Spindrift, le talent compensé

Déjà vainqueur du raid côtier de Roscoff, samedi, Spindrift double la mise en baie de Morlaix en dominant le stade nautique, dimanche, malgré une collision avec Prince de Bretagne lors de la finale. Le Diam 24 noir et or a bénéficié d’une compensation logique qui lui permet de remporter la journée en stade nautique. Deuxième ce jour, Groupama reste leader du général, devant Spindrift et CombiWest.

Un grand chelem (quatre sur quatre !) lors des phases de qualification au nez et à la barbe de Groupama dans le groupe Jaune, un safran abîmé dans une collision au passage de la première bouée de la finale Or avec Prince de Bretagne, et une compensation accordée par le jury pour finir… Si Spindrift a été privé du plaisir de parachever sur l’eau cette journée quasi parfaite, le succès de François Morvan, Fred Moreau et Thierry Douillard ne souffre aucune contestation.

En ce dimanche de brise établie (12-15 nœuds avec quelques rafales à 20 nœuds sous les nuages), les noir et or ont survolé les débats. Même la prise de barre de Groupama par Franck Cammas, tout juste rentré des championnats du monde de Nacra 17, n’a pas contrarié la marche en avant du bateau franco-suisse, impérial autour de l’île de Batz samedi lors du raid côtier, et irrésistible leader de la phase de qualification (quatre victoires en autant de manches) devant le port de plaisance de Roscoff ce dimanche.

Les beaux jours de Morvan

A la barre depuis deux jours, sur le principe de l’alternance avec Xavier Revil, François Morvan vient de vivre deux journées en état de grâce. « On aurait préféré passer la ligne et profiter du retour au ponton, même si on savait qu’on obtiendrait réparation, parce que le cas n’était pas compliqué à juger, commentait le barreur du jour. Tout était réussite aujourd’hui : on prenait les bons départs, on allait au bon endroit… Il y a des jours où tout se passe bien… Ou presque ».
Avec la réparation accordée par le jury, Spindrift remporte donc le stade nautique de Roscoff devant Groupama, Le Souffle du Nord et lafrancedunordausud.fr, skippé par Aurélien Ducroz, bientôt aussi à l’aise sur l’eau que sur la neige.
Au classement général, Groupama compte 342 points, soit 16 de plus que Spindrift et 18 de mieux que CombiWest, 3e.

Inévitable duel

Le duel entre ces deux écuries de course de très haut niveau était attendu. Chacun de son côté, les vert et orange et les noir et or se démultiplient sur tous les plans d’eau. Quand Groupama annonce sa présence lors de la prochaine Coupe de l’America, brille sur le Tour de France à la Voile et soutient le tandem Franck Cammas – Sophie de Turckheim dans sa conquête d’un passeport olympique en Nacra 17 (le seul bateau mixte des JO), Spindrift prépare une conquête du Trophée Jules-Verne, brigue la victoire sur le Tour de France, et régate en D35. Mais les autres concurrents n’ont pas dit leur dernier mot, à l’instar de CombiWest qui, mis à part sa douzième place lors du raid de Dunkerque, en ouverture de ce 38e Tour de France à la Voile, émarge systématiquement dans le Top 5 quotidien. , Skippé par Frédéric Guilmin, CombiWest quitte le Stade nautique de Roscoff à la cinquième place, la troisième au classement général, et devant Grandeur Nature Vérandas (Frédéric Duthil) et les amateurs très éclairés de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan.

