Les skippers ont rendez-vous avec l’alizé

© Alexis Courcoux

Ils sont tous au rendez-vous. À quelques heures de l’ouverture du rideau, tous attendent l’arrivée de l’acteur principal de cette Transat AG2R LA MONDIALE, le vent. C’est en fin d’après-midi pour les premiers et en début de soirée pour d’autres que le dernier acte de ce grand opéra atlantique va débuter. Premiers rangs pour Cercle vert, Nacarat et Banque Populaire, tandis que Bretagne Crédit Mutuel Performance, Cornouaille Port de Pêche, Skipper Macif et Les Recycleurs Bretons poussent derrière pour tenter de s’emparer des meilleurs places. Les voix des skippers sont beaucoup plus enjoués qu’il y a quelques jours et vont tous se jeter à 100% dans cette dernière phase de course, la plus importante, mais rien n’est encore joué et seule la ligne d’arrivée à Gustavia aura le dernier mot.

Ils l’attendent tous depuis des jours et même depuis une ou deux semaines. Ce rendez-vous secret tarde à venir et s’apparentait plus à un canular qu’à une réalité. Ce rendez-vous, c’est cette rencontre entre les marins et l’alizé. Chaque fois repoussé, fuyant, méfiant, il a tardé à se montrer mais finalement tous ont convenu d’une date, ça sera ce soir. Une légère rotation au nord-est avec quelques nœuds de plus devrait faire le bonheur des 16 duos engagés dans la course. La foulée va s’allonger, les écoutes se tendre, les spis claquer, le vent va enfin rafraîchir les corps et les esprits, bref un soulagement pour toutes et tous.
À l’heure actuelle, les marins sont confrontés à un autre problème, celui des algues. Toute la flotte semble traverser un champ d’algues qui colle à la coque, aux safrans et qui demande une attention de tous les instants. Le moindre frein à la bonne marche du bateau et c’est un dixième de nœud qui s’en va, évaporé dans la salinité de l’eau. En début de course, nous nous souvenons de Jeanne Grégoire et Gérald Veniard qui avaient navigué plusieurs heures avec pas mal d’algues dans la quille. Une erreur de débutante, selon les dires de la skipper de Banque Populaire. Tous sont donc attentifs à ce piège.

Cette dernière partie de la course que vont entamer les 16 duos se prépare en coulisse. Si certains ont déjà entamé les réserves d’un point de vue nourriture et eau, pour d’autres le rationnement n’est pas de mise et pourrait bien faire la différence le moment voulu. Les 900 milles restants vont demander toute la concentration et la lucidité d’esprit pour analyser le plus finement possible les quelques bascules et petits coups météo à jouer. À bord de Skipper Macif, le ton est à l’action et Fabien Delahaye et Paul Meilhat attendent avec impatience cette nouvelle phase de course : « La transition va être délicate. Il est difficile de gagner des milles lors de ces phases, mais on peut perdre beaucoup. Ce n’est pas sur les grandes lignes droites que la différence va se faire c’est justement sur ces petites phases. Nous sommes assez contents de notre position car nous avons gagné pas mal sur les sudistes et nous n’avons rien perdu sur les nordistes », avouait Fabien Delahaye, skipper de Macif.

Le dernier classement de la soirée, à 19h, devrait apporter les premiers éléments de réponses de ce grand changement. En attendant le soleil continue de frapper et de marteler les corps des skippers qui ont bien du mal à trouver de la fraîcheur.

Le Trophée AG2R LA MONDIALE de la Performance est attribué en ce mercredi 9 mai à Sepalumic qui a couvert la distance de 182,5 milles.

Ils ont dit :

Charlie Dalin (Cercle Vert)

« On a des conditions plutôt sympas entre 10 et 15 nœuds et on fait route directe vers St Barth. Les dernières journées vont être décisives. Notre stratégie de se recaler devant la flotte a bien fonctionné. On est plutôt content de la situation actuelle quand on regarde notre position depuis 24h. On ne change pas de stratégie. En termes de nourriture et de rythme, c’est toujours pareil, on gère.
Beaucoup de bascule la nuit dernière, on est donc resté sur le qui-vive pour éviter les erreurs. On prévoit une ETA dimanche matin. »

Erwan Tabarly (Nacarat)

« On est plus ou moins satisfait. On aurait préféré être plus proche de Cercle Vert. Là on a plutôt bien avancé au cours de ces dernières heures, on verra bien. La dorsale nous a joué des tours. On a hâte que le vent rentre un peu. Là on est constamment en train de régler le bateau.
On a certes perdu tout espoir par rapport à Cercle Vert mais tout peut encore se jouer sur les derniers milles. On ne se relâche pas, on essaye de tirer les meilleurs bords. Avec Eric tout va bien, on ne manque de rien, on est prêt à attaquer les derniers jours. »

Anthony Marchand (Bretagne Crédit Mutuel Performance)

« Cà va. On est relativement content mais on a encore quelques doutes. On n’avance pas très vite depuis hier à cause des algues. Jeanne nous a distancés, elle est à 3-4 milles devant nous. On essaye de rassembler les affaires et de ranger un peu le bateau. On se prépare pour les 4 derniers jours de course. On envisage une ETA entre dimanche soir et lundi midi à Saint Barth. »

Jean-Charles Monnet (Cornouaille Port de pêche)

« On a une position relativement nord. Notre position est relativement stressante, on peut dire qu’on est en train de manger notre pain noir. A chaque classement on essaye de se recaler un peu dans le sud. »

Source

RivaCom

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 9 mai 2012

Matossé sous: Figaro 2, Monotypie, Transat AG2R

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