Un Golfe pour se départager

© Alexis Courcoux

C’est une flotte assez compacte qui fait désormais route vers l’arrivée de cette première étape de La Solitaire du Figaro – Eric Bompard Cachemire. Après avoir avalé un chenal, un raz, une pointe, deux îles et un phare, la flotte des 36 Figaro Bénéteau encore en course dispose au menu de cette nouvelle journée d’un Golfe à traverser. Toujours emmenée par deux marins en grande forme, Yann Eliès (Groupe Queguiner – Le Journal des Entreprises) et Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012), la flotte commence à s’étaler en largeur. Différentes trajectoires semblent amorcer quelques stratégies.

Les prévisions météorologiques semblaient assez pessimistes pour la navigation sur la partie Sud de la Bretagne mais finalement, les 36 solitaires (suite à l’abandon hier en fin d’après midi de Jean-Pierre Nicol, Bernard Controls) ont très bien glissé entre Penmarc’h et Les Birvideaux, dernier point de passage obligatoire avant la traversée vers Gijon. Un sprint de 50 milles qui a permis à certains skippers de se reposer et de s’alimenter enfin correctement. Positionné à proximité des Birvideaux et afin de réaliser le pointage GMF, le catamaran de la Direction de Course n’a pas chômé cette nuit. En effet, les 16 premiers concurrents sont passés en moins de 58 minutes, Yann Eliès en tête à 1h11 et 29s, suivi par Fabien Delahaye à 1h17min et 31s et Morgan Lagravière à 1h22min et 5s.
« Je suis passé en tête aux Birvideaux avec Fabien et Morgan juste derrière. Maintenant la traversée du golfe de Gascogne nous attend. La vigilance restera de mise jusqu’au bout puisque les côtes espagnoles ne sont jamais évidentes à passer. Les 4 milles d’avance que j’ai sur Nico ne sont pas très significatifs, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers », confiait Yann à la vacation radio ce matin.

30 minutes plus tard, Nicolas Lunven (Generali) ouvrait le bal des poursuivants avec dans son tableau arrière Frédéric Duthil (Sepalumic), Nicolas Jossier (In Extenso Experts-Comptables), Gildas Morvan (Cercle Vert) et Xavier Macaire (Skipper Hérault) à 1h59min et 40s. Si la route, le long de la Bretagne Sud, s’est faite les uns derrière les autres, Les Birvideaux marque la fin de ce jeu sans véritable stratégie. Désormais le champ est ouvert et dès la marque arrondie, quelques skippers ont décidé de tenter un coup. Dans ce rôle de testeur, Francisco Lobato (Roff) a décidé de pousser le bord de spi un peu plus longtemps que les autres en se décalant plus dans l’Est. Il fait désormais route plein sud. Un choix qui peut s’avérer payant au moment de la bascule du vent à l’est. Plus timide dans sa route, Julien Villon (Seixo Promotion) navigue actuellement entre Francisco Lobato et le gros de la flotte plus dans son ouest. Il devrait cependant rentrer dans le rang dans les prochaines heures.

Quelques choix stratégiques se mettent donc en place sur ce Golfe pas très clair car dans le courant de la journée, la bulle anticyclonique devrait toucher les marins et provoquer non pas un éclatement de la flotte mais selon Fabien Delahaye, un regroupement : « Les prévisions du temps de la journée sont très variables. On ne sait pas très bien ce qu’il y a devant, la flotte devrait se regrouper dans quelques heures et une nouvelle course devrait commencer… ».

Au menu de cette matinée, une navigation au près débridé sur une mer légèrement formée mais toujours dans une humidité de tous les instants. Le soleil est attendu avec impatience pour commencer à retirer des couches et surtout changer enfin de vêtements. La vie s’organise bien pour ces skippers qui naviguent à 230 milles de Gijon. Une flotte assez compacte finalement car entre le premier et les deux derniers, Kristin Songe Moller (Kristin For Fulle Seil) et Yannig Livory (One Network Energies) qui semble à la peine sur cette première étape, l’écart n’est que de 21 milles. Les difficultés de la Bretagne n’auront pas eu trop de conséquences sur cette flotte et le regroupement possible pourrait bien redistribuer les cartes sur une première étape qui nous offre déjà de belles histoires et un réel suspens.

Passage Bouée GMF (Birvideaux)

  1. Yann Eliès, Groupe Queguiner – Le Journal des Entreprises à 01h11’29”
  2. Fabien Delahaye, Skipper Macif 2012 à 01h17’31”
  3. Morgan Lagravière, Vendée à 01h22’05”
  4. Nicolas Lunven, Generali à 01H51’22”
  5. Frédéric Duthil, Sepalumic à 01h54 ‘15”
  6. Nicolas Jossier, In Extenso Experts Comptables à 01h56’55”
  7. Gildas Morvan, Cercle Vert à 01h58’57”
  8. Xavier Macaire, Skipper Herault à 01h59’40”
  9. Paul Meilhat, Skipper Macif 2011 à 02h00’15”
  10. Corentin Horeau, Bretagne Crédit Mutuel Espoir à 02h02’05”’

Ils on dit :

Yann Eliès (Groupe Queguiner – Le Journal des Entreprises)


« Je me réveille à l’instant. Des réveils après des petites siestes comme cà, il y en a eu quelques uns… On vient de finir la première partie « Tour de Bretagne ». C’était particulièrement joli mais la pluie et ce temps gris nous ont gaché un peu notre plaisir. C’était une navigation côtière que j’adore. Il fallait jouer avec les cailloux et les courants.
La météo n’a finalement pas été si terrible que celle initialement annoncée. La grande bulle de vent prévu n’a pas duré très longtemps.
La dernière section a été avalée rapidement avec 13–14 nœuds.
Je suis passé en tête aux Birvideaux avec Fabien et Morgan juste derrière. Maintenant la traversée du golfe de Gascogne nous attend. La vigilance restera de mise jusqu’au bout puisque les côtes espagnoles ne sont jamais évidentes à passer.
Les 4 milles d’avance que j’ai sur Nico ne sont pas très significatifs, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Je dois rester hyper concentré pour tenter de maintenir ce classement.
Actuellement on est toujours dans cette masse d’air humide mais on espère bien avoir d’ici peu un rayon de soleil… »

Fabien Delahaye (Skipper Macif 2012)


« Je ne fais que dormir depuis Les Birvideaux avec la pluie et le vent en fond sonore… J’ai vu le jour se coucher et là je le vois se lever. On a enroulé Les Birvideaux et ensuite un front nous est passé dessus, il n’a fait que pleuvoir avec du vent et du coup on était au près. La navigation au près et sous pilote m’ont permis de me reposer pour la suite et de recharger les batteries.
On est sous la pluie depuis le départ. Je change de veste et de bottes à chaque éclaircie. J’attends le contournement de l’approche de l’anticyclone d’aujourd’hui pour sécher et changer les sous couches.
En tout cas c’est toujours très gris et très sombre.
Je suis bien revenu sur Yann et on est toujours bord à bord, on a juste 0,4 mille d’écart.
Les prévisions du temps de la journée sont très variables.
On ne sait pas très bien ce qu’il y a devant, la flotte devrait se regrouper dans quelques heures et une nouvelle course devrait commencer…
Le bateau et l’homme vont bien, on va donc essayer d’avancer vite vers Gijon et de passer au mieux cette transition ! »

Source

RivaCom

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