Clara et Christian Dumard bientôt prêts à rejoindre le Grand Nord

  • © Clara Dumard
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Alors que leur Sun Fast 37 « Happy Trip » a été remis à l’eau lundi dernier, Clara Dumard et Christian, peaufinent désormais les derniers préparatifs de leur défi : établir le record du passage du Nord-Ouest sans assistance et uniquement à la voile. Comme prévu, si les conditions météorologiques se confirment, la jeune étudiante et son père, consultant météo et routeur sur les plus prestigieuses courses au large, largueront les amarres la semaine du 1er juillet. Ils quitteront alors la Trinité-sur-Mer pour rejoindre Nuuk, au Groënland, avec un stop possible en Irlande ou en Islande en cas de mauvais temps. Ce convoyage d’environ 2 500 milles sera, pour le duo, l’occasion de reprendre ses marques à bord du bateau et de commencer à instaurer certaines petites routines avant de se lancer à l’assaut du premier temps de référence entre le Groenland et le Détroit de Béring (Alaska) homologué par le WSSRC, au début du mois d’août.

« L’idée, pour partir, est d’attendre une bonne fenêtre météo. Pas question de prendre la mer si une vilaine dépression passe ou si un grand anticyclone barre la route. La bonne nouvelle, c’est que pour l’instant, tout semble bien se présenter pour envisager un départ, comme prévu, la semaine du 1er juillet », annonce Christian Dumard. « Mon père comme moi avons vraiment hâte. Ce premier tronçon pour rejoindre le Groënland va être parfait pour se remettre en jambes et reprendre nos petites habitudes ensemble, même si nous avons prévu d’y aller tranquillement, sans prendre aucun risque. Cela va aussi permettre de procéder aux derniers réglages et de tester les nouveaux équipements du bateau », explique Clara qui, pour mémoire, a ajouté une éolienne puis un panneau solaire à bord de son Sun Fast 37 baptisé « Happy Trip ». Une machine choisie avec soin, spécifiquement pour cette tentative de record. « Au départ, on avait évidemment de nombreux critères de recherche. On souhaitait notamment un bateau qui soit habitable, assez simple et surtout très manœuvrant », détaille la jeune étudiante.

Un bateau manœuvrant avant tout

« Le choix du Sun Fast 37 s’est imposé assez naturellement car il nous fallait un monocoque qui avance bien dans tous les types de conditions, y compris le petit temps. Nous l’avons toutefois un peu renforcé en y ajoutant notamment une pièce moulée en inox de trois millimètres sur l’étrave afin de prévenir les chocs. L’an dernier, lors de notre première tentative, nous avions navigué jusqu’à 2 ou 3 dixièmes de glace à la surface. C’est la limite que nous nous sommes fixés pour cet été. Bien sûr, un bateau en aluminium serait sans doute plus solide, mais il serait surtout plus lourd et moins manœuvrant, or comme Clara l’a expliqué, c’est un critère très important dans cette zone où l’on peut se faire rapidement piéger dans une baie ou un chenal par les glaces, et c’est un paramètre primordial dans la mesure où, avec le réchauffement climatique, les glaces dérivent plus, et plus vite », souligne Christian qui étudie la zone Arctique depuis maintenant une quinzaine d’années et qui y a routé à la fois des croisiéristes et des grands comme Guo Chuan lors de son passage du Nord-Est entre Mourmansk et le détroit de Béring en 2015. « Ces dernières années, j’ai effectivement routé beaucoup de bateaux en Arctique et j’avais évidemment très envie d’y aller à mon tour. Mon attrait pour ces régions m’est venu lorsque j’étais gamin. J’ai grandi sur un bateau avec mes parents en écoutant les récits de Willy de Roos (premier plaisancier à avoir franchi le passage du Nord-Ouest, ndlr) sur les fréquences radios amateurs. Cela me fascinait et lorsque Clara m’a proposé de partir avec elle, forcément, j’ai été ravi », relate Christian qui a donc pu passer de la théorie à la pratique pour la première fois l’été dernier, et qui a forcément tiré des enseignements de cette expérience.

Une veille obligatoire H24

« Le fait de devoir être de veille en permanence est quelque-chose qu’évidemment je n’ignorais pas, mais qui s’est avérée être une vraie contrainte. Impossible de descendre trois minutes pour se faire un café lorsque l’on navigue dans ces zones où la visibilité est souvent très réduite à cause du brouillard. Il faut impérativement être en veille 24h/24. En ce sens, il faut avoir une grande confiance en l’autre quand on est en double. Par ailleurs, le fait de naviguer à la voile là-bas m’a vraiment permis de découvrir de nouvelles sensations, le bruit des icebergs ou de la banquise émettant des sons différents. Dans ce contexte, il faut clairement être en permanence dans une configuration de voiles qui permet de s’arrêter rapidement. Il faut aussi être très patient car généralement, dans le Grand Nord, il y a assez peu de vent et c’est parfois un peu dur de ne parcourir que 15 milles dans une seule et même journée », note Christian, pressé, comme sa fille, de marcher dans les pas de l’explorateur norvégien Roald Amundsen. « L’enjeu, c’est ne pas avoir trop de glaces pour réussir à passer. Ce n’est pas quelque-chose de facile à anticiper, comme on a pu le voir l’an dernier. En météo, on a des prévisions à dix jours or pour les glaces, on en a seulement au jour le jour ou à un mois, ces dernières étaient généralement fausses. Il faut donc être très attentif aux conditions et aux courants pour suivre au mieux leur évolution. Le défi est donc grand autant que passionnant », termine Christian Dumard.

Le calendrier prévisionnel du Challenge :

  • Départ à partir du 1er juillet de la Trinité-sur-Mer
  • Départ de Nuuk le 3 août
  • Milieu de la traversée le 15 août
  • Arrivée le 5 septembre

Source

TB Press

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 28 juin 2019

Matossé sous: Aventure, Divers, Records

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