Le Team Maître Jacques : l’histoire continue

© Team Maître Jacques

Le duo Maître Jacques est arrivé sain et sauf ce matin à La Corogne en Espagne après une quinzaine d’heures de convoyage depuis leur avarie. Ils étaient en tête de la catégorie des Multi 50 de la Transat Jacques Vabre lorsque l’avant de leur flotteur tribord s’est arraché, ruinant d’un coup tout espoir de continuer la course.
En seulement 48h de mer, les deux régatiers ont cependant eu le temps de prouver qu’ils étaient en mesure de décrocher au moins un podium : une équipe à suivre l’année prochaine sur la Route du Rhum.

Soulagés d’avoir pu ramener leur bateau à bon port (La Corogne en Espagne), les deux Loïc reviennent sur les circonstances de l’avarie. De premières hypothèses se dessinent…

Quel est le tout premier bilan que tu peux tirer de cet abandon ?
Loïc Féquet, skipper Maître Jacques : « Il y a 24h nous n’étions pas sûrs de pouvoir ramener le bateau à terre. C’est déjà un premier point très positif. Cela aurait vraiment été une grosse perte d’être contraints de l’abandonner.

Le deuxième point positif de l’histoire c’est que nous avions comme objectif sur cette transat de montrer que nous pouvions être dans le coup sportivement. En 48h, et malgré un début de course difficile, nous avions réussi à rejoindre la tête de la flotte et cela sans prendre de risques et sans tirer sur le bateau, mais en navigant à notre façon. Nous étions même juste passés devant Actual au moment de l’avarie.
Nous sommes bien sûr extrêmement déçus, il y avait une belle bagarre en perspective et nous avions très envie de partager tout cela avec nos partenaires. »

As-tu déjà une idée des raisons de cette casse ?
Loïc Féquet : « Nous avons pas mal échangé à ce sujet avec notre équipe et l’architecte du bateau. C’est encore difficile à dire, mais il semble que l’âge du bateau*, mis à l’eau en 2005, soit une cause assez plausible.
Lorsque le flotteur a cassé, nous n’avions pas des conditions dantesques et nous naviguions de façon à préserver le bateau justement. Nous étions à 100° du vent, avec deux ris et la trinquette, il y avait 20 à 25 nœuds, et la mer était maniable. Cela n’avait rien à voir avec les conditions vraiment musclées rencontrées il y a deux ans sur cette même Transat Jacques Vabre.
Une cause possible serait aussi qu’il y ait eu un point d’impact un jour, lors d’une manœuvre ou à cause d’une grosse vague et que cela ait créé un point de faiblesse… »

* En 9 saisons, ce trimaran a accroché à son palmarès pas moins de 3 Transat Jacques Vabre, 2 Route du Rhum, 1 Québec Saint-Malo, 1 Vendée-St Petersboug, des dizaines de Grand Prix et convoyages… soit quelques 30 000 milles (plus de 55 000 km). De quoi fatiguer un brin…

Peux-tu revenir justement sur les conditions rencontrées lors de l’avarie ?
Loïc Féquet : « Nous avions eu une nuit difficile, mais le vent et la mer ont été beaucoup moins forts que ce qui avait été annoncé. Nous avions d’ailleurs fait un contre bord à l’ouest à l’entrée du golfe de Gascogne (sur les conseils de notre routeur), non seulement pour éviter la mer plus formée dans le sud du golfe, mais aussi en prévision de la redescente sur le cap Finisterre. Le vent était même tombé à 10 nœuds samedi matin, et nous attendions d’être sûrs qu’il ne se renforce pas trop pour renvoyer de la toile. Les deux vagues qui ont provoqué la casse du flotteur n’étaient pas plus grosses que les autres, et nous n’attaquions pas du tout. D’où l’hypothèse de l’usure… »

Quel est le programme des jours à venir ?
Loïc Féquet : « Il n’y a pas de fenêtre météo dans la semaine qui vient pour convoyer le bateau en Bretagne dans de bonnes conditions. Nous allons donc rentrer en France en attendant une opportunité de le faire. »

Dès leur arrivée à terre ce matin, les deux Loïc ont reçu des messages de soutien de leur partenaire Maître Jacques et des dirigeants du groupe Agrial.
M. Laumaillé, PDG de Maître Jacques : « Nous sommes bien évidemment très déçus. C’est assez frustrant de voir une course, que tous nos collaborateurs attendaient depuis des mois, s’arrêter au bout de deux jours. Mais l’important est avant tout qu’ils aient réussi à revenir à terre tous les deux, en bonne santé. Nous sommes plus que jamais avec eux. Et nous allons très vite nous tourner vers 2014 ! »

Source

Catherine Ecarlat

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