De Douarnenez à Sada : une étape ? Non, une épopée.

@ Christophe BRESHI

30 jours, c’est le temps qui se sera écoulé depuis la date théorique de départ de Douarnenez et le nouveau départ de Sada, à proximité immédiate de La Corogne, pour la plus longue des étapes jamais réalisées de l’histoire de la Mini Transat. Soit presqu’un mois de galères et d’infortunes avant de trouver une sortie par le haut.

Sur les pontons de Sada, les coureurs entrent petit à petit en mode course. Les ordinateurs fonctionnent à plein régime, les fichiers météo tombent comme à Gravelotte et les analyses des meilleurs experts sont traquées, comparées, décortiquées… Ne restent plus que quelques concurrents en mer, les derniers à avoir quitté le port de Moras, là où Jean-Pierre Dick s’était réfugié pendant le Vendée Globe avant de traverser le golfe de Gascogne. Ils devraient arriver dans la nuit.

Fenêtres à l’espagnolette et neutralisation

Pour l’heure, tout le monde est pressé d’en finir avec cette si longue attente. Il a d’abord fallu patienter à Douarnenez dans l’attente d’une improbable fenêtre météo. Une situation d’autant plus rageante que les deux semaines de préparation de la Mini Transat s’étaient déroulées dans des conditions idylliques. A deux jours près, la flotte passait royalement le cap Finisterre et déboulait au portant sur Lanzarote. C’est d’ailleurs une des pistes explorées par les organisateurs en vue de la prochaine édition, que de pouvoir décaler un éventuel départ en l’avançant de quelques jours si les conditions météo l’exigent. A Douarnenez, la direction de course guettait le moment de libérer la flotte. A chaque fois, qu’une fenêtre semblait se dessiner, les fichiers suivants contredisaient l’espoir de trouver le moment opportun.
C’est finalement le 29 octobre que le départ de la course pouvait être donné dans un vent d’ouest à nord-ouest de 25 nœuds mollissant dès la première nuit. C’est au cours de cette même nuit que la direction de course constatait une nouvelle dégradation des prévisions et décidait, comme le prévoyaient les dernières modifications des instructions de course, de dérouter la flotte vers Sada, terme d’une première demie étape. Malheureusement, le mauvais temps arrivant plus vite que prévu, il a finalement été décidé de neutraliser la course et de conseiller aux coureurs encore éloignés du port de Sada de faire route vers Gijon, où les conditions météo étaient meilleures.

Convoyage musclé
Dans le grand port h1 c’était à nouveau l’attente pour rejoindre Sada où les premiers concurrents avaient trouvé refuge. Malgré le faible nombre de bateaux à Sada, la logique voulait que la totalité de la flotte reparte du port galicien : d’une part, imposer aux coureurs arrivés à Sada de faire route à l’est vers Gijon, c’était une sorte de double peine. A la frustration de ne pas pouvoir être classés se serait ajouté un convoyage d’autant plus inutile que l’objectif final était d’avoir le moins de route à parcourir pour franchir le cap Finisterre. Pour les coureurs postés à Gijon, il fallait trouver maintenant le moyen de sortir en convoyage. Le retour vers l’ouest n’a rien eu d’une sinécure : les franchissements de l’Estaca de Barres puis du cap Ortegal se faisaient par une mer croisée et des vents atteignant parfois les 40 nœuds en rafales. Beaucoup de concurrents avouaient que c’était la première fois qu’ils étaient confrontés à des conditions aussi difficiles.
Maintenant, tout ce petit monde ou presque est rassemblé à Sada pour prendre le premier départ de cette Mini Transat Douarnenez – Pointe à Pitre. A partir de lundi les vents tournent au nord. La flotte va enfin connaître les ivresses de la glisse. Après le pain noir, les solitaires vont pouvoir manger leur pain blanc.

Ils ont dit :

Sofie de Clercq (Ville de Marseillan)

Pendant mon convoyage, j’ai eu un problème de pilote. Pour me reposer j’ai donc décidé de me mettre à la cape plusieurs fois. Mais à aucun moment je n’ai pensé à m’arrêter. En tous cas, je suis vraiment contente d’avoir fait çà. Les paysages étaient vraiment magnifiques, j’ai découvert une côte que je n’aurais jamais connue autrement. En Mini, 35 nœuds c’est acceptable, mais 40 nœuds, ça fait vraiment trop…

Hugues Chollet (Soutenez le Bel Espoir)

Jamais je n’aurais pensé être capable de faire ce que j’ai fait. Quand nous sommes partis de Gijon, ça n’avançait pas, on n’arrivait pas à progresser correctement. Comme beaucoup d’autres, j’ai fait escale à Moras. A ce moment-là, j’étais au fond du trou, vraiment déprimé. Avec quelques autres concurrents on s’est retrouvé à bord d’un des bateaux accompagnateurs où ils nous ont fait une bonne bouffe. Le surlendemain, le moral était revenu, il faisait à peu près beau. On savait qu’il y aurait du vent, mais je me suis dit, c’est un défi, il faut y aller. On a pris une bonne branlée, mais c’est passé. Avec le recul, je suis fier d’avoir réussi ça.

Source

Solene Rennuit

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 10 novembre 2013

Matossé sous: Course au Large, Mini 6.50, Mini Transat

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