Epineuse dorsale

2016, ERIC BOMPARD, FIGARO, SOLITAIRE BOMPARD LE FIGARO, VOILE

© Alexis Courcoux

Ils ne seront bientôt plus qu’à 500 milles de l’arrivée à Horta. Soit un peu plus de deux jours de mer, même si tous savent que la course va changer de visage dans les derniers milles. Passée la porte de santa Maria, la flotte se rapprochera du groupe central des îles de l’archipel. Entre les reliefs des îles, les pièges des dévents et la position de Gaston, il va falloir faire les bons choix.

Les prochaines vingt-quatre heures pourraient être décisives avec le franchissement de la dorsale qui va faire basculer les solitaires d’un régime de nord-est à nord à des vents de sud-ouest. Et face à cette échéance, tous n’ont pas la même perception des choses : il y a ceux qui préfèrent temporiser : c’est le cas de tout le groupe emmené par le trio Nicolas Lunven (Generali), Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance), Anthony Marchand (Ovimpex – Secours Populaire), rejoint progressivement dans cette option par ceux qui ont tenté sans grand succès la route du nord. Pour ce groupe, le danger pourrait venir des trois hommes du sud, Gildas Morvan (Cercle Vert), Xavier Macaire (Chemins d’Océans) et Corentin Douguet (Sofinther – Un Maillot pour la Vie). Ces trois-là accusaient un léger retard au passage du way-point de Sao Vincente qu’ils ont déjà bien comblé… à suivre donc.

Trêve de bavardage

Pour l’heure, les solitaires du groupe de tête se montrent peu prolixe : comme au poker, on n’a pas trop envie d’abattre ses cartes trop tôt. Certains sont persuadés de posséder un full aux as, mais qui sait si le camp d’en face ne dispose pas d’un carré. Dans ces conditions, la discrétion est la meilleure des défenses psychologiques.

Derrière le premier peloton, tout le monde n’est pas forcément logé à la même enseigne. Si Martin Le Pape (Bellocq Paysages) a trouvé un deuxième souffle en attaquant toute la nuit dernière et en revenant à un souffle des leaders, d’autres peinent à forcer le rythme. Soit par fatigue, à l’instar d’un Pierre Quiroga (Skipper Espoir CEM) qui reconnaît avoir grillé quelques cartouches dans sa descente le long du Portugal, soit par calcul telle Sophie Faguet (Région Normandie) qui attend de voir la trajectoire de Gaston pour afficher des choix météorologiques tranchés, certains concurrents du deuxième groupe sont ainsi tentés de temporiser, d’autant que la chaleur commence à peser sur les organismes dans la journée. Dans ces conditions, les hommes d’expérience ont de nouveau un petit avantage : apprendre à gérer son sommeil, son alimentation, savoir aller vite dans la durée ne s’improvise pas.

Ils ont dit :

Martin Le Pape (Bellocq Paysages) :

“Je peux vous dire que j’ai mis du charbon cette nuit pour rattraper mes petits camarades. Sous spi bien serré, sur la tranche, le bateau ricochait sur l’eau, c’était sportif… une fois n’est pas coutume sur cette Douarnenez Horta Solo. J’avais ma frontale sur la tête, il faisait chaud par nuit noire. J’étais en permanence sur mes polaires de vitesse pour être à 100%. J’envoyais du charbon dans la locomotive, c’était drôle mais pas très reposant. Enfin petite satisfaction ce matin en constatant que j’étais dans les plus rapides de la flotte. Ah les options, pour changer… J’ai l’impression de revivre une Transat. Alors Nord ou Sud ? La dorsale va faire office de juge de paix. En terme de météo, c’est très agréable, il commence à faire chaud. Short T Shirt la nuit. Vous avez compris, on n’est pas les plus malheureux. On a quand même bien de la chance d’être là.”

Charlie DALIN (Skipper Macif 2015) :

“Tout va bien ce matin premier septembre, beau lever de soleil au largue sous spi sur une mer bien plus calme que ces derniers jours, petit clapot sur longue houle. Les nuits sans lune nous offrent des beaux ciels étoilés. Il fait très chaud ce midi! On ne doit pas être loin du zenith et ça tape.”

Théo Moussion (#Théoenfigaro) :

” Hier était une bonne journée, pas de casse et une bonne trajectoire m’ont amené à passer le point C (second point de passage obligé pour eviter gaston ). Cette nuit j’ai été cueilli à froid par je ne sais quoi, j’ai passé presque la nuit entière dans un vent entre 27 et 30 noeuds alors que les previsions donnaient 17 noeuds. Bref une nuit tres inconfortable, mais qui m’a permis d’avancer tout de même vers la porte 2. Cette porte est dans le sud de Santa Maria … Belle destination mais qui est encore a 444 miles ! Puis ce sera route directe vers Horta ! Hâte d’y être ! Autre nouveauté : aujourd’hui il a fait jusqu’à 30° dans le bateau quand je mettais en charge les batteries. Il faut s’hydrater qu’ils disent alors je le fais. Je grignote un peu dans mes réserves … le saucisson Henaff d’hier a été un pur délice. Aujourd’hui, c’était maquereaux à la moutarde, ça change des lyophilisés … Je teste le pain de mer de la boulangerie de Tréboul qui est fantastique avec les maquereaux… slurp !”

Classement à 17h (TU+2)

  1. Nicolas Lunven (Generali) à 511 milles de l’arrivée
  2. Sébastien Simon (Bretagne CMB Performance) à 1 mille
  3. Anthony Marchand (Ovimpex – Secours Populaire) à 2 milles
  4. Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) à 2 milles
  5. Xavier Macaire (Chemins d’Océans) à 10 milles

Source

Douarnenez Courses

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Informations diverses

Mis à l'eau le: 1 septembre 2016

Matossé sous: Douarnenez Horta Solo, Figaro 2, Monotypie

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