Transition molle

© Vincent Curuchet / Dark Frame

Plus qu’une quarantaine d’heures avant la montée en puissance du vent. Dès dimanche, la flotte devrait prendre un sérieux coup de pied au tableau arrière. Le vent d’ouest à sud-ouest pourrait monter jusqu’à trente-cinq voire quarante noeuds quand la mer grossira sérieusement. L’arrivée sur Lorient pourrait être particulièrement sportive.

Ils se préparent. Tous les navigateurs solitaires se mentalisent en prévision du mauvais temps qui devrait les toucher dès ce week-end. Chacun, suivant ses habitudes, commence à dresser la liste des gestes indispensables : faire une analyse approfondie des conditions de mer et de vent à venir, ranger le matériel, rentrer les voiles qui traînaient sur le pont dans la soute à voiles, les sangler pour éviter qu’elles ne bougent, répartir les poids… Sans compter la check-list des vérifications usuelles du gréement courant comme dormant. En attendant, tous subissent une zone de transition au sein de laquelle le vent est étrangement absent. C’est donc à petite vitesse que la flotte continue de progresser vers Lorient.

Tricots incertains

Preuve que la situation météorologique reste encore très incertaine, les trajectoires croisées des uns et des autres. Hier encore, Virbac-Paprec 3 était accompagné dans son choix d’une route nord du seul MACIF de François Gabart. Au classement de 11h, Jean-Pierre Dick était rejoint dans sa quête par Vincent Riou (PRB) et dans une moindre mesure Alex Thomson (Hugo Boss). Pendant ce temps, François Gabart plongeait plein est et se retrouvait bord à bord avec le concurrent le plus au sud de la flotte à savoir Armel Le Cléac’h (Banque Populaire). Une intuition bienvenue puisque le jeune navigateur se trouvait, pour l’occasion, à nouveau propulsé en tête du classement. Leaders de la flotte sur la route sud, MACIF et Banque Populaire étaient les seuls à continuer d’avancer correctement au point de 11h30. Mais, on sait à quel point les situations peuvent vite changer au passage de ces zones de transition.

Retour express

Il reste que ce qui préoccupe le plus les navigateurs, c’est bien la profonde dépression qui devrait les cueillir et les accompagner jusqu’aux côtes bretonnes. Dès la nuit de samedi à dimanche, le coup de vent va provoquer une accélération massive de la flotte, mais aussi de fortes poussées d’adrénaline. Si le large n’inquiète pas outre mesure les navigateurs, l’atterrissage sur les côtes risque d’être autrement sportif. La fin de semaine pourrait voir une nouvelle dépression se creuser au large et rendre particulièrement délicats les derniers milles. Entre la remontée de fonds du plateau continental, le trafic et la présence des dangers qui jalonnent la côte, il va falloir aux marins toute leur lucidité. Ils devront aussi disposer d’un bateau en bon état de navigabilité, apte à manœuvrer si nécessaire. Les derniers milles, même avalés dans des eaux familières, ne seront pas forcément les plus simples.

Ils ont dit :

Armel Le Cléac’h (Banque Populaire)

« Ça va bien. On est presque bord à bord avec François Gabart, donc ça promet une belle bagarre. On va voir dans les prochaines heures ce que ça donne. Après les conditions météorologiques s’annoncent difficiles. C’est aussi pour ça qu’on est venu pour se tester en vue du Vendée Globe. On va préparer le bateau en conséquence, faire attention au marin et au bateau. On aura de l’air et de la mer jusqu’à Lorient, c’est certain.»

Jean-Pierre Dick (Virbac-Paprec 3)

« Petit à petit, on remet des couches de vêtements polaires. On a commencé à sentir que l’air devenait de plus en plus froid. En ce qui concerne mon positionnement au nord, j’avoue que j’en attendais mieux. Il va falloir s’accrocher, actuellement ce n’est pas terrible. J’espérais avoir plus de vent que ce que j’ai et surtout plus rapidement. Du coup, je ne suis pas certain d’être le mieux placé à l’heure actuelle. Maintenant, avec le temps on apprend à relativiser. Il faut garder juste la ténacité et la patience. »

Vincent Riou (PRB)

«Maintenant, il y a deux groupes. Virbac-Paprec et moi, on est très au nord. On a vingt-quatre à trente-six heures pour se préparer au mauvais temps. Il va falloir ranger les voiles, ramasser tout ce qu’on peut dehors, parce qu’il va y avoir beaucoup d’eau sur le pont. Le début de la traversée ne sera pas trop violent, la deuxième partie de l’Atlantique risque d’être beaucoup plus compliquée. »

Source

Rivacom

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