Course de vitesse sur la route des Açores

© David Branigan

Les 17 concurrents de la Bermudes 1000 Race Douarnenez-Brest se doutaient que cette épreuve de 2000 milles serait complète et complexe. Ils ne sont pas déçus ! Après une première partie de course tactique mais peu ventée pour monter au phare du Fastnet, la donne a radicalement changé depuis la nuit dernière. Les IMOCA filent à pleine vitesse (près de 20 nœuds pour les leaders) vers les Açores dans un flux de Sud-Est qui s’est renforcé de manière significative et va continuer de monter avant de mollir en milieu de nuit prochaine. La vie à bord est humide, penchée et il faut trouver le bon compromis pour enquiller les milles sans faire souffrir le matériel. Ce soir, c’est toujours Sébastien Simon qui est aux commandes de la flotte avec plus de 50 milles d’avance sur Boris Herrmann.

« On se sent comme dans un sous-marin. » Le Finlandais Ari Huusela résume bien la vie à bord des IMOCA filant pleine balle sur une mer qui se creuse et dans un vent de Sud-Est de 25 nœuds avec des rafales. Dans ces conditions, les bateaux tapent fort, les skippers sont confinés dans leurs cabines, les sorties sur le pont se réduisent au strict minimum. Les vidéos envoyées du bord sont humides et les sillages impressionnants.

« Se réhabituer à la vie penchée »

« Ambiance fraiche, penchée, et humide sur Groupe Sétin. Le vent est rentré comme prévu en milieu de nuit dernière et il a fallu manœuvrer, adapter nos voiles au vent nouveau et se réhabituer à la vie penchée », écrit Manuel Cousin. Pour la première fois depuis le départ de Douarnenez jeudi dernier, le matériel souffre. « J’ai pris un deuxième ris dans la grand-voile et c’est beaucoup plus confortable », raconte Boris Herrmann. La plus grande attention est de mise pour éviter les sorties de route. Heureux de faire défiler les milles mais fatigués, les coureurs tempèrent leurs ardeurs, à l’instar de Fabrice Amedeo : « J’ai opté pour une configuration de voilure prudente, ce qui n’empêche pas le bateau de voler. C’est incroyable. Je suis content parce que j’arrive à peu près à me reposer et surtout, j’essaie de ne pas perdre de vue l’objectif principal qui est d’aller au bout et de valider tout ce qui doit l’être. »

Des conditions propices aux foilers, du match pour tout le monde Dans cette course de vitesse en « ligne droite », il n’y a pas d’options franches à prendre. Même si l’angle par rapport au vent est relativement serré, les concurrents engagés sur des foilers peuvent s’appuyer sur leurs appendices et gagner quelques nœuds précieux. Sébastien Simon fait toujours un solide leader, avec plus de 50 milles d’avance sur Boris Herrmann qui était suivi, au pointage de 17h, de Sam Davies et Yannick Bestaven. Avec leurs IMOCA à dérives droites, Damien Seguin, Maxime Sorel et Stéphane Le Diraison s’accrochent remarquablement mais subissent les retours de Fabrice Amedeo et Giancarlo Pedote. Clément Giraud et Manuel Cousin tentent eux aussi de résister autant que faire se peut à l’envolée d’un autre foiler, celui d’Arnaud Boissières. Les cinq concurrents qui ferment la marche (Miranda Merron, Ari Huusela, Alexia Barrier, Pip Hare et Denis Van Weynbergh) se tenaient en une trentaine de milles à 17h.

Les leaders attendus mardi soir au waypoint Açores Le vent de Sud-Est qui propulse les marins va se renforcer en soirée avec des rafales à 35 nœuds et une mer agitée, avant de mollir dès le milieu de la nuit prochaine en s’orientant Sud/Sud-Est puis Sud (17-23 nœuds). En deuxième partie de nuit, le vent mollira encore pour atteindre 5 à 8 nœuds. Ce sera le retour des conditions tactiques !

Le Top 5 à 17h (heure française) dimanche 12 mai :

  1. Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) : à 1 305,5 milles de l’arrivée
  2. Boris Herrmann (Malizia – Yacht Club de Monaco) : à 52,2 milles du leader
  3.  Sam Davies (Initiatives Cœur) : à 63,5 milles du leader
  4. Yannick Bestaven (Maître CoQ) : à 75,8 milles du leader
  5.  Maxime Sorel (V and B – Sailing Together) : à 83,5 milles du leader

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