Parés à mettre les voiles

© François Van Malleghem

Sur les pontons de Tréboul, ce n’est pas vraiment l’effervescence. A 24 heures du départ, les coureurs sont quasiment tous prêts et focalisent toute leur attention sur les routages météo et les pièges qu’il faudra éviter dans la traversée du golfe de Gascogne puis le long des côtes du Portugal, compte tenu de la porte supplémentaire ajoutée par la direction de course.

40°N 12°W, c’est la position du point le plus occidental de la porte orientée est – ouest à près de 150 milles dans l’ouest du Portugal, à mi-route entre Porto et Lisbonne. Large de deux de milles, elle sera le point ultime de la décision de la direction de course de laisser la flotte filer librement vers Horta ou d’imposer un nouveau way-point si la dépression Gaston menaçait encore d’impacter la flotte.

Un briefing d’information impromptu

Avertis par un avenant officiel, les coureurs ont été conviés à un briefing d’information pour faire un dernier point sur la situation météorologique et ses conséquences en terme d’organisation et de dispositif de pointage à la porte du Portugal. Pour les coureurs, cela suppose de revoir les routages avec notamment, une difficulté majeure : la négociation d’un petit centre dépressionnaire dans l’ouest de la Bretagne. Faudra-t-il aller chercher les vents de nord-ouest à l’arrière de cette petite dépression ou sera-t-il plus rentable de faire route directe sur le cap Finisterre, au risque de se faire manger par les calmes dans le golfe de Gascogne ? Passée le franchissement de cette dépression, la situation devrait être plus claire jusqu’à la porte du Portugal. La flotte devrait néanmoins rencontrer des vents forts au portant qui devraient les accompagner du cap Finisterre jusqu’à la porte.

Entre sérénité et inquiétude diffuse

Au-delà de cette porte, c’est encore la bouteille à l’encre. La situation météorologique, pour les quelque 800 milles qui resteront à parcourir, reste très dépendante de la trajectoire de la tempête tropicale Gaston. Tous les scénarios sont encore possibles depuis la rencontre d’une zone de vents très forts sur l’archipel des Açores, jusqu’à un comblement rapide de la dépression. A priori, la flotte devrait atteindre la porte portugaise trois à quatre jours après le départ, ce qui donne une marge supplémentaire pour analyser la dangerosité éventuelle du phénomène. Au pire, un classement intermédiaire sera établi à cette porte, ce qui permettra de valider la première course aller, quelques soient les circonstances ultérieures.

Dans les têtes, des sentiments contradictoires se bousculent : d’un côté, les coureurs font confiance au processus de décision de la direction de course qui devrait permettre d’associer sport et sécurité. De l’autre, il est difficile d’empêcher une inquiétude diffuse de sourdre quant il s’agit d’aller se coltiner avec un phénomène brutal dont les trajectoires ne sont pas toujours d’une lisibilité limpide. Vieux routiers du large ou bizuths, au-delà d’une certaine limite, c’est toujours la mer qui corrige les devoirs.

Bouée spectacle

Avant de prendre le large, les concurrents auront à boucler un petit parcours côtier en baie de Douarnenez avec notamment la bouée spectacle « Valdys Resort » mouillée face à la plage des Sables Blancs. Ensuite, il ne leur restera qu’à doubler la tourelle de La Plate dans le raz de Sein avant le grand large. Enfin seuls…

Informations pratiques

  • Départ de la Douarnenez – Horta Solo à 14h (TU+2)
  • Les bateaux doivent être en configuration de course avec skipper à bord à partir de 11h30
  • Départ des bateaux du ponton de Tréboul à partir de 12h15

Ils ont dit

Nicolas Lunven (Generali) :

« D’installer cette porte, c’est une décision raisonnable. D’autant plus que ce détour ne devrait pas nous rallonger beaucoup la route en temps. Jusqu’ici les routages sont à peu près clairs jusqu’au large du Portugal. Ensuite, c’est vraiment trop tôt pour savoir ce qu’il sera judicieux de faire. C’est bien, le jeu reste ouvert. »

Pierre Quiroga ( Skipper CEM) :

« Pour nous qui sommes des bizuths du large, c’est toujours un peu stressant de voir une dépression comme celle-là sur notre route. Ça ne donne vraiment pas envie de s’y coltiner. Personnellement, mois il y aura de vent, mieux ce sera pour moi. Et puis descendre presque à la latitude de Lisbonne, pour un Méditerranéen comme moi, c’est bien. C’est la garantie d’avoir du soleil ! »

Source

Douarnenez Courses

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