L’équateur et le Pot-au-Noir au menu du jour

Prince de Bretagne - Lionel Lemonchois

© Marcel MOCHET

Ces quatre derniers jours, le Maxi80 Prince de Bretagne et Lionel Lemonchois ont avalé les milles à vitesse grand V, affichant des moyennes supérieures à 26 noeuds sur des tranches de 24 heures. Une cadence pour le moins impressionnante qui leur permet, ce jeudi, de comptabiliser plus de 500 milles d’avance sur le temps de référence de la Mauricienne, établi par Francis Joyon en 2009, et d’être d’ores et déjà dans le Pot-au-Noir… puis en passe de franchir l’équateur.

« Depuis Madère, la navigation à bord de Prince de Bretagne s’est apparentée à un grand run de vitesse, à une sorte de grande glissade. J’ai régulièrement tourné à 25 nœuds et fait des pointes jusqu’à 35-36 nœuds il y a deux jours. J’ai donc pu constater qu’à très haute vitesse, le bateau se comporte bien, qu’il est sain et vraiment agréable » a raconté Lionel Lemonchois, en fin de matinée, évidemment ravi d’avoir eu une si belle opportunité de pousser sa monture dans ses retranchements pour en appréhender les limites. Reste que depuis ce matin, il commence à baisser le rythme. Et pour cause, il entre doucement dans le Pot-au-Noir, cette zone de convergence intertropicale (ZCIT) tant redoutée des marins pour ses trous d’airs et ses grains violents. Le vent se fait donc de plus en plus faible. « Depuis quelques heures, le flux de nord-est est en train de tomber. Là, je n’ai plus que 16 nœuds alors que j’en avais encore 18-19 aux alentours de 10 heures. Ce soir, plus je vais descendre vers le sud, plus le vent sera mou et plus il prendra de la droite » a détaillé ce midi le skipper normand qui prévoit de franchir l’équateur en fin de journée et espère sortir de la ZCIT demain après-midi.

Du pot dans le Pot ?

Si cette dernière n’est pas très étendue en ce moment, elle n’aura cependant rien d’une partie de plaisir puisqu’elle devrait se révéler relativement active cette nuit, avec des grains jusqu’à 40 nœuds. Quoi qu’il en soit, l’idée, c’est d’en sortir le plus rapidement possible. Lionel a donc tâché de déterminer avec précision son point d’entrée dans cette portion nébuleuse du globe – un véritable trou de souris – afin de se retrouver au plus vite propulsé par un flux de sud-est bien établi. C’est sans aucun doute ce qu’a aussi essayé de faire Thomas Coville, son compagnon de route qu’il a rattrapé en début de semaine, les deux hommes n’étant séparés que d’une quarantaine de milles ce jeudi. « Thomas n’est effectivement pas très loin. Nous avons échangé quelques mails puis eu une conversation téléphonique hier soir lors de laquelle nous avons parlé de nos petites misères et de nos petits bonheurs. Je pense que nous n’avons pas fini de nous appeler de temps en temps, histoire de taper la causette » s’est réjoui Lemonchois, rappelant, à juste titre que son compère était parti pour un tour du monde contrairement à lui, et qu’il était donc bien plus chargé à la fois en gasoil, en nourriture ou encore en eau.

En pleine forme

Et la fatigue dans tout ça ? Eh bien la bonne nouvelle, c’est que le skipper du Maxi80 Prince de Bretagne pète le feu. « Etonnement, je ne me sens pas vraiment fatigué. Je n’ai pas de coup de pompe. Dans les conditions rapides, si on parvient à déstresser, on arrive à dormir. Finalement, hormis lors des deux premiers jours où je suis resté scotché à la barre, j’ai plutôt réussi à bien me reposer. J’ai fait bosser le pilote automatique et j’ai ménagé le bonhomme autant que possible », a-t-il précisé. De quoi attaquer sereinement les 24 prochaines heures qui risquent bien d’être un peu chaotiques et lors desquelles il faudra garder l’œil bien ouvert pour ne pas se faire surprendre par un mauvais nuage afin d’éviter la casse.

Source

RivaCom

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 23 janvier 2014

Matossé sous: La Mauricienne, Records

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