Cinq jours pour faire la différence

© Scutum

La tête de course va bientôt passer la barre symbolique des 1000 milles avant l’arrivée. Pour les prétendants à la victoire et au podium, les 48 prochaines heures au vent arrière seront essentielles. Pendant ces deux jours, tout le jeu consiste à descendre dans le sud pour conserver du vent frais, sans trop s’écarter de l’objectif : la ligne d’arrivée à Port Gustavia. Generali tient toujours les commandes. Skipper Macif et Safran-Guy Cotten s’échinent dans leur duel. 30 Corsaires menace dans le sud. Il leur faudra tout donner dans les 5 prochains jours pour faire la différence.

Generali en sursis ?

Generali s’agrippe au sommet du classement comme à un rocher glissant. Depuis trois jours consécutifs, le bateau rouge est pointé en tête. C’est d’ailleurs la première fois qu’un équipage conserve la pole position aussi longtemps. « On donne tout pour que ça passe, on a qu’une seule envie, c’est gagner cette transat » nous dit Eric Peron (2e de l’épreuve en 2012). Son compère Nicolas Lunven tempère : « on est pointé devant, mais sur un siège éjectable ». Actuellement décalé au nord du peloton de tête, sur la route la plus courte vers Saint-Barth, Generali a un problème à résoudre : il doit gagner dans le sud pour conserver jusqu’au bout, un alizé établi. Mais cette manœuvre, qui les mettrait provisoirement à 45 degrés de la route, implique d’accepter de perdre du terrain, voire, de croiser derrière leurs adversaires. Un sacrifice que « Nico et Rico » ne sont pas encore prêts à faire.

Duel au sommet

Dans la grande bataille pour le podium final, Generali est en concurrence directe avec au moins trois adversaires dont Skipper Macif et Safran-Guy Cotten. Et entre ces deux là, la bagarre est énorme depuis le passage au large des côtes mauritaniennes. Six jours de combat singulier au milieu de l’Atlantique au cours desquels les deux bateaux ne se sont jamais désunis. Ce duel a un avantage : il entretient la motivation pour pousser les bateaux à fond. Son inconvénient : il n’autorise aucun répit. Aujourd’hui, Paul Meilhat avouait rêver d’une bonne nuit de sommeil. Depuis le début de ce match-racing océanique, Safran-Guy Cotten avait l’habitude de dominer. Mais cet après-midi, il vient de se faire doubler. Fabien Delahaye et Yoann Richomme ont bossé sans relâche pour résoudre leur petit déficit de vitesse et surtout, bien exploité les bascules de vent pour empanner au moment opportun. Toutefois, avec seulement quelques milles d’écart entre les deux bateaux, ce duel va perdurer jusqu’au passage de la ligne d’arrivée dans 5 jours à Gustavia.
Calé dans leur axe, mais une vingtaine de milles plus loin, La Cornouaille a encore des chances de monter sur le podium, à condition que les deux extrêmes, Generali (au nord) et 30 Corsaires (au sud) ne passent pas. Pour l’instant, Alexia Barrier et Laurent Pellecuer sont encore dans l’expectative. Aujourd’hui, ils ont continué à plonger dans le sud. Mais le bénéfice de leur stratégie tarde à arriver.

Mauvaise rencontre pour Scutum

Cet après midi, le bateau de Gerald Veniard et Jeanne Grégoire a heurté un objet flottant. Le voile de quille est éraflé et le safran bâbord très endommagé. Gerald a dû se mettre à l’eau pour retirer un morceau de stratification partiellement arraché. Dans l’opération, il s’est légèrement blessé aux mains. C’est un coup dur pour ce double mixte qui aura du mal à faire marcher son bateau au maximum de son potentiel et à espérer mieux qu’une 6e place à Saint-Barth.

Eviter la cuillère de bois

Pour le reste de la troupe, l’objectif est désormais d’éviter la cuillère de bois. Au sud, Entreprendre en Cornouaille et Lorientreprendre termineront vraisemblablement dans le top 8. Tandis que Guadeloupe Grand Large 2, mené par deux marins qui n’avaient jamais traversé l’Atlantique, pourrait franchir la ligne devant trois skippers émérites de la course au large : Michel Desjoyeaux, Jean Le Cam et Kito de Pavant ! Ces trois là ont depuis longtemps ravalé leur frustration d’avoir pris la mauvaise option. Il leur reste un objectif : gagner la 11e place de cette Transat AG2R LA MONDIALE.

LES MOTS DES MARINS

Paul Meilhat, Safran-Guy Cotten, joint à la vacation :

«Tout va bien, nous avons eu du vent cette nuit, en général nous avons plus de vent la nuit, cela nous permet de bien avancer avec 20-25 nœuds pour maintenir des moyennes à plus de 10 nœuds. Il va falloir se décaler dans le Sud pour rejoindre Saint-Barth, c’est le jeu de celui qui va le plus court et qui ne perd pas trop de vitesse. On essaye de se placer au mieux. On a fait quelques empannages cette nuit, parce qu’il y a des nuages qui font des variations en force et direction. Nous nous décalons un peu sans perdre sur la route. Au fur et à mesure des classements, les choix sont différents. Nous cherchons le meilleur compromis, c’est vraiment intéressant …. »

Message reçu ce soir à 17H55 de Generali :
Salut à tous,

Quelques nouvelles du bord.

Bon là il fait chaud, trop chaud. On remercie les quelques nuages qui passent au dessus de nos têtes nous faire de l’ombre, mais ils sont rares !

Du coup les quarts à la barre ressemblent plus à une Barbecue Party : on a l’impression de griller sur place comme une saucisse.

Cette nuit j’ai rêvé qu’on avait un frigo à bord, le bonheur !

Sinon, il y a toujours autant de poissons volants autour du bateau, c’est sympa ces petites bêtes. On en a de temps en temps qui atterrissent sur le pont donc on fait des missions sauvetage pour les remettre à l’eau. Pas facile à attraper !

D’un point de vue sportif, on essaye de se recaler vers le Sud pour la fin du parcours mais force est de constater que nos concurrents directs sont mieux placés que nous, alors ça s’annonce compliqué pour rester en tête, mais tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie… On est à fond, le potentiel du bateau est intact, nous n’avons pas eu d’accroc depuis le début de la course.

Le moral est lui aussi très bon. Eric n’est pas encore arrivé à épuiser son stock de conneries. On est sur la même longueur d’ondes et on passe du bon temps.

Autre chose : quelqu’un peut-il me dire si l’heure d’été s’applique aux Antilles ? J’ai bien une carte de fuseaux horaires à bord mais j’aimerais affiner notre heure locale, très importante pour rythmer la vie du bord

A bientôt

Nico »

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