Surf session dans le golfe

© Alexis Courcoux

Après le passage de la dorsale hier soir au large des côtes espagnoles, les spis sont sortis des sacs. Un vent de sud-ouest très instable (entre 15 et 18 noeuds) pousse désormais les 36 Figaro Bénéteau vers les côtes françaises dans le petit matin gris. Sous la lune, la nuit a été studieuse à la barre et aux écoutes et les petits décalages latéraux du début de course ont eu de grands effets sur le classement. Emmenée par Nicolas Lunven (Generali), la flotte s’étale sur 6 milles d’Est en Ouest et ceux qui n’ont pas tenu la cadence nocturne commencent à accuser un peu de retard.

Veilleurs de nuit

Le franchissement de la bulle anticyclonique hier soir n’a pas occasionné d’arrêt buffet. Vers 22 heures, les premiers spis étaient hissés pour une nuit de veille sous la lune. Ce matin, la physionomie de la flotte est le résultat des petits placements opérés dès les premières heures de course et de la capacité des marins à faire marcher leur monotype dans un vent de sud-ouest très instable et une houle traversière les obligeant à barrer sans cesse et à adapter leurs réglages. Nicolas Lunven (Generali), au prix d’une nuit sans sommeil, est celui qui a le mieux maîtrisé ces deux exercices. Au classement de 5 heures, alors que la flotte commence à caracoler à plus de neuf nœuds de moyenne, le vainqueur de La Solitaire 2009 a pris les devants, suivi de peu par Gildas Morvan (Cercle Vert). Avec Jean-Pierre Nicol (Bernard Controls), 4e à 2 milles, Gildas et Nicolas sont les plus excentrés à l’Est et profitent d’un angle de progression plus favorable que leurs adversaires du large, à savoir Vincent Biarnes (Prati’Bûches), Yann Eliès (Groupe Quéguiner/Journal des Entreprises), Paul Meilhat (Skipper Macif 2011) ou encore Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012). Pour leur salut, ces derniers espèrent bénéficier d’un vent plus soutenu…

Mais à l’heure actuelle, tout ce beau monde est en train de doucement s’aligner. Et dans le courant de la journée, les écarts latéraux pourraient bien se transformer en écart tout court. D’ailleurs, dans le sillage des 15 premiers concurrents, les poursuivants sont déjà distancés. Entre les leaders et la queue de peloton, on compte plus de 10 milles. Le benjamin de la flotte Henry Bomby (Artemis 37), qui a galéré pendant presque 2 heures cette nuit pour résoudre des problèmes de pilote automatique, accuse déjà 22 milles de retard.

A la barre et aux écoutes jusqu’à Sein

Pour ceux qui n’ont pas tenu la cadence cette nuit, il sera difficile de revenir dans le match. Pas de stratégie à l’horizon mais une course de vitesse pure, sur un bord, à coups de surfs dans la houle d’ouest et qui durera jusqu’à la chaussée de Sein. Une course de résistance à la barre et aux écoutes, avec l’obligation absolue de ne pas déchirer son spi.

Ils ont dit :

Nicolas Lunven (Generali) :


« Cette première nuit en mer ne s’est pas si mal passée que ça. Hier dans l’après-midi, la flotte s’est vite éparpillée en latéral avec beaucoup d’écart latéral. Jusqu’à maintenant on a toujours eu du vent pour avancer. L’option choisie et mon positionnement sous le paquet s’est révélé assez payant. J’ai lofé pour remonter le paquet qui était à mon vent. J’ai choisi de sécuriser tout le paquet de bateaux qui se trouvent derrière moi.
J’ai dû envoyer le spi vers 20h-21h. Actuellement on a entre 15 et 18 nœuds de vent au portant légèrement lofé. Il pleuviotte de temps en temps mais la visibilité est bonne. On a un peu de clapot pas évident qui nous cloue à la barre donc peu de répit et peu de sommeil. Mais ça va !
Je vois derrière moi une douzaine de feux, par mon travers sous le vent je vois Gildas.
Je pense qu’on va naviguer une bonne partie de la journée sous spi dans un flux de 15 à 20 nœuds jusqu’à l’Occidentale de Sein.
On ne pourra utiliser le pilote que très rarement car le vent et la direction sont relativement capricieux donc il faudra rester vigilant… »

Gildas Morvan (Cercle Vert) :


« Dès le départ, je voulais attaquer pour être devant donc j’ai joué et cela s’est révélé payant. C’était un bon départ. Et il faut rester dedans.
Les conditions de navigation pour les prochaines heures vont m’obliger à plutôt lofer pour être plus au vent et resserrer au latéral. On a pas mal de houle.
Sur le départ, on a dû envoyer le spi en premier et en même temps avec Generali.
Là actuellement çà glisse bien et c’est un bon compromis pour essayer de gagner un peu plus de vitesse.
Peu de sommeil et de repos parce qu’après le départ les conditions ont molli donc il fallait barrer et maintenant le vent est un peu rentré, çà glisse bien avec quelques surfs mais il faut rester à la barre.
Les conditions sont agréables, on avance entre 9 et 10 nœuds sous spi, çà avance vite avec une magnifique pleine lune. C’est plutôt sympa ! Je vois quelques feux au vent.
Normalement le vent va rentrer un peu plus entre 18 et 22 nœuds même direction, on devrait la faire rapide comme ça jusqu’à la chaussée de Sein et puis il va falloir barrer pour aller vite. Maintenant c’est un peu une course de vitesse ! »

Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012) :


« Ça glisse tout seul. Le vent est rentré progressivement mais ça reste irrégulier. Des fois on a des rafales à 20 nœuds puis ça ramolli à 12 nœuds. Il faut être vigilant et rester studieux ! Depuis le départ je n’ai fait que 3-4 siestes de 10 minutes. Et puis ça risque de durer puisque là, j’ai Fred Duthil à côté de moi ! On est plus calé dans l’ouest par rapport à l’autre paquet mené par Nico et Gildas. C’est dur de savoir ce qui va se passer, en tout cas, ils ont bien glissé dans l’est donc ils resteront devant. Il nous reste environ 170 milles à courir jusqu’à l’Occidentale de Sein. Pour combler les quelques mètres de décalage, il faut récupérer le plus d’air qu’eux et rester dans l’ouest. J’espère que ça va payer… Pour l’instant on est au grand largue, ça file bien, ça risque d’adonner un peu. On verra ce que ça va donner mais pour l’instant il faut vite faire avancer le bateau et il va se passer des choses jusqu’à la fin de l’étape…»

Source

RivaCom

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