ILS ONT DIT

Franck Cammas (skipper de Groupama) :

« Il y a eu pas mal de péripéties, on a talonné à la sortie du port en se rendant sur la ligne de départ, on a dû changer la dérive et un safran… Du coup, on n’a pas été très concentré sur la régate parce qu’on préparait le bateau. Ensuite, on n’a jamais été franchement brillant, sauf peut-être sur la dernière régate, la finale Or, où on navigue très bien. On a progressé au fil de la journée, j’ai tenté de récupérer quelques réflexes, mais ce n’est pas encore ça, et ce n’est pas facile parce que tout le monde régate en Diam 24 depuis une semaine de régate dans ce format. C’est toujours compliqué d’arriver en cours de jeu. On n’a pas fait de grosses erreurs, sauf sur un départ, mais on a réussi à se rattraper. On se sent de toute façon à l’aise même si Spindrift a majoritairement dominé la journée, et qu’on était en deçà. Spindrift se retrouve deuxième au général, il vaut mieux surveiller le deuxième que le troisième, mais on garde une bonne marge. Il y a aussi CombiWest à surveiller, et Grandeur Nature Vérandas et Jean-Christophe Mourniac. Il va y avoir des hauts et des bas jusqu’à la fin. Il faut que nos bas soient le moins bas possible et qu’on fasse durer les hauts. Le Tour ? Quand on sent le souffle et la voix du public à notre retour au ponton, c’est vraiment sympa. Ça serait encore mieux si c’était de vrais stades, parce que les spectateurs vivraient le plus chaud, le plus spectaculaire, c’est-à-dire le passage aux bouées, mais c’est déjà très sympa de voir autant de monde sur le ponton. »

François Morvan (barreur de Spindrift) :

« Ça finit bizarrement, sur une casse matérielle, et on gagne sur décision du jury parce qu’on ne pouvait pas terminer la course. Sur la journée, tout nous réussissait, on prenait les bons départs, on allait au bon endroit… Il y a des jours où tout se passe bien. Jusqu’à ce qu’on se fasse rentrer dedans, c’était le cas… Oui, il y a une frustration, ça gâche le plaisir, mais on avait une grosse marge : il fallait qu’on finisse dans les 11 premiers de la finale Or pour remporter la journée. On aurait préféré passer la ligne et profiter du retour au ponton, même si on savait qu’on obtiendrait réparation, parce que le cas n’était pas compliqué à juger. A la bouée de reaching, Prince de Bretagne ne nous voit pas et nous percute le safran. On ne pouvait plus diriger le bateau. L’arrivée de Franck Cammas n’a pas apporté de pression supplémentaire : Pierre Pennec a tellement bien fait depuis le début du Tour que c’est difficile de faire mieux. On connaît si bien la rigueur de Franck qu’on n’est pas étonné de le voir terminer deuxième de cette journée. On fait un bon au classement, on est désormais deuxième. Je viens de vivre deux jours en état de grâce, mais ça serait bien d’en faire six ! On n’a pas été battu à Roscoff, c’est positif, mais un état de grâce ne dure pas. On doit s’appuyer sur des choses solides : la qualité des départs, les manoeuvres, la vitesse et je crois qu’on commence à trouver le mode de fonctionnement performant. »

Aurélien Ducroz (skipper de lafrancedunordausud.fr) :

« Je crois que c’est surtout la nuit de repos hier qui nous a inspirés : on a fait une vraie nuit et c’est la première depuis le départ. A Pornichet, déjà, nos résultats étaient meilleurs en stade nautique. Aujourd’hui, on a été plus incisif, on a pris plus de risques et ça a payé. Grâce à ça, on a été plus régulier dans les résultats. On manque encore un peu de vitesse et, même si ça se voit moins sur les stades nautiques, il va falloir essayer de travailler ça pour les raids côtiers. Il faut encore qu’on trouve toutes les commandes du bateau. Mon objectif, c’est d’apprendre et – si possible – de surprendre. Laurent Voiron et Olivier Backès (deux anciens champions du monde de Tornado, ndlr) m’apprennent la régate, que je ne connaissais pas, et je suis à bonne école : ce sont deux spécialistes du multicoque et de la régate. Il y a une super ambiance dans toute l’équipe. Aujourd’hui, quand ça va vite, il y a pas mal de points communs avec le ski, sur les trajectoires, les enroulés de bouées. Ça ressemble à une grande courbe en ski, et je ressens énormément de sensations avec ça ! »

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Agence Effets Mer

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