Vers une Transat de tous les records…

Cette fois-ci, plus rien ne semble devoir retenir les Minis à quai. Après plus d’un mois d’attente, il est temps que la course reprenne ses droits. Et le menu s’annonce alléchant, même s’il faudra faire attention aux excès. C’est un régime de nord à nord-est puissant qui attend la flotte dès les premières heures de course. L’alizé portugais devrait être présent jusqu’aux Canaries et plus si affinités.

Affoler les compteurs. A partir de demain matin, les voiles de portant seront de sortie et les Minis devraient rapidement enquiller des heures à plus de dix nœuds de moyenne. Comme sur une piste noire, il faudra négocier le mur du cap Finisterre où les vents pourront atteindre parfois 40 nœuds en rafales. Ensuite, ce sera une question de choix : ceux qui s’en sentiront partiront au large pour attraper la veine de vents forts, parfois supérieurs à 35 nœuds. Les autres choisiront de faire route plein sud, le long des côtes du Portugal où les vents devraient être notoirement plus maniables. Pour les concurrents comme pour les routeurs (qui peuvent donner encore des conseils tant que les solitaires ne sont pas en course) le dilemme n’est pas simple. Jusqu’à quelle limite est-il rentable d’aller chercher des vents plus forts ? D’autant que l’état de la mer est prépondérant pour la bonne marche de ces petites luges qui, malgré tout, ne font que 6,50m.
Certains routages donnent les premiers aux Canaries en moins de quatre jours et les premières estimations, à pondérer, tablent sur une arrivée en Guadeloupe après 17 à 18 jours de course pour les premiers prototypes. Les premiers bateaux de série pourraient suivre dans les 48 heures. Dans ce cas, ce serait une des traversées de l’Atlantique les plus rapides, ajoutant un nouveau record à une édition qui ne manque déjà pas de superlatifs.

Un avitaillement de poids

Malgré tout, les concurrents préfèrent tabler plutôt sur 24 à 25 jours de mer. On n’est jamais à l’abri d’un incident, voire d’une dégradation des prévisions météo. Il s’agit donc de gérer tout l’avitaillement en tentant de respecter un devis de poids acceptable et une bonne répartition des masses à l’intérieur du bateau. En complément des nourritures lyophilisées, les solitaires ont envahi le supermarché local pour faire provision de quelques plaisirs terrestres permettant de garder le moral. On a vu ainsi quelques jambons trouver leur place au dessus des puits de quille ou sous la descente, selon l’humeur des skippers. D’autres n’oublient pas non plus les grigris et mascottes qui les aideront à traverser l’Atlantique. En bon Alsacien, Nicolas Boidevezi (Nature Addicts) embarquera sa cigogne fétiche quand Benoît Marie (benoitmarie.com) s’est vu confier par Jean-Luc Van Den Heede, la peluche avec laquelle il avait bouclé son premier Vendée Globe et qui a été remise à Alessandro Di Benedetto pour l’édition 2012. Autant dire une compagnie d’exception… Il faut bien ça quand on ambitionne d’affoler les compteurs sur l’Atlantique.

Ils ont dit :

Robert Rosen Jacobson (Postillion Hotels)

« Je me sens relax. C’est une bonne initiative d’avoir reporté le départ à demain matin. Je suis plutôt confiant, content d’y aller. Cela fait quand même plus de trente jours qu’on attend ce moment. Ça va forcément être émouvant de savoir qu’on part pour une étape d’une seule traite.»

Nolwen de Carlan, (Reality)

« Je suis contente de partir, il était temps. J’avais encore pas mal de choses à finir de bricoler. Là, j’en suis au stade du rangement, donc ça devrait aller. Il va falloir être prudent, mais c’est bien qu’on parte.»

Alan Roura (Navman)

« Je suis content, c’est évident. En même temps, je ressens un mélange de sentiments entre concentration, plaisir de partir et une petite appréhension. Ce n’est pas si facile de savoir qu’on va naviguer dans du vent fort, même si je sais que le bateau est costaud. »

Gwénolé Gahinet (Watever/Logways)

« Je suis content de partir, mais un peu fatigué. J’ai fait une sieste aujourd’hui, ça m’a fait un bien fou. Tant que tu es à terre, tu trouves toujours un truc à bidouiller, un truc à rajouter sur la job list. Les conditions qu’on va rencontrer ? La brise au portant, c’est quelque chose que je ne connais pas bien. Je vois bien que des gars comme Bertrand (Delesne) ou Nico (Boidevezi) se frottent les mains, mais on va s’adapter… »

Source

Solene Rennuit

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 12 novembre 2013

Matossé sous: Course au Large, Mini 6.50, Mini Transat

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