Les podiums proto et série de la deuxième étape sont connus !

© Christophe Breschi

Si la majorité des concurrents est encore en mer après deux semaines de course, la deuxième étape de la Mini-Transat La Boulangère a livré son verdict en ce qui concerne les podiums. En proto, François Jambou l’a emporté avec une belle avance sur l’un de ses grands rivaux, Axel Tréhin (2e), et sur le surprenant Allemand Morten Bogacki (3e). En série, c’est l’Italien Ambrogio Beccaria qui a dominé de bout en bout sur le parcours entre Las Palmas de Gran Canaria et Le Marin. Nicolas d’Estais et Benjamin Ferré ont complété le podium à l’issue d’une bagarre intense.

Proto : Jambou et Tréhin confirment, Bogacki s’affirme

Après 12 jours, 02 heures, 27 minutes et 07 secondes de course, François Jambou (865) l’a emporté en proto au Marin. A bord du bateau tenant du titre, François a réalisé une course pleine de maîtrise, pour sa deuxième participation à l’épreuve (il avait terminé 36e en série en 2015). Le marin de 35 ans a trouvé un très bon compromis entre attaque et préservation du matériel. « J’étais dans un mode où il ne fallait pas casser le bateau, j’avais les pieds sur le frein au début, peut-être que les autres ont voulu aller trop vite dès le départ et ont cassé », dit-il. « De mon côté, j’étais vraiment en mode vitesse moyenne, il y avait plein de moments où j’aurais pu tirer davantage sur le bateau mais dès que ça tapait, dès qu’il y avait un bruit je calmais un peu, tout en surveillant bien le classement. Je ne me sentais pas de faire le fou car ce n’est pas dans ma nature. »

Un peu moins de 13 heures après François Jambou, Axel Tréhin (945) s’est adjugé la 2e place au Marin. Vainqueur de la première étape entre La Rochelle et Las Palmas, Axel a concédé du terrain sur François, notamment à cause de la perte de son spi medium. « Nous avons quatre voiles d’avant et ce spi m’a clairement manqué même si j’ai fini par faire une réparation », explique-t-il. « Cela fait partie du jeu, tout le monde a son lot de mésaventures. Je ne suis pas le plus à plaindre car je suis là au Marin, à la 2e place. Je voulais faire mieux qu’en 2015 (4e place en proto), c’est chose faite. Je suis aussi super content pour François qui a très bien navigué. »

C’est l’une des belles surprises de cette deuxième étape. Après une 11e place frustrante sur la première étape, l’Allemand Morten Bogacki (934) s’est parfaitement repris sur la deuxième, terminant à une superbe 3e place, devant des cadors comme Erwan Le Méné (800) ou Tanguy Bouroullec (969). Morten a su exploiter au mieux le potentiel de son proto, à bord duquel un autre Allemand, Jorg Riechers, avait terminé à la 2e place de la Mini-Transat La Boulangère en 2017. Morten Bogacki : « Je suis surpris de terminer devant Erwan et Tanguy. La durée de ma préparation a été très courte et j’ai peu navigué cette année. Je suis donc très heureux du résultat. La première étape a été compliquée. Il a fallu se relever et aller de l’avant. J’ai résolu le problème de pilote automatique. J’ai eu d’autres petites casses sur la deuxième étape, principalement dues aux vents forts et aussi parce que j’ai peut-être poussé le bateau un peu trop fort par moments. »

Série : Beccaria domine les débats, d’Estais et Ferré au bout du combat

13 jours, 01 heure, 58 minutes et 48 secondes : c’est le temps qu’il a fallu à Ambrogio Beccaria pour boucler le parcours entre les Canaries et la Martinique, et s’adjuger une très belle victoire en série. « Je suis très ému. Je travaille pour ça depuis cinq ans. Ça y est, c’est fait ! Je ne réalise pas encore, c’est vraiment un rêve qui se réalise. J’ai été tout le temps en tête mais sur l’eau ça n’a pas été facile », souligne le marin italien. « J’ai mis du rythme, j’ai attaqué fort et le bateau a été incroyable dans la brise, c’est un avion ! La première semaine a été très intense. Je ne pensais pas qu’on pouvait pousser aussi loin ! Je me suis dit qu’on était vraiment un groupe de fous quand même, pour aimer se faire mal à ce point. En fait c’est un mix entre douleur et plaisir. » Ambrogio a tenu tête aux tous meilleurs protos et a d’ailleurs reçu de jolis hommages de la part de François Jambou et Axel Tréhin, les deux seuls concurrents à avoir réussi à finir devant lui au scratch. « Je pense qu’Ambrogio est le meilleur marin que je n’ai jamais vu ! », s’enthousiasme François Jambou. « Il est impressionnant. Se tirer la bourre avec des bateaux de série comme si c’était les meilleurs protos, cela a été un fait marquant de la course. J’ai complètement halluciné. »

A l’issue d’une lutte très intense, c’est finalement Nicolas d’Estais (905) qui s’est adjugé la 2e place au Marin, après avoir terminé 4e de la première étape. Cette place de dauphin a été très convoitée et Nicolas a dû se battre comme un acharné pour la conquérir. « Des places comme ça tu ne peux pas les avoir si tu ne donnes pas tout », confirme-t-il. « C’est avant tout une course de vitesse. Il faut faire très simple tactiquement. Le mental est aussi très important, tenir 15 jours sur un Mini 6.50 n’est vraiment pas évident. » La performance est d’autant plus remarquable que Nicolas d’Estais a concilié projet Mini et vie professionnelle bien remplie à Paris. « Il y a beaucoup de fierté, je suis très content de faire une si belle place en étant “amateur” et en ne s’entraînant que le week-end. Je suis vraiment sur un nuage. »

Benjamin Ferré (902) a complété le podium en Martinique pour sa première participation à la Mini-Transat La Boulangère, lui qui avait bouclé une traversée de l’Atlantique entre amis sans GPS au sextant et en autonomie énergétique en 2015. Après une 11e place dans la première étape, Benjamin va probablement faire une belle remontée au classement général. A son arrivée, il était l’homme le plus heureux du monde : « C’est incroyable… Franchement je n’ai pas de mots. Troisième, j’en ai forcément rêvé mais je n’aurais jamais pu y croire. J’ai vraiment tout donné. Je vous jure qu’à chaque moment, chaque fois que le réveil sonnait, qu’il fallait changer une voile, qu’il fallait prendre un ris, qu’il fallait barrer, j’y allais. J’avais tellement envie de ressentir ce que j’ai ressenti en passant la ligne que je ne lâchais rien. »

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Aurélie Bargat / Effets Mer

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