Jonas Gerkens
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    28 septembre 2015 • Classe Mini, Course au Large, Mini Transat • Vues: 2351

  • « Je suis vraiment très surpris d’une telle avance sur mes concurrents»

    Il était confiant et préparé ; c’est serein que le skipper et chef d’entreprise Davy Beaudart a pris le départ de la 20ème édition de la Mini Transat 2015, donné dans la baie de Douarnenez le 19 septembre dernier.

    La route, il la connaissait et c’est « pleine balle » qu’il a plongé dans le golf de Gascogne où il a gratté petit à petit une avance considérable (près de 90 milles) sur ses adversaires. Le MAGNUM au bout rond est manifestement un navire solide et rapide, qui n’a probablement pas fini de faire parler de lui dans la course au large.

    L’organisation de la course avait prévu une arrivée des premiers ministes le 27 dans la journée mais c’est 1 jour avant, le samedi 26 septembre à 10h 34min et 46sec que le skipper a franchi la ligne à Lanzarote, plein d’émotions.

    Cette victoire de première te laisse quel sentiment ?

    « C’est une réussite personnelle, un travail bien fait ; c’est tout le boulot qui a été fait en amont qui paie aujourd’hui. J’ai navigué comme je sais faire et cela a fonctionné, d’autant que le bateau arrive nickel ici. C’est une énorme victoire personnelle pour la préparation du bateau. Cela me donne un sentiment de sécurité et de sérénité pour la suite parce qu’avoir un petit matelas d’avance, c’est pas mal pour la suite des événements.
    J’avais déjà gagné une étape des Sables les Açores mais encore jamais sur la Mini Transat, donc je suis vraiment très content. »

    As-tu été surpris de ton avance sur tes concurrents à l’arrivée (environ 90 miles d’avance) ?

    « Je suis clairement surpris. Je l’ai appris à l’arrivée. Hier, j’avais 50 milles d’avance mais comme on faisait des batteries d’ampanages, je ne savais pas si mes concurrents étaient en route directe donc cela aurait très bien pu être reperdu dans la journée. Je me suis posé beaucoup de questions et j’ai fait beaucoup de schémas en essayant de les re-placer sur le papier. Je pensais que j’allais rester devant mais pas avec autant d’écart ! Le MAGNUM continue de me surprendre … »

    Coté route, tu as fait un sans fautes. Est-ce que tu as eu des moments de doutes ?

    « Oui, en fait, je me suis fait poussé dans l’est malgré moi, sur le bord après Lisbonne, sur tribord.
    J’ai du ré-ampané car j’arrivais sur des montagnes sous marines avec des fonds de 20 mètres. Du coup, j’ai évité cela : j’ai ampané pour faire toute une nuit en babord, qui m’a décalé pas mal dans l’est. Ce n’est pas là que je voulais aller au départ mais finalement cela m’a fait garder beaucoup plus de pression sur la route et cela valait le coup ! Je ne savais absolument pas où étaient les autres. Dès le cap Finisterre, je ne les entendais plus et je n’avais plus aucunes nouvelles de leurs placements. J’ai vraiment fait ma course tout seul, en recoupant toutes les infos météos et le travail de routage avant le départ ; le bateau a fait le reste. »

    Pour aller chercher une telle avance, il faut se faire mal ?

    « Non, le bateau est dur à vivre (ex. beaucoup de bruit, pas confortable) mais il n’est pas dur à vivre physiquement ; cela n’a pas été une étape très physique. Il n’y a pas eu tant que cela de manœuvres. Il a fallu garder le rythme de ne pas casser et de débrancher parfois le cerveau pour allumer dans de la mer ! C’est mentalement qu’il fallait rester fort tout le temps et être confiant dans son bateau et en soi. Je savais que j’avais bien préparé le bateau et que j’avais beaucoup de choses pour le réparer si jamais, donc à un moment donné, je me suis dit : « Ca passe ou ca casse, j’allume et je verrais après ! »

    Et le bateau, il va comment ?

    « Il est au top. Il faut que je fasse le tour du bateau, il y a surement 2/3 bricoles mais j’ai pas sorti la caisse à outils de l’étape. C’est plutôt pas mal. Je n’ai eu aucunes emmerdes électroniques, ni de voiles ni mêmes matérielles. »

    Avec une telle avance, on imagine que tu as hâte d’affronter le second round. Peux-tu nous expliquer comment sera la route et si tu penses qu’il sera aussi aisé de tenir la distance jusqu’à l’arrivée ?

    « Cela va dépendre des conditions. Les bateaux qui sont en face sont assez typés comme le mien. Du moment qu’on n’a pas trop du vent mou, je pense que je vais pouvoir tenir le rythme sans problèmes.
    Après, la route est très longue et il va y avoir des options différentes. Je pense que c’est bien d’avoir une 10aine d’heures d’avance mais c’est tout à fait prenable.
    Sur la dernière mini que Benoit Marie a gagné, je crois qu’il était passé avec 6 heures de retard sur Giancarlo Pedote aux canaries, et au final, il file devant. On a juste fait 1/3 du parcours…donc rien est joué. »

    En attendant, quel est ton programme avant de repartir (ndrl : départ de la seconde étape, le 31 octobre 2015)?

    « Du 08 au 22, je suis en France pour retourner travailler au chantier et être avec ma famille. Le reste du temps, je serai à Lanzarote pour ranger le bateau et profiter de l’escale. Je vais me reposer pour repartir à bloc. »

    Le nom de ton bateau, c’est FLEXIRUB – CHERCHE CO-SPONSOR, tu cherches encore un sponsor pour la seconde étape ?

    « Oui, c’est encore possible de devenir partenaire du projet sur la deuxième étape. Je vais avoir le temps de faire imprimer des autocollants pour le bateau, si on s’y prend suffisamment en avance. Je pense que c’est une bonne opportunité pour les entreprise qui voudraient partager ce projet, en dernières minutes… alors il ne faut pas hésiter 😉 »

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