impressionne, c’est incroyable ce qu’il a fait cette nuit !

Passages à la marque Owers :

  1. Adrien Hardy (Agir Recouvrement)
  2. Xavier Macaire (Skipper Hérault)
  3. Gildas Morvan (Cercle Vert)
  4. Thierry Chabagny (Gedimat)
  5. Yann Elies (Groupe Queguiner – Leucémie Espoir)
  6. Isabelle Joscke (Generali-Horizon Mixite)
  7. Damien Guillou (La Solidarité Mutualiste)
  8. Jérémie Beyou (Maître Coq)
    ….

Source

RivaCom

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