De l’émotion à la compétition

  • © Jean-Marie Liot/Alea
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Des sourires, des embrassades et des mains tendues, l’émotion des grands départs était palpable tôt ce matin dans le bassin Paul Vatine. Sous les applaudissements du public et des équipes techniques, les 59 équipages ont largué les amarres pour prendre le départ à 13h15 devant Le Havre. Sous un ciel nuancé de gris s’éclaircissant devant les étraves, sur une mer grise clapoteuse et par un vent léger forcissant sitôt la ligne de départ franchie, les 27 Class40, 3 Multi50 et 29 Imoca ont mis le cap vers Etretat pour doubler la marque obligatoire Région Normandie avant de glisser vers le Brésil. Au premier classement de 16h, Solidaires En Peloton ARSEP mène la danse des Multi50, PRB devance la meute des Imoca et chez les Class40, c’est Made in Midi qui confirme un bon choix tactique à la côte…

Par ce vent de nord-nord-est peu soutenu et surtout ce courant de face important (fort coefficient de marée de 101), ceux qui ont choisi de longer les falaises de craie ont eu le nez creux ! En approche d’Antifer, les petits coups tactiques ont fusé. Tous les équipages ont démarré un tricotage serré pour rejoindre la bouée Région Normandie face à Etretat, située pile dans l’axe du vent. Rapidement, les trois Mullti50 s’envolaient loin devant, mené par l’équipage Vauchel-Camus/Duthil sur leur bateau bleu. Derrière, du côté des Imoca, les foilers dernière génération semblaient à la peine, moins à l’aise dans ces conditions légères sur une mer formée, sauf Apivia qui a fait le choix dès le début de rester à la côte. Au classement de 16h, Kevin Escoffier et Nicolas Lunven (PRB) devancent la flotte des 29 bateaux suivis par Clarisse Kremer et Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et Nicolas Troussel et Jean Le Cam (Corum L’Epargne). En Class40, c’est très serré, voire collé-serré ! Kito de Pavant et Achille Nebout (Made in Midi) mettent quelques longueurs au duo Sam Goodchild/Fabien Delahaye (Leyton). Chappellier/Leboucher sur Aïna – Enfance & Avenir sont en embuscade, ils ont pris un départ canon !

Vers un « démanchage » rapide

Sitôt la marque de parcours Région Normandie doublée, les 59 duos sont partis sous spi (vent arrière) vers la pointe Bretagne. A 17h, la renverse leur permettait d’accélérer encore et ce n’est pas fini ! Car Météo France prévoit un vent forcissant progressivement pour devenir fort à la pointe de la Bretagne. Autant dire qu’il va falloir se mettre rapidement dans le rythme de la course, rajouter des sous-couches, enfiler les bottes, grignoter un morceau et tenter de se reposer. Car bientôt, il va falloir prendre la décision d’aller contourner la dépression par le nord ou piquer directement au sud passé Ouessant ! « Après Etretat, on se mettra en jambes, ça va forcir. Les premières options vont se dessiner rapidement à la sortie de la Manche. Ce qui est sûr, c’est qu’une fois le DST Casquets passé, les options vont sortir. Ce n’est pas très clair encore, la dépression est là, elle stagne. Il faudra lire sa trajectoire quand on arrivera sur zone. A mon avis il y aura des surprises. » expliquait tôt ce matin Nicolas Troussel. Dès demain matin donc, on en saura plus sur les choix stratégiques de chacun. Vers le sud et une route directe mais lente, ou vers l’ouest vers des conditions viriles ? Vivement demain matin !

Date : 27/10/19 – 16h00

  • Class40
    1 – Made in Midi
    2 – Leyton
    3 – Aïna Enfance & Avenir
  • Multi50
    1 – Solidaires En Peloton – ARSEP
    2 – PRIMONIAL
    3 – GROUPE GCA – MILLE ET UN SOURIRES
  • Imoca
    1 – PRB
    2 – Corum L’Epargne
    3 – Banque Populaire X

ILS ONT DIT

Thomas Cardrin, co-skipper Water Family (Imoca)

« Je n’ai pas super bien dormi ! On ne peut pas s’empêcher de se fait le film du départ ponton, de la zone de départ, il y aura du monde sur l’eau, il faudra faire attention, on se préparer à ça mentalement. Les premières 24 heures, on part au près face au vent en tirant des bords jusqu’à Etretat, ensuite on va envoyer les grandes voiles de portant à la bouée pour aller faire un empannage près des côtes anglaises et ensuite se diriger vers Ouessant. Le vent va forcir, on va probablement aller chercher une dépression au large. Mais cela peut encore bouger ! »

Christopher Pratt, co-skipper Charal (Imoca)

« On ne dort jamais bien les veilles de départ. C’est toujours des moments stressants, c’est normal de ne pas bien dormir, on a l’habitude de ça ! Le parcours côtier va être très physique car il y aura probablement plusieurs virements de bord jusqu’à Etretat, ensuite on aura une manœuvre d’envoi de voile de portant. Et puis ce sera une sortie de Manche pendant laquelle le vent va monter en intensité avec de nouveau un changement de voile. Ce sera un début de course tonique mais des conditions agréables, idéal pour un beau départ. »

Guillaume Le Brec, co-skipper V and B – Mayenne (Imoca)

« Ca y’est c’est parti, on a une météo quand même clémente pour le départ, avec du portant, demain on aura un choix à faire pour savoir par où on descend. Le marin est un grand indécis ! On sait où on va dans les prochaines 24 heures, pour la suite on étudie, il faudra prendre la décision demain matin. On va commencer les quarts selon ce que chacun ressent, il faut s’écouter l’un et l’autre. Si la météo se durcit, il faudra s’adapter et se reposer dès que possible. »

Nicolas Troussel, co-skipper Corum (Imoca)

« Les premières options vont se dessiner rapidement à la sortie de la Manche. Nous allons profiter des 4 heures entre la sortie et le départ pour travailler la météo. Ce qui est sûr, c’est qu’une fois le DST Casquets passé, les options vont sortir. Ce n’est pas très clair encore, la dépression est là, elle stagne. Il faudra lire sa trajectoire quand on arrivera sur zone. A mon avis il y aura des surprises. »

Adrien Hardy, co-skipper Crédit-Mutuel (Class40)

« Ce n’est pas rien de traverser l’atlantique, il y a un peu moins d’inconnu qu’avant mais il nous arrive toujours des choses imprévisibles et c’est ce mélange sport et aventure que j’aime dans la course au large. On va essayer de tirer les bons bords vers Etretat et se concentrer vers la stratégie de long terme car on a envie de naviguer devant. La météo est sport mais plus rapide qu’il y a quelques jours. On a près d’une semaine où ça va être dur physiquement. Il faut être bon là pour profiter ensuite des alizés plus cool. »

Thibaut Vauchel-Camus, skipper Solidaires En Peloton – ARSEP (Multi50)

« Une transat n’est jamais anodine, tout seul, en double en équipage, c’est l’aboutissement de plusieurs mois et années de travail. Ce sont des moments qui se concrétisent en émotions le jour du départ, qui rendent fébriles parfois mais valent le coup d’être vécus. La course au large reste un sport plein d’aléas, le niveau est élevé, on respecte l’engagement de l’adversaire et donc on ne part pas en se disant que cette course est forcément pour nous. On va tout faire pour gagner mais rien n’est fait au Havre. »

Source

Soazig Guého

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