Vers un final olé olé

© Antoine Beysens

Les lumières de la Costa Brava scintillent depuis le début de la nuit. Mais la côte, dans ce vent faible, ne défile que très lentement. Il ne reste plus que 30 milles avant le finish à Barcelone. 30 milles qui risquent de s’éterniser et pendant lesquels la hiérarchie en place ce matin à 6 heures peut encore basculer. Adrien Hardy (Agir Recouvrement) mène le bal, quelques centaines de mètres devant Gildas Mahé (Ports d’Azur – Interface Concept), Paul Meilhat (Skipper Macif 2011) et Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012). Mais rien, absolument rien, n’est joué dans ce final pétoleux vers la capitale catalane.

Au milieu des pêcheurs, ils ont tiré des bords toute la nuit et se sont placés pour le finish en début d’après midi à Barcelone. Et il semble que ceux passés près de terre s’en soient mieux sortis que les autres. C’est le cas d’Adrien Hardy, l’homme qui était déjà en tête il y a 36 heures, au pointage de Porquerolles. Au petit matin, sous un ciel étoilé, le skipper d’Agir Recouvrement ouvrait la voie aux 16 concurrents lancés à ses trousses. Mais son leadership reste fragile : moins d’un mille sur Paul Meilhat (Skipper Macif 2011), toujours à la lutte avec son camarade d’équipe Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012).
Plus au large, les positions de Xavier Macaire (Skipper Hérault) et Gildas Mahé (Ports d’Azur Interface concept) méritent qu’on y prête attention. Car ce décalage pourrait être favorable si le vent de sud-ouest s’installe comme prévu.

Pour l’instant, ne souffle qu’une brise de terre famélique. Face à une légère houle et un courant défavorable, les monotypes progressent à moins de 4 nœuds, sur un bord pas vraiment rapprochant. Joints à la vacation ce matin, les navigateurs s’accordaient tous sur un point : ils ne savent pas à quelle sauce ils seront mangés dans ces dernières heures de course.

Ils ont dit :

Adrien Hardy (Agir Recouvrement), 1er au classement de 5 heures :

” Cette nuit s’est plutôt bien passée puisque j’ai réussi à gagner quelques places. On a commencé la nuit avec du vent assez soutenu, au près un petit peu débridé, en arrivant sur les côtes espagnoles. Depuis deux heures, ça s’est cassé la figure!, On est au près de nouveau, en tribord amures, dans très peu de vent. La mer est assez plate, c’est bien ça nous permet de progresser vers Barcelone. Sur l’eau il y a de nombreux pêcheurs, il faut être vigilant. J’ai réussi à faire une petite sieste tout à l’heure, il faut quand même dormir un petit peu parce que c’est loin d’être fini. Il y a encore des options à faire, des choses à réfléchir. Il va falloir avoir la tête un peu lucide pour prendre les bonnes décisions. Ca va être ce vent là jusqu’à la fin. Il faut s’appliquer à progresser vers le but”.

Gildas Mahé (Ports d’Azur – Interface Concept), 2ème au classement de 5 heures :

“On tire des bords, on voit bien la côte du coup. Il y a des options qui se sont dessinées, on verra à la fin ce que ça donne. Après la frontière ça gagnait beaucoup à terre le long des côtes. A un moment j’ai décroché en calculant un peu la suite et en essayant d’anticiper le lever du jour qui je pense donnera beaucoup de gauche au vent. Du coup il y a beaucoup de latéral et on verra ce que ça donne à l’arrivée. Mais on prend ce qu’on a, c’est déjà bien et on essaie d’avancer vers le but.

Je suis content de ce que j’ai fais mais c’est à l’arrivée qu’il faut être bien placé et pas au départ. Il reste encore trente et quelques milles à parcourir et c’est au bout de ces trente et quelques milles qu’il faut être bien placé”.

Paul Meilhat (Skipper Macif 2011), 3ème au classement de 5 heures :

“Le rythme n’est quand même pas simple sur cette étape. J’ai essayé de me reposer à un moment parce que je commençais à être fatigué et je crois qu’il faut garder la tête claire pour ce matin pour l’arrivée. Je pense qu’il va se passer pas mal de choses en se rapprochant de Barcelone. Ca ne va pas être simple cette histoire. Là on est plutôt sur un vent qui vient de terre et on risque d’avoir une transition à un moment qui va chambouler tout ça. La nuit est très claire parce qu’il y a une belle lune. On regarde l’AIS mais il ne faut pas tomber dans le piège de regarder trop, il faut aussi s’occuper de son bateau, faire un peu comme on le sent”.

Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012), 4ème au classement de 5 heures :

“J’ai fait une mauvaise nuit et j’ai un peu reculé. J’avais pas mal d’avance et l’approche des côtes espagnoles n’a pas été bonne pour moi. Ce ‘est pas la fatigue, ça va bien de ce côté là. Le vent a été changeant, plutôt aléatoire et très variable, et je n’ai pas été dans les bonnes oscillations et dans les bons coups et les autres ont été meilleurs que moi. J’ai reculé pas mal. C’est du petit temps avec des vagues donc c’est encore moins facile que le petit temps d’hier, mais on se rapproche du but et on fait avec. En plus de ne pas avancer vite, on a du courant contraire et du coup on ne va vraiment vraiment pas vite. Mais il faut attendre que le jour se lève et que le vrai vent s’installe et ça devrait aller mieux. Il ne faut pas oublier qu’on est en Méditerranée et qu’on n’est à l’abri de rien”.

Xavier Macaire (Skipper Hérault), 5ème au classement de 5 heures :

“Ma position n’est pas pire qu’une autre. On va voir comment on va recoller les morceaux mais dans l’ensemble je ne suis pas mécontent. Je suis dans le paquet de tête. Je pense qu’on va arriver en début d’après midi, même plus tôt que ça. Il reste 30 milles ça approche. Il va falloir choper le vent au bon endroit, au bon moment”.

Source

Rivacom

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 24 septembre 2013

Matossé sous: Figaro 2, Generali Solo, Monotypie

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