Jour 1 – Canaries Expresses

© Chris Schmid

Pas de tour de chauffe pour le maxi trimaran Spindrift 2 de Dona Bertarelli et Yann Guichard dans cette tentative contre le record de la Route de la Découverte. Le plus grand trimaran de course au monde s’est dès les premiers milles calé dans un “range” de vitesse égal ou (souvent) supérieur à trente noeuds, profitant d’un bon flux de secteur nord bien établi au large des côtes marocaines. Le bilan comptable des 17 premières heures de course traduit la redoutable efficacité du voilier et de ses 14 hommes (et femme) d’équipage, puisque le long bord tribord suivi cette nuit par le multicoque géant dans l’est de Madère avait ce matin porté à près de 180 milles l’avance “virtuelle” sur le détenteur du temps référence sur la distance, le maxi trimaran Groupama 3. Un premier empannage, lourde manœuvre de changement d’amure aux allures portatives, est intervenu peu après 5 heures ce matin, qui permet à Dona et Yan de tracer désormais une route quasi directe, toujours aussi limpide et à grande vitesse vers la marque de parcours obligé de Gran Canaria, l’île principale de l’archipel des Canaries à laisser à tribord, et ceci dans le plus strict respect de la route historique suivie par Christophe Colomb à la fin du 15ème siècle. Nous arrêterons là les comparaisons, puisque si les trois caravelles du légendaire navigateur génois avaient mis plus de 6 jours pour rallier Las Palmas, c’est en moins de 24 heures que Spindrift 2 pourrait dès ce soir parer l’archipel. Un double empannage sera semble t’il nécessaire pour glisser entre Fuerteventura dans l’est et Gran Canaria à main droite, dans un vent toujours aussi tonique, plus de 20 noeuds de secteur Nord Nord Est. La phase transatlantique du parcours pourra alors débuter, dans un tempo toujours aussi soutenu. L’alizé est là, et si l’état de la mer le permet, avec une houle longue et bien rangée, Spindrift 2 et son formidable potentiel vont continuer d’affoler les speedomètres en attendant les premières difficultés météorologiques identifiées à mi parcours sous la forme de cols barométriques et leurs corolaires de zones de transition moins ventées…

Vacation avec Yann Guichard ce matin :

Nuit comme anticipée très “nerveuse”, tonique, avec une mer courte pas facile à gérer. Ciel étoilé superbe. Avec le lever du jour, la chaleur est au rendez vous, et le paysage est celui d’une mer d’alizé typique, avec quelques grains, une belle lumière, mais toujours cette mer peu ordonnée qui nuit quelque peu à la vitesse, et nous contraint à une vigilance accrue, car Spindrift 2 lève vite “la patte” quand il butte contre un train de vagues venu par le travers. Le travail des barreurs a donc été très intense, et nous avons limité les temps de barre à 40 mn, voire une heure. Nous sommes satisfaits de notre départ, avec une petite avance sur le record, mais aussi sur notre propre estimation jusqu’aux Canaries. Nous allons devoir empanner à nouveau cet après midi pour pouvoir passer au plus près de Gran Canaria et bien anticiper sur notre trajectoire au dévent de l’archipel. Comme prévu, personne n’a vraiment fermé l’oeil depuis hier, car le bateau bouge beaucoup. Chaque fois que possible, on a renvoyé des équipiers à l’intérieur pour au moins se reposer à l’abris des embruns….

Mot de la nuit reçu du bord :

Cette première nuit en mer s’est bien passée. On a eu plus de vent que prévu sous un beau ciel etoilé mais sans lune. Ca commence à mouiller. On a fait de belles pointes de vitesse de 44noeuds dans une mer formée de travers par tribord. Assez chaotique pour barrer mais aussi pour dormir !
Le jour se lève, on vient de renvoyer un ris
Dona

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Spindrift racing

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