Une journée décisive

  • 2016, ERIC BOMPARD, FIGARO, SOLITAIRE BOMPARD LE FIGARO, VOILE
    © Alexis Courcoux
  • 2016, ERIC BOMPARD, FIGARO, SOLITAIRE BOMPARD LE FIGARO, VOILE
    © Alexis Courcoux
  • 2016, ERIC BOMPARD, FIGARO, SOLITAIRE BOMPARD LE FIGARO, VOILE
    © Alexis Courcoux

Le vent mollit doucement sur le golfe de Gascogne, la dorsale (zone sans vent) est au menu du jour des 38 solitaires partis samedi dernier de Paimpol. La flotte de la 47e édition de La Solitaire Bompard Le Figaro, étalée sur plus de 65 milles, continue d’être menée par Thierry Chabagny (Gedimat) qui parvient tant bien que mal à contenir les assauts des cowboys Macif (Yoann Richomme et Charlie Dalin) et de Nicolas Lunven (Generali). Mais attention ! Un coup de frein est attendu dans la journée qui pourrait encore bousculer la hiérarchie. Et c’est bien ce qu’attendent les skippers derrière le trio de tête : se refaire la cerise dans la molle. Après, il sera trop tard pour revenir. Journée fatidique donc…

Le jour se lève sur le golfe de Gascogne au large de Belle-île-en-Mer et de l’île d’Yeu. Les 38 Figaro Bénéteau 2 glissent doucement sous spi, poussés par un vent d’ouest pour 8 nœuds. Le soleil est encore caché par un ciel plombé. Joints par iridium à 5 heures, Charlie Dalin (Skipper Macif 2015) et Erwan Tabarly (Armor Lux) semblent plutôt frais. Faute d’un quart de final de foot, il se sont offerts de nombreuses siestes cette nuit pour être d’attaque ce lundi et aborder le clou de cette étape : un arrêt buffet sur le plan d’eau car le vent va s’essouffler complètement durant quelques heures. « J’ai fait pas mal de siestes pendant toute la nuit, d’un quatre d’heure 20 minutes. Ca va être une journée très importante. Dans la pétole, on ne sait jamais trop ce qu’il va se passer. Celui qui sort en premier, on ne le revoit plus… », confiait Erwan tôt ce matin.

Des écarts conséquents et une option unique

Pas d’option donc, alors que plusieurs marins parlaient au départ d’une possibilité d’aller jouer près des côtes avec le thermique. Le vent souffle de l’ouest, donc pas le choix, c’est au large que la régate bat son plein. Théo Moussion (#theoenfigaro) ferme la marche d’une flotte qui a subi de gros écarts suite au courant fort de Ouessant jusqu’à la chaussée de Sein. Certains se sont retrouvés en marche arrière en attendant la renverse. 66 milles d’écart du premier au dernier, c’est beaucoup, surtout avant cette grosse pétole qui les attend. Les marins vont devoir être aujourd’hui observateurs et opportunistes pour tirer leur épingle du jeu. La moindre bouffée d’air peut faire s’échapper un concurrent vers BXA, devant la Gironde, que plus personne ne reverra avant les pertuis rochelais.

Ils ont dit en mer

Charlie Dalin (Skipper Macif 2015), deuxième au classement de 5 heures :

« Il y a 8 nœuds de vent, j’avance à 5-6 nœuds. On est toujours sous spi, c’est toujours nuageux. L’objectif c’est de traverser la dorsale dans la matinée. Yoann (Richomme) est à 0,6 mille de moi en tribord et un peu plus loin j’ai Thierry Chabagny. On est sous spi depuis Ouessant. Ca avance doucement. J’ai réussi à faire quelques siestes même si le vent était un peu instable. La première nuit j’ai réussi à voler quelques minutes de sommeil mais ce n’est pas facile. On a du vent d’Ouest, si tu veux aller à terre tu ne peux pas parce qu’il faut du nord est. On est obligé de continuer sur tribord. Aller à terre ce serait trop pénalisant. J’ai un peu de mal à m’éloigner de Yoann mais je compte sur la transition de la dorsale pour tenter au maximum de prendre la poudre d’escampette. J’ai eu un petit manque de réussite hier parce que je suis tombé dans un trou de vent, Thierry à continué et Yoann lui est revenu dessus. Aujourd’hui ça molli, on empanne et on fait roue en bâbord sous spi un peu loffé vers BXA avec le vent qui rentre graduellement. Ca c’est la théorie ! L’objectif c’est de bien négocier les rotations du vent. C’est un long bord ouvert, il y a un peu de jeu ».

Erwan Tabarly (Armor Lux), 5ème au classement de 5 heures :

« C’est le lever du soleil, la mer s’est un peu assagie. Les conditions sont plutôt agréables. On est sous spi, ça avance. Le menu du jour, c’est le passage de la dorsale. Là, c’est encore bien nuageux, je pense qu’on ne verra pas le soleil se lever. Normalement ça devrait se dégager mais le vent va mollir et on va avoir une zone de transition à gérer. Ca ne va pas être très simple. Ca fait déjà maintenant une journée et demie qu’on est parti. On a une météo par VHF et c’est difficile de savoir exactement où est la dorsale. La traversée, après, c’est une zone où il y a des petites bulles d’air qui arrivent sur le plan d’eau. Il faudra être opportuniste. Mais le premier qui va sortir dessous risque se s’échapper. Ca peut faire un peu l’accordéon. Ca veut dire qu’ils vont rentrer dedans en premier, ce qui donne la possibilité de revenir. Après les heures dans la pétole, on ne sait jamais trop ce qu’il va se passer. Celui qui sort en premier, on ne le revoit plus. Jusqu’à BXA il n’y aura plus de possibilité de revenir. Ca va être une journée très importante. J’ai vu qu’il y a un peu d’écart avec les bateaux sur le plan d’eau. Moi ça m’importe peu parce que mes concurrents directs sont juste devant moi et j’ai un peu de retard sur eux. J’ai fait pas mal de siestes pendant toute la nuit, d’un quatre d’heure 20 minutes. J’en ai enchainé une bonne dizaine. Je suis reposé, je n’ai plus qu’à enchaîner avec le petit déjeuner ! ».

Source

Rivacom

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