En Méditerranée, Morgan Lagravière veut finir en Beauté !

© Alexis Courcoux

De la Provence à la Corse, au gré de parcours entre Marseille, Ajaccio et Propriano, le skipper du Pôle Vendée Course au Large, frustré après une Le Havre AllMer Cup en demi-teinte, est bien décidé à clore sa saison de Figaro sur un nouveau coup d’éclat. A double titre même. Car s’il espère bien évidemment briller sur cette Eiffage TP Med Race, il ambitionne aussi de bien figurer – si ce n’est davantage… – au championnat de France de course au large en solitaire, dont il occupe actuellement la troisième place. Pour Morgan Lagravière, l’île de Beauté aura donc des allures de juge de paix…

Morgan, après ta septième place sur la Le Havre AllMer Cup, dans quel état d’esprit es-tu ?
« A la sortie de la course du Havre, je n’étais pas vraiment animé d’un sentiment de déception. J’ai surtout cherché à comprendre ce qui n’avait pas fonctionné, à trouver des solutions aux soucis de vitesse et aux autres petits problèmes que j’ai pu rencontrer là-bas. Il y a donc eu une sorte de remise en question. Je me suis aussi octroyé quelques jours de repos, parce qu’il y en a eus finalement peu après La Solitaire du Figaro et que la Le Havre AllMer Cup a été assez éprouvante physiquement. A force de ne pas mettre les pieds sur le bateau, ni-même bricoler, je dispose aujourd’hui d’une certaine fraîcheur. Mon envie de naviguer est plus forte. J’espère maintenant que les réglages techniques que j’ai pu effectuer depuis vont porter leurs fruits. »

Cette Eiffage TP Med Race est la dernière course de la saison, comment l’abordes-tu ?
« J’y vais vraiment avec l’envie de conclure la saison de belle manière. En tout cas, j’avance sans pression. J’ai envie de me prouver à moi-même, mais aussi aux autres, que ce que j’ai réalisé sur La Solitaire n’était pas qu’un coup d’éclat (Morgan a terminé 2e du général derrière Yann Eliès, ndr). Depuis deux ans et mon arrivée au Pôle, je n’ai jamais rien lâché. Finir 14e d’une course, c’est pour moi mieux que 15e. C’est un état d’esprit que j’ai travaillé. Je vais donc donner le maximum, pour aller chercher un bon résultat ici et tenter, aussi, de grappiller mon retard sur Nicolas (Lunven) au championnat de France… »

Justement, parlons du championnat de France de course au large en solitaire. Tu es actuellement troisième, derrière Nicolas Lunven et Fabien Delahaye. Est-ce devenu pour toi un objectif ?
« Je suis dans une configuration assez intéressante, dans laquelle j’ai, à mon avis, plus à gagner qu’à perdre. Nicolas (Lunven) a une petite avance, mais rien n’est joué. Je suis conscient qu’il y a un coup à jouer, alors j’ai très envie de le tenter… et de le réussir ! La régularité que j’ai eue dans les résultats cette année, même en dehors des épreuves comptant pour le championnat de France, me fait dire que ce serait une grosse déception de ne pas terminer sur le podium, même si, pour moi, il n’y a pas que le résultat mathématique qui compte, il y a aussi la manière. Je ne veux avoir aucun regret au sortir de cette course, c’est pour ça que j’essaie de me mettre dans les meilleures conditions. On comptera les points à la fin. Sur l’échelle des émotions, si je finis premier à l’issue de ce championnat je serais très heureux, deuxième content, troisième satisfait et quatrième forcément un peu déçu… »

Penses-tu qu’avec les enjeux autour du championnat, il puisse y avoir un marquage entre les favoris ?
« Une course dans la course ? Je n’y crois pas une seconde ! Je connais bien mes adversaires, ce n’est pas du tout le genre de la maison. Et puis, si on joue à ça, c’est un risque que Gildas (Morvan) et Erwan (Tabarly), qui ne sont pas loin derrière et qui vont tout donner sans se poser de questions, nous passent devant. De mon côté, c’est sûr, il n’y aura donc pas de calculs. »

Etienne Saïz, ton entraîneur ne sera pas sur place, mais tu vas pouvoir recueillir de bons conseils auprès de skippers du coin…
« Oui, je vais être encadré par de bons amis, Dimitri Deruelle et Christopher Pratt. Quand je leur ai soumis l’idée d’une collaboration pour la Med Race, ils ont tout de suite été au taquet (sic) ! Ils sont très compétents de manière générale, alors d’autant plus chez eux ! Nous allons naviguer ensemble aujourd’hui et demain. Je vais pouvoir recueillir leurs avis d’experts, écouter leurs conseils techniques, pour tirer la quintessence du bateau dans cette mer méditerranéenne un peu particulière. On se fera aussi des points réguliers par téléphone sur les préparations de navigations, pour parler stratégie et météo. »

En quoi les navigations en mer Méditerranée sont-elles différentes ?
« Déjà, il n’y a pas de courants. Ça supprime donc un facteur important dans l’aspect navigation. Les conditions rencontrées peuvent être hasardeuses. Souvent, on a du synoptique relativement fort, c’est-à-dire des vents établis, qui peuvent durer plus de 24h. Ce sont des vents d’est, comme le mistral. Mais parfois, on peut aussi ne pas avoir de vent, des phases de transition assez longues, des thermiques à aller chercher le long des côtes. Il faut se préparer à tous les schémas météo, à tous les renversements de situation. Il va falloir s’y adapter, mais de toute façon le jeu sera le même pour tout le monde. Et puis, cette Med Race, c’est une course à laquelle j’ai déjà participé à sept reprises, en Mumm 30 en équipage. Je connais bien le parcours et Marseille, puisque je m’y suis aussi déjà entraîné en 49er. J’y vais donc confiant, avec l’avantage de connaître le plan d’eau, même si ça n’a pas grand intérêt compte tenu des conditions aléatoires que l’on peut rencontrer. Si, par exemple, on part vers Ajaccio sans vent et avec des thermiques, il peut se passer beaucoup de choses… Il faudra, quoi qu’il arrive, avoir les nerfs solides ! »

Source

La Septième Vague

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 11 septembre 2012

Matossé sous: Figaro 2, Med Race, Monotypie

